MOTIFS DE LA DECISION :
- Sur les désordres :
Dans son rapport l'expert constate :
- des infiltrations :
- en plafond du rez-de-chaussée : au droit de la coursive intérieure 1er étage ; du 1er étage angle opposé ; en sous-face de la partie extérieure de la salle de sports ; en plafond de la chambre et en partie basse ; en plafond du dégagement vers chambre ainsi que des coulures sur la façade.
Il conclut : « les infiltrations en plafond du rez-de-chaussée ont pour origine principale l'absence de relevé d'étanchéité entre l'intérieur et l'extérieur comme préconisé par les règles de l'art et le DTU » et concernant les coulures en façade : « les évacuations de l'eau en provenance de l'escalier extérieur coulent sur le mur de façade et le tache. La zone de l'escalier extérieur est recouverte d'une étanchéité liquide qui ne possède pas de relevé suffisant. L'étanchéité liquide entre la zone de l'escalier n'est pas effectuée dans les règles de l'art ».
- en plafond de l'étage : en plafond de la chambre ; de la salle d'eau. L'expert indique que les infiltrations en étage sont toutes situées en plafond, donc en provenance de la toiture terrasse. Sur place, il a procédé à des investigations par insufflation par fumigène sous l'étanchéité qui ont permis de relever un grand nombre de défauts d'étanchéité du toit terrasse. Il conclut que « la constitution de l'étanchéité des terrasses isolées n'est pas conforme aux recommandations des DTU en l'absence de pare vapeur sous isolant qui est pourtant décrit sur les plans ».
- des fissures : une importante en façade de la pièce salle de sports et au droit des différents ouvrages structurels : poutre/remplissage. Il conclut que ce phénomène doit être considéré comme des joints de rupture entre matériaux plutôt que comme des fissures.
Travaux réparatoires : p. 34 à 36 : 50 000 euros TTC (TVA 10%).
L'expert conclut que les infiltrations en rez-de-chaussée relèvent de la responsabilité de la conception et de l'exécution ; les infiltrations en plafond de l'étage d'une défaillance dans la surveillance des travaux et de l'exécution, l'expert soulignant que l'entreprise n'a pas réalisé les travaux selon les préconisations des plans et DTU alors qu'elle était pourtant sous la direction du maître d''uvre.
Les fissures relèvent de défauts de modalités d'exécution.
Les désordres s'agissant d'infiltrations portent atteinte à la solidité et l'habitabilité de l'ouvrage et sont donc de nature décennale.
La société CF-07022007 conteste sa responsabilité faisant valoir que les consorts [X] / [T] ont fait poser, par une tierce entreprise, un revêtement en carrelage sur toute la coursive du R+1 ; qu'ils ne s'étaient jamais plaints d'infiltrations d'eaux des coursives vers l'intérieur de la maison avant l'exécution de ces travaux ; qu'ils ont créé une salle de sport fermé par le biais de menuiseries extérieures vitrées ce qui a eu comme conséquence de condamner les deux trop pleins existants prévus pour l'évacuation des eaux des coursives.
Il convient de noter que dans son rapport l'expert n'a pas retenu la responsabilité des maîtres d'ouvrage quant à la survenance des infiltrations et notamment suite à la pose d'un revêtement en carrelage ou la création d'une salle de sport.
De même, si, comme le souligne la société CF-07022007 et la MAF, « l'architecte n'est présent sur le chantier qu'une fois par semaine et ne tient pas la truelle », il lui appartient, dans le cadre de sa mission de direction et surveillance du chantier, de s'assurer que l'entreprise qui exécute les travaux respecte les règles en vigueur mais également les plans fournis, ce qui n'a pas été le cas en l'espèce, l'expert ayant constaté, outre des erreurs de conception, une défaillance dans la mission du maître d''uvre en soulignant que M. [Y] non seulement n'a pas réalisé les travaux selon les plans fournis mais également les règles de l'art alors qu'il était sous la direction de la société CF-07022007.
