EXPOSE DU LITIGE
Suivant acte sous seing privé en date du 25 novembre 2006, M. [O] [U] et M. [K] [P] ont constitué une société civile immobilière dénommée SCI [Adresse 4] Bricoleurs qui a pour objet l'acquisition, la détention et la gestion d'un immeuble à usage commercial situé à [Adresse 5].
Cet immeuble a été exploité dans le cadre de baux commerciaux conclus initialement avec les deux associés, chacun exerçant une activité artisanale, de menuiserie pour M. [K] [P] et de carrelage pour M. [O] [U].
À la suite de taxes foncières impayées, le service des impôts des particuliers a saisi le tribunal judiciaire de Cusset.
Par jugement du 13 octobre 2025, le tribunal judiciaire de Cusset a notamment :
- prononcé l'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire à l'encontre de la SCI Les Bricoleurs,
- fixé la date de cessation des paiements au 25 avril 2025,
- désigné la SELARL MJ de l'Allier, prise en la personne de Maître [O] [G], en qualité de liquidateur judiciaire,
- ordonné les mesures usuelles de la liquidation judiciaire,
- dit que les dépens seront employés en frais de liquidation judiciaire et recouvrés éventuellement comme en matière d'aide juridictionnelle.
Pour statuer ainsi, la juridiction a considéré que la SCI les Bricoleurs ne réglait plus intégralement ses taxes foncières depuis 2023 malgré diverses relances, mises en demeure et saisies administratives à tiers détenteur, toutes demeurées infructueuses, et qu'elle n'avait aucune ressource.
Par déclaration électronique en date du 4 novembre 2025, la SCI Les Bricoleurs a interjeté appel de cette décision. Cette déclaration d'appel a été signifiée à la SELARL MJ de l'Allier le 1er décembre 2025 par acte de commissaire de justice remis à personne habilitée.
Suivant conclusions déposées le 11 décembre 2025, notifiées électroniquement et, s'agissant de la SELARL MJ de l'Allier, signifiées par acte de commissaire de justice remis le 12 décembre 2025 à personne morale, la SCI Les Bricoleurs, appelante, demande à la cour de recevoir son appel et d'infirmer le jugement déféré.
Elle sollicite, à titre principal, de voir dire et juger qu'elle ne se trouvait pas en état de cessation des paiements. Subsidiairement, et même si l'état de cessation des paiements était retenu, elle sollicite la conversion de la procédure de liquidation en redressement judiciaire. En tout état de cause, elle demande la condamnation du service des impôts des particuliers à lui payer la somme de 2.000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, outre les entiers dépens de première instance et d'appel.
Au soutien de ses prétentions, la SCI Les Bricoleurs fait valoir que les conditions d'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire ne sont pas réunies : elle rappelle que si l'un des baux commerciaux, conclus avec M. [K] [P], s'est effectivement terminé, un autre bail est en cours avec M. [O] [U] et qu'elle perçoit les loyers correspondants, lesquels constituent des ressources régulières et une activité stable. Elle ajoute tirer des ressources de baux de courte durée conclus avec des entreprises locales.
Elle précise qu'elle détient une créance de près de 27.500 euros correspondant au solde du compte courant d'associé débiteur de M. [K] [P] et que dès lors la juridiction ne saurait considérer qu'il n'y a pas d'actifs disponibles.
Elle rappelle que l'impayé auprès du service des impôts ne procède nullement d'une impossibilité financière de régler cette dette mais d'un litige opposant M. [O] [U] et les héritiers de M. [K] [P].
Subsidiairement, et à supposer que l'état de cessation des paiements soit retenu, elle estime qu'un redressement judiciaire est possible compte tenu des éléments rappelés.