Justiweb – Assistant juridique IA Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, retentions, 2 juin 2026 — n° 26/04213

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

La décision de placement en rétention administrative est-elle régulière et proportionnée au regard des droits de l'appelant ?

Principe retenu

La régularité d'une décision de placement en rétention administrative doit être appréciée au regard de la motivation, de l'examen individuel de la situation de l'étranger et du respect de ses droits fondamentaux, notamment le droit à la vie privée et familiale.

Faits clés

  • M. [C] [V] a reçu une obligation de quitter le territoire français le 26 mars 2026.
  • Il a été placé en rétention administrative le 26 mai 2026 par le préfet.
  • M. [C] [V] a contesté la décision de placement en rétention par requête du 28 mai 2026.
  • Le juge a ordonné la prolongation de la rétention pour 26 jours le 30 mai 2026.
  • M. [C] [V] a interjeté appel le 1er juin 2026, invoquant l'insuffisance de motivation et une atteinte à sa vie privée.

Articles cités

article L.342-7 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile article L.342-12 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-11 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile article L.743-21 du code d'entrée et de séjour des étrangers et du droit d'asile

Dispositif

Déclarons recevable l'appel formé par [C] [V], Confirmons en toutes ses dispositions l'ordonnance déférée. Le greffier, Le conseiller délégué, Insaf NASRAOUI Pierre BARDOUX

Exposé du litige

FAITS ET PROCÉDURE Une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour pendant cinq ans a été notifiée à [C] [V] le 26 mars 2026 par le préfet de la [Localité 4]. Suite à une levée d'écrou et le 26 mai 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement d'[C] [V] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire afin de permettre l'exécution de cette mesure d'éloignement. Suivant requête du 28 mai 2026, enregistrée par le greffier le 29 mai 2026 à 9 heures 03, [C] [V] a contesté la décision de placement en rétention administrative prise par le préfet de la [Localité 4]. Suivant requête du 29 mai 2026, enregistrée par le greffier le même jour à 14 heures 59, le préfet de la Loire a saisi le juge du tribunal judiciaire de Lyon aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée de vingt-six jours. Dans son ordonnance du 30 mai 2026, le juge du tribunal judiciaire de Lyon a, prenant acte de l'abandon du moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte attaqué, ordonné la jonction des deux procédures, déclaré régulière la décision de placement en rétention et ordonné la prolongation de la rétention d'[C] [V] dans les locaux du centre de rétention administrative de [Etablissement 1] pour une durée de vingt-six jours. Le 1er juin 2026 à 11 heures 14, [C] [V] a interjeté appel de cette ordonnance dont il demande l'infirmation et sollicite sa mise en liberté. Il fait valoir que la décision de placement en rétention est irrégulière à raison de : - l'insuffisance de motivation et le défaut d'examen individuel et sérieux de sa situation, - l'erreur manifeste d'appréciation de ses garanties de représentation, et sur la proportionnalité de la mesure de placement en rétention administrative, - l'atteinte à sa vie privée et familiale. Par courriel adressé le 1er juin 2026 à 12 heures 02, les parties ont été informées que le magistrat délégué par le premier président envisageait de faire application des dispositions des articles L. 743-21, L. 743-23 et R. 743-15 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) et les a invitées à faire part, le 2 juin 2026 à 9 heures au plus tard, de leurs observations éventuelles sur l'absence de circonstance nouvelle de fait ou de droit depuis le placement en rétention administrative, ou sur l'absence d'éléments fournis à l'appui de la requête d'appel permettant de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. Vu les observations du conseil d'[C] [V] reçues au greffe par courriel du 1er juin 2026 à 18 heures 25 relevant que les éléments retenus dans l'arrêté attaqué ne caractérisent un risque de soustraction à la mesure d'éloignement, que la menace pour l'ordre public n'a pas été caractérisée et que la situation de handicap a été évincée. Vu les observations de l'avocat de la préfecture reçues par courriel le 2 juin 2026 à 7 heures 22 tendant à la confirmation de la décision entreprise.

Motivations de la décision

MOTIVATION L'appel d'[C] [V], relevé dans les formes et délais légaux prévus par les dispositions des articles L. 743-21, R. 743-10 et R. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) est déclaré recevable. Aux termes de l'alinéa 2 de l'article L. 743-23 du CESEDA, le premier président ou son délégué peut, lorsqu'il est saisi d'un appel contre une décision rendue par le juge du tribunal judiciaire dans les cas prévus aux articles L. 741-10 et L. 742-8, rejeter la déclaration d'appel sans avoir préalablement convoqué les parties s'il apparaît qu'aucune circonstance nouvelle de fait ou de droit n'est intervenue depuis le placement en rétention administrative ou son renouvellement, ou que les éléments fournis à l'appui de la demande ne permettent manifestement pas de justifier qu'il soit mis fin à la rétention. La requête d'appel d'[C] [V] est une réplique au mot près de la requête en contestation déposée devant le premier juge. Elle ne comprend aucune pièce nouvelle. L'appelant n'apporte aucune critique à l'ordonnance déférée et à la motivation retenue par le premier juge sauf à formuler son désaccord sur son analyse en relevant appel et en se bornant à réitérer sa requête initiale. En l'absence de moyen nouveau et d'une discussion de leur contenu, les motifs particulièrement clairs, circonstanciés, complets et pertinents développés par le premier juge sont adoptés purement et simplement. Au regard de ce que le premier juge n'a pas répondu expressément au moyen tiré d'une violation du droit à la vie personnelle et familiale, il doit être relevé que [C] [V] ne tente pas de justifier des attaches qu'il conserve avec sa famille adoptive et notamment qu'une de ses soeurs se soit engagée à l'héberger. Il n'en a d'ailleurs pas fait état lors de son audition du 14 février 2026. Aucun élément objectif ne permet ainsi de caractériser une quelconque atteinte à la vie privée et familiale susceptible d'être consécutive à son placement en rétention administrative. En outre, [C] [V] ne démontre pas une atteinte disproportionnée à ses droits consécutive à son maintien en rétention. En conséquence qu'il y a lieu de considérer que les éléments invoqués par [C] [V] ne permettent pas de justifier qu'il soit mis fin à sa rétention administrative tandis qu'il n'invoque ni ne justifie d'aucune circonstance nouvelle de droit ou de fait depuis son placement en rétention. Son appel doit dès lors être rejeté sans audience et l'ordonnance entreprise est confirmée. PAR CES MOTIFS
💡 Votre situation ressemble à cette décision ? Posez votre question à l'IA
Gratuit · sans engagement

Des milliers de justiciables utilisent déjà Justiweb pour clarifier leur situation.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question

Gratuit pour commencer · sans engagement

Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.