Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 1 juin 2026 — n° 26/03079
Synthèse de la décision
Question juridique
Le préfet peut-il prolonger la rétention administrative d'un étranger en l'absence d'éléments justifiant cette mesure ?
Principe retenu
Le préfet doit statuer sur la légalité de l'arrêté de placement en rétention administrative en se basant sur les éléments en sa possession à la date de sa décision. Une erreur manifeste d'appréciation peut entraîner l'annulation de la mesure de rétention.
Faits clés
- M. [H] [B] a été placé en rétention administrative le 26 mai 2026.
- Il a contesté cet arrêté par un recours le 28 mai 2026.
- Le préfet a saisi le juge pour prolonger la rétention le 29 mai 2026.
- Le juge a ordonné la mise en liberté de M. [B] le 30 mai 2026 pour erreur manifeste d'appréciation.
- Le préfet a interjeté appel de cette décision le même jour.
Articles cités
article L. 742-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Dispositif
ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance.
Fait à Paris le 01 juin 2026 à
LE GREFFIER,
LE PRÉSIDENT,
REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS:
Pour information:
L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition.
Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public.
Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification.
Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur.
Le préfet ou son représentant
Exposé du litige
EXPOSE DES FAITS ET DE LA PROCEDURE
M. [H] [B], né le 1er janvier 1992 à [Localité 1], de nationalité pakistanaise, a été placé en rétention administrative par arrêté du 26 mai 2026, sur le fondement d'un arrêté préfectoral d'obligation de quitter le territoire français du même jour.
L'intéressé a contesté cet arrêté aux termes de son recours du 28 mai 2026.
Le 29 mai 2026, le préfet a saisi le juge du tribunal judiciaire de Meaux aux fins de prolongation de la rétention administrative.
Par ordonnance du 30 mai 2026, le magistrat du siège chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de liberté de Paris a ordonné la mise en liberté de M. [B] au motif que l'arrêté de placement en rétention est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation pour avoir été pris sur des éléments erronés sur la présence en France de l'intéressé.
Le conseil du préfet a interjeté appel de cette décision le 30 mai 2026 en sollicitant l'infirmation de l'ordonnance et la prolongation de la rétention, au motif que l'arrêté a été pris au vu des éléments en sa possession justifiant de la mesure de rétention.
Motivations de la décision
MOTIVATION
Sur les éléments d'appréciation du placement en rétention
Il sera rappelé qu'au regard de la légalité de l'arrêté de placement en rétention, le préfet doit statuer au vu des éléments en sa possession à la date à laquelle il se prononce.
En l'espèce, les éléments d'audition recueillis notamment le 26 mai 2026 révèlent que l'intéressé a déclaré être venu en France depuis 2022, vouloir y travailler, n'a pas justifié d'une adresse précise et ne justifiait pas de documents de voyage en cours de validité.
Dès lors, contrairement aux déclarations différentes prises en compte par le premier juge, le préfet était fondé à prendre une mesure de rétention administrative à l'égard de l'intéressé.
L'ordonnance entreprise sera donc infirmée et la requête déclarée recevable.
PAR CES MOTIFS
INFIRMONS l'ordonnance du 14 janvier 2026 ;
Statuant à nouveau :
DECLARONS recevable la requête du préfet de police de [Localité 3] ;
ORDONNONS la prolongation de la rétention de M. [H] [B] au centre de rétention administrative de [Etablissement 1] ou de tout autre centre ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée de 26 jours ;
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