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Tribunal judiciaire, juge libertés détention, 16 juin 2026 — n° 26/02940

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions et les procédures pour la prolongation de la rétention administrative d'un étranger en France ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger doit être justifiée par des éléments concrets, notamment la nécessité de garantir l'exécution d'une obligation de quitter le territoire. La décision doit respecter les droits de la défense et les procédures prévues par le Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Faits clés

  • Monsieur [E] [W] est de nationalité algérienne et né le 22 mars 2004.
  • Il a été placé en rétention administrative suite à un arrêté préfectoral du 17 avril 2026.
  • Il a déjà passé 5 mois en rétention administrative avant la demande de prolongation.
  • Il est connu des services de police pour des affaires de stupéfiants.
  • Il s'est soustrait à deux entretiens avec le consulat algérien.

Articles cités

article L. 743-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 141-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

COUR D'APPEL DE NÎMES TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NÎMES MAGISTRAT DU SIEGE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES Requête: N° RG 26/02940 - N° Portalis DBX2-W-B7K-LS6G ORDONNANCE DU 16 Juin 2026 SUR LA DEMANDE DE TROISIEME PROLONGATION DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE Nous, Elodie DUMAS, vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES, assisté de Alexandra LOPEZ, cadre greffière, siégeant publiquement conformément à l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, Vu les articles L. 742-1 à L. 743-25 et les articles R. 743-1 à R. 743-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; Vu l'article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ; En vertu de l'article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, une visio-conférence a été organisée entre le tribunal judiciaire de Nîmes et le centre de rétention de Nîmes pour la tenue de l'audience. Les avis prévus par les articles R. 743-3 et R . 743-4 du CESEDA ayant été donnés par le greffier ; Vu la requête reçue au greffe le 15 Juin 2026 à 11H48 enregistrée sous le numéro N° RG 26/02940 - N° Portalis DBX2-W-B7K-LS6G présentée par Monsieur [A] DU [I] concernant : Monsieur [E] [W] né le 22 Mars 2004 à [Localité 1] de nationalité Algérienne ; Vu l'arrêté préfectoral ordonnant une obligation de quitter le territoire français en date du 17/04/2026 et notifié le 17/04/2026 ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 17/04/2026 notifiée le même jour à 16H55 ; Vu l'ordonnance du 21 avril 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES autorisant la prolongation de la mesure de rétention pour une durée de 26 jours et confirmée par ordonnance du Premier président de la Cour d’appel de NIMES le 23 avril 2026 ; Vu l'ordonnance du 17 mai 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES autorisant la prolongation de la mesure de rétention pour une durée de 30 jours et confirmée par ordonnance du Premier président de la Cour d’appel de NIMES le 19 mai 2026 ; Attendu que Monsieur le Préfet requérant, régulièrement avisé, est représenté par Monsieur [V] [L], fonctionnaire administratif assermenté ; Attendu que la personne concernée par la requête est assistée de Me Fahd MIHIH, avocat commis d'office, désigné par Madame le Bâtonnier du Barreau de NÎMES, qui a pris connaissance de la procédure et s'est entretenu librement avec son client ; Attendu qu'en application de l'article L. 141-2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile la personne étrangère présentée a déclaré au début de la procédure comprendre et savoir lire la langue arabe et a donc été entendue avec l'assistance d'un interprète en cette langue, Monsieur [R] [K] inscrit sur une des listes des experts de la Cour d'Appel d'Avignon DEROULEMENT DES DEBATS La personne étrangère déclare : j'ai vu le consul, je comprends pas pourquoi il n'y a pas de réponses sinon ils auraient déjà répondu. Me [M] [B] ne soulève aucune nullité de procédure ; Sur le fond, le représentant de la Préfecture demande la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [E] [W] : décision confirmée par le TA le 22/04/2026, il fait l'objet d'une interdiction temporaire en date du 30/09/2024 par le TC de [Localité 2]. Il déclare être entré en France en 2025, il est connu des services de police pour des stupéfiants. Il a été présenté aux autorités algériennes, nous attendons le retour. Il s'était soustrait à 2 entretiens avec le consulat. Sur le fond, Me [M] [B] plaide le non renouvellement de la rétention administrative de son client pour les motifs suivant : il a déjà passé 5 mois en rétention, car il a passé 2 mois pour le 17/04/2026 d'où la demande de 3e prolongation mais avant, il avait fait l'objet d'une rétention avec une assignation qui n'a pas été respectée et il est retourné au CRA. Donc il a été privé de liberté pendant 5 mois.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION - sur le fond Attendu que le dernier alinéa de l’article L. 742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, prévoit que le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de soixante jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. Qu'en l"espèce il ressort de la procédure que Monsieur [E] [W] ne disposait au moment de son interpellation d'aucun document d'identité ni d'aucun document de voyage et n'en a pas davantage communiqué depuis aux autorités administratives, de sorte qu'il est nécessaire d'obtenir un laisser-passer consulaire avant de pouvoir procéder à son éloignement effectif ; que l'administration justifie avoir accompli les diligences utiles et effectives en saisissant le consulat algérien d'une demande d'identification, l'étranger déclarant être ressortissant de ce pays et l'administration ayant pu vérifier sur VISABIO que l'intéressé était entré en Espagne avec un passeport valide et un visa aujourd'hui périmé depuis 2023 ; qu'une présentation consulaire s'est déroulée le 23 mai 2026 à l'issue de laquelle le consulat a indiqué transmettre la demande aux autorités centrales à [Localité 3] ; que l'administration est dans l'attente d'un retour des autorités consulaires ; qu'aucun retard ou défaut de diligence ne peut être reproché à l'administration qui ne dispose d'aucun pouvoir de coercition envers les autorités consulaires étrangères ; qu'en outre, une réponse des autorités consulaires dans le temps de la prolongation de la mesure de rétention reste envisageable ; qu'enfin, le comportement de Monsieur [E] [W] représente une menace pour l’ordre public en ce qu'il vient d'exécuter en détention une peine de 6 mois d'emprisonnement prononcée le 14 aout 2025 par le tribunal correctionnel de MARSEILLE pour des faits de trafic de stupéfiants; qu'ainsi, la prolongation de la mesure demeure justifiée et nécessaire aux fins qu’il puisse être procédé effectivement à son éloignement. qu’en conséquence, il sera fait droit à la requête préfectorale ; PAR CES MOTIFS DECLARONS la requête recevable ;