Enfin, les reproches faits à l'expert qui n'aurait pas répondu à un dire de la société CF-07022007 et de la MAF qui s'interrogeaient sur la nécessité éventuelle de mettre en cause le bureau d'études Eco-Tech-Bat sont sans intérêt, la nullité du rapport n'étant pas sollicitée et alors qu'il appartient à chaque partie de décider de l'opportunité d'attraire une partie à l'expertise en saisissant la juridiction l'ayant ordonnée.
La responsabilité du maître d''uvre sera donc retenue.
La MAF qui indique opposer « un refus de garantie » à son assurée ne produit pas la police la liant à la société CF-07022007 et n'apporte aucun élément au soutien de sa demande dont elle sera dès lors déboutée.
M. [Y] fait valoir que les désordres résultent uniquement d'erreurs de conception, que les maîtres d'ouvrage n'ont pas fait réaliser d'étude de sol avant la construction, que le type de construction choisi « n'était pas destiné à ce terrain » et que le maître d''uvre a établi divers plans modificatifs durant les travaux. Il se livre également à une critique des conclusions de l'expert quant aux causes des désordres sans apporter aucun élément probant au soutien de son argumentation, se contentant de procéder par voie d'affirmation.
De plus, si l'expert pointe des erreurs de conception de la maîtrise d''uvre, il n'a pas retenu, quant aux causes des désordres, s'agissant d'infiltrations sur les deux niveaux de la construction et des fissures sur la façade, l'existence de mouvements de sols qui auraient pu être anticipés par une étude de sol. En effet, quant aux infiltrations affectant le plafond du rez-de-chaussée et de l'étage l'expert a pointé une défaillance de l'étanchéité appliquée que ce soit une absence de relevé d'étanchéité entre l'intérieur et l'extérieur ou l'absence de pare vapeur sous isolant, étant rappelé que M. [Y] était en charge de l'ensemble des corps d'état, y compris l'étanchéité et qu'il lui appartenait, en sa qualité de professionnel, d'une part, de respecter les préconisations du maître d''uvre et à tout le moins, en cas de différents, d'en aviser le maître d'ouvrage. Quant aux fissurations, l'expert a conclu à un phénomène « comme des joints de rupture entre matériaux ».
De même, en tant que professionnel, M. [E] se devait de refuser de procéder à des travaux non conformes aux règles de l'art, peu important qu'ils soient demandés par les maîtres d'ouvrage (réalisation d'un puits de lumière, « trous » portant atteinte au relevé d'étanchéité... sur ce point d'ailleurs aucun élément ne démontre qu'il les ait avisés des risques encourus), ou par le maître d''uvre, étant précisé que l'existence de plans modificatifs et leur éventuelle influence sur les désordres n'est pas établi. De plus, comme il l'a déjà été précisé, aucun élément ne démontre que la pose d'un carrelage par les maîtres d'ouvrage aurait, comme le déclare M. [E], « sans doute endommagé le revêtement ».
Enfin, ce dernier se livre à une critique des conclusions de l'expert quant aux causes des désordres sans apporter aucun élément probant au soutien de son argumentation, mais il se contente également de procéder par voie d'affirmations non étayées.
En conséquence, la société CF-07022007 et M. [E] n'apportent pas la preuve qui leur incombe, de l'existence d'une cause étrangère exonératoire de leur responsabilité.
La décision du premier juge sera confirmée, chacun des intervenants ayant contribué à la survenance de l'intégralité des dommages, ainsi que sur le partage de responsabilité retenu.
La société Axa France Iard oppose à M. [E], son assuré, une non garantie en faisant valoir que la police souscrite et applicable lors de la DROC exclut expressément les activités relevant de travaux ou ouvrages d'étanchéité intérieure et extérieure ainsi que les travaux connexes relatifs aux travaux d'étanchéité et de cuvelage.
M.