Tribunal judiciaire, 1ère ch. - sect. 3, 15 juin 2026 — n° 25/01493
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conséquences de la responsabilité contractuelle en matière de construction en cas de réserves non levées et d'infiltrations ?
Principe retenu
La responsabilité contractuelle en matière de construction engage le constructeur à garantir la conformité des ouvrages et à réparer les préjudices causés par des défauts de construction. En cas de réserves non levées, le constructeur peut être tenu de réparer les dommages subis par le maître d'ouvrage.
Faits clés
- Construction d'un ensemble immobilier par la SCCV Claye Pasteur.
- M. [I] a acquis des lots en état futur d'achèvement.
- Réception des travaux le 14 février 2023 et livraison le 23 janvier 2023.
- M. [I] a signalé des réserves non levées et des infiltrations.
- Assignation en référé pour désignation d'un expert judiciaire.
Articles cités
article 780 du code de procédure civile
article 789 du code de procédure civile
article 378 du code de procédure civile
Exposé du litige
- N° RG 25/01493 - N° Portalis DB2Y-W-B7J-CD4TM
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE MEAUX
1ERE CHAMBRE
Minute n° 26/484
N° RG 25/01493 - N° Portalis DB2Y-W-B7J-CD4TM
Le
CCC : dossier
FE :
MeBAI
Me DOLLER
Me DE JORNA
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
ORDONNANCE DU QUINZE JUIN DEUX MIL VINGT SIX
Nous, Mme CAUQUIL, Vice-présidente au Tribunal Judiciaire de MEAUX, Magistrat chargé de la Mise en Etat assisté de Madame KILICASLAN, Greffier ;
Audience de plaidoirie du 18 Mai 2026 ;
Vu les articles 780 et suivants du code de procédure civile;
Vu le dossier de l'affaire enrôlée sous le N° RG 25/01493 - N° Portalis DB2Y-W-B7J-CD4TM ;
PARTIES EN CAUSE
DEMANDERESSE
Société SCCV CLAYE PASTEUR
[Adresse 1]
[Localité 1]
représentée par Me Guillaume BAI, avocat au barreau de PARIS, avocat plaidant
DEFENDERESSES
S.A.R.L. COREDIF
[Adresse 2]
[Localité 2]
représentée par Me Haciali DOLLER, avocat au barreau de SEINE-SAINT-DENIS, avocat plaidant
S.A.S. CABINET S2D
[Adresse 3]
[Localité 3]
représentée par Maître Stanislas DE JORNA de la SELAS FIDAL, avocats au barreau de MEAUX, avocats plaidant
Ordonnance :
contradictoire, mis à disposition du public par le greffe le jour du délibéré, Mme CAUQUIL, juge de la mise en état , ayant signé la minute avec Madame KILICASLAN, Greffier ;
****
La SCCV Claye Pasteur a entrepris la construction d’un ensemble immobilier situé [Adresse 4] à [Localité 4].
Cet ensemble immobilier a été mis en copropriété et les lots ont été vendus en état futur d’achèvement.
Selon contrat de vente en état futur d’achèvement en date du 22 décembre 2021, M. [R] [I] a fait l’acquisition des lots n°1 et 3, correspondant à un appartement de deux pièces (Lot n°1), un box fermé ainsi qu’un emplacement de stationnement extérieur (Lot n°3).
Les travaux ont été confiés à l’entreprise générale, la société Coredif, et la maîtrise d’œuvre d’exécution à la société Cabinet S2D.
La réception a eu lieu le 14 février 2023 et la livraison avec M. [I] a eu lieu le 23 janvier 2023. Cette livraison a fait l’objet de différentes réserves.
Faisant état de réserves non levées et d’infiltrations, M. [I] a assigné en référé SCCV Claye Pasteur suivant acte en date du 31 octobre 2023 devant le tribunal judiciaire de Meaux aux fins de désignation d’un expert judiciaire.
Par ordonnance du 6 décembre 2023, M. [J] [M] a été désigné en qualité d’expert.
Par ordonnance du 3 avril 2024, le juge des référés a fait droit à la demande de la SCCV Claye Pasteur de rendre commune les opérations d’expertise au Cabinet S2D et à la société Coredif.