Dispositif

ORDONNONS pour une durée maximale de 30 jours commençant à l’expiration du délai de 30 jours précédemment accordé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire, le maintien dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire de Monsieur [E] [W] né le 22 Mars 2004 à [Localité 1] de nationalité Algérienne et DISONS que la mesure de rétention prendra fin à l’expiration d’un délai de 30 jours à compter du 16 juin 2026 ; RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu’un espace permettant aux avocats de s’entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention de [Localité 4] ; AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d'être frappée d'appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d'être prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant s'il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ; AVISONS cette personne que l'appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d'Appel de Nîmes (mail : [Courriel 1]) AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [Etablissement 1] demandeur et à Monsieur le Procureur de la République près ce Tribunal ; LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 6 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond. Fait à [Localité 4], en audience publique, le 16 Juin 2026 à LE GREFFIER LA PRESIDENTE Reçu notification le 16 Juin 2026 à [A] L’INTÉRESSÉ L’AVOCAT L’INTERPRÈTE Pris connaissance ce jour à heures ☐ de l’ordonnance de maintien en rétention de Monsieur [E] [W] ☐ de l’ordonnance ayant assigné à résidence Monsieur [E] [W] ☐ de l’ordonnance ayant mis fin à la rétention de Monsieur [E] [W] et déclare : ☐ Faire appel de la présente ordonnance assorti d’une demande d’effet suspensif devant Monsieur le Premier Président ☐ Ne pas faire appel de la présente ordonnance Le Procureur de la République ☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Monsieur [A] [S] le 16 Juin 2026 à par mail Le Greffier ☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée au Centre de Rétention Administrative de [Localité 4]; le 16 Juin 2026 à par mail Le Greffier ☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée par le Centre de Rétention Administrative de [Localité 4] au retenu, accompagnée du récépissé de notification ; le 16 Juin 2026 à par mail Le Greffier ☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Me [M] [B] ; le 16 Juin 2026 à par mail Le Greffier PROCÈS VERBAL DES OPÉRATIONS TECHNIQUES UTILISATION D’UN MOYEN DE TÉLÉCOMMUNICATION AU [Localité 5] D’UNE AUDIENCE TENUE EN MATIERE DE RETENION ADMINISTRATIVE (art L743-7 du CESEDA) Visio conférence tenue le 16 Juin 2026 entre le Tribunal Judiciaire de NIMES et le Centre de rétention de NIMES dans la procédure suivie contre : Monsieur [A] [S] contre Monsieur [E] [W] Procès verbal établi par Alexandra LOPEZ greffier La communication a été établie à Les tests de vérification du caractère correct de la liaison ont été effectués La communication a été interrompue à ☐ La liaison n’a pas été perturbée par un incident technique ☐ La liaison a été perturbée par l’incident technique suivant : Fait à [Localité 4], le 16 Juin 2026 RÉCÉPISSÉ A REMPLIR PAR L’INTERMÉDIAIRE DU CRA DE [Localité 4] Monsieur [E] [W] reconnaît avoi…

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure qui permet de maintenir un étranger sur le territoire français en attendant son expulsion ou son départ volontaire.
Quels sont les droits d'un étranger en rétention administrative ?
L'étranger en rétention a le droit d'être assisté par un avocat, d'être informé des raisons de sa rétention et de contester cette décision devant le tribunal.
Comment se déroule la procédure de prolongation de la rétention administrative ?
La procédure de prolongation nécessite une demande de la préfecture, suivie d'une audience devant le tribunal, où les arguments des deux parties sont examinés.
Quels recours sont possibles contre une décision de prolongation de rétention ?
L'étranger peut faire appel de la décision de prolongation devant le Premier Président de la Cour d'Appel dans un délai de 24 heures.

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