Par acte de commissaire de justice en date du 25 mars 2024, M. [R] [I] a fait assigner à comparaître devant le tribunal judiciaire de Meaux la SCCV Claye Pasteur aux fins de :
- Dire et juger M. [I], recevable et bien fondé en ses demandes ;
- Dire et juger M. [R] [I] recevable et bien fondé en son action tendant à la réparation de ses préjudices matériels et immatériels, sur le fondement de la responsabilité civile quasi délictuelle d’une part et d’autre part en réparation des préjudices subis, sur le fondement des garanties légales de parfait achèvement, de la garantie de non fonctionnement biennale et de la garantie décennale, de même qu’au titre de la responsabilité contractuelle;
- Condamner la SCCV Claye Pasteur à payer à M. [I] la somme de 100 000 euros au titre des travaux de reprise et la somme de 50 000 euros au titre du préjudice généré par le retard pris dans l’exécution des travaux, à parfaire au vu du rapport d’expertise judiciaire à intervenir ;
- Dire et juger que ces sommes porteront intérêts au taux légal à compter de l’assignation ;
- Dire et juger que la présente assignation a pour effet d’interrompre tous les délais de prescription et de forclusion des actions dont M.[I] dispose à l’encontre de la SCCV Claye Pasteur;
- Sursoir à statuer dans l’attente du dépôt du rapport d’expertise judiciaire de M.
Motivations de la décision
SUR CE,
Sur la jonction
L’article 367, alinéa 1er, du code de procédure civile que “le juge peut, à la demande des parties ou d'office, ordonner la jonction de plusieurs instances pendantes devant lui s'il existe entre les litiges un lien tel qu'il soit de l'intérêt d'une bonne justice de les faire instruire ou juger ensemble.”
M. [I] a fait assigner la SCCV Claye Pasteur aux fins de réparation de ses préjudices matériels et immatériels, sur le fondement de la responsabilité civile quasi délictuelle d’une part et d’autre part en réparation des préjudices subis, sur le fondement des garanties légales de parfait achèvement, de la garantie de non fonctionnement biennale et de la garantie décennale, de même qu’au titre de la responsabilité contractuelle (N° RG 24/01422).
La SCCV Claye Pasteur a assigné en intervention forcée les sociétés Coredif et Cabinet S2D en garantie des condamnations qui pourraient être prononcées à son encontre (RG N°25/01493).
Il existe entre ces litiges un lien tel qu’il est de l’intérêt d’une bonne justice de les faire instruire et juger ensemble.
Il sera donc fait droit à la demande de jonction.
Sur la demande de sursis à statuer
Il ressort de l’article 789 1°du code de procédure civile que, lorsque la demande est présentée postérieurement à sa désignation, le juge de la mise en état est, jusqu'à son dessaisissement, seul compétent, à l'exclusion de toute autre formation du tribunal, pour statuer sur les exceptions de procédure, les demandes formées en application de l’article 47 et les incidents mettant fin à l’instance.
Selon l’article 378 du même code, la décision de sursis suspend le cours de l’instance pour le temps ou jusqu’à la survenance de l’événement qu’elle détermine.
En l’espèce, il est opportun d’ordonner un sursis à statuer dans l’attente des conclusions en rétablissement d’instance et en ouverture de rapport à signifier par M. [I]
Les dépens de l’incident seront réservés.
Dispositif
PAR CES MOTIFS
Le juge de la mise en état statuant par mise à disposition au greffe après débats en audience publique, par ordonnance contradictoire, susceptible d’appel dans les conditions de l’article 380 du code de procédure civile,
Ordonne la jonction de l’instance n° RG 25/01493 à celle enregistrée sous le n° RG 24/01422 et dit que les instances se poursuivront sous le n° RG 24/01422;
Ordonne le sursis à statuer dans l’attente des conclusions en rétablissement d’instance et en ouverture de rapport à signifier par M. [I];
Rappelle que la décision de sursis à statuer interrompt le délai de péremption jusqu’à la réalisation de l’événement susvisé;
Rappelle que le sursis à statuer ne dessaisit pas le juge;
Rappelle qu’à l'expiration du sursis, l'instance sera poursuivie à l'initiative des parties ou à la diligence du juge, sauf la faculté d'ordonner, s'il y a lieu, un nouveau sursis;
Réserve les dépens;
LE GREFFIER LE JUGE DE LA MISE EN ETAT
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la responsabilité contractuelle en matière de construction ?
La responsabilité contractuelle en matière de construction implique que le constructeur doit garantir la conformité des travaux réalisés et réparer les dommages causés par des défauts.
Que faire si des infiltrations apparaissent après la livraison d'un bien immobilier ?
Il est conseillé de signaler immédiatement les infiltrations au constructeur et de faire une demande d'expertise pour évaluer les dommages et les responsabilités.
Quels sont les délais pour agir en cas de réserves non levées ?
Les délais pour agir dépendent de la nature des réserves et des garanties légales, mais il est important d'agir rapidement pour préserver ses droits.
Comment se déroule une procédure d'expertise judiciaire ?
La procédure d'expertise judiciaire commence par la désignation d'un expert par le tribunal, qui examinera les travaux et établira un rapport sur les défauts constatés.
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