Tribunal judiciaire, 1ère chambre, 15 juin 2026 — n° 24/01039
Synthèse de la décision
Question juridique
La vente d'un bien immobilier est-elle parfaite en l'absence d'un titre d'acquisition authentique publié avant la vente ?
Principe retenu
La vente d'un bien immobilier n'est parfaite que si elle est constatée par un acte authentique et publiée. L'absence d'un titre d'acquisition authentique et publié avant la vente empêche de revendiquer une antériorité de situation.
Faits clés
- Monsieur [B] [S] et Madame [R] [S] deviennent propriétaires indivis d'une maison après le décès de leur père.
- Monsieur [X] [O] entre en pourparlers pour acheter la maison.
- Une promesse de vente est signée avec d'autres acquéreurs pour un prix supérieur.
- Monsieur [X] [O] assigne les propriétaires pour déclarer la vente parfaite.
- Monsieur [X] [O] n'a pas de titre d'acquisition authentique publié avant la vente.
Articles cités
article 1198 du code civil
Exposé du litige
N° RG 24/01039 - N° Portalis DBZ7-W-B7I-FQET minute n° 26/283
du 15/06/2026
Grosse et expédition le :
aux avocats
JUGEMENT DU 15 Juin 2026
Par mise à disposition au Greffe du TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BAYONNE - 1ère chambre, a été rendu le jugement dont la teneur suit :
Composition :
[...], Vice-Président, désigné en qualité de Juge unique par décision prise en présence des avocats des parties
Assisté de [...], Greffière principale, présente à l’appel des causes, aux débats et au prononcé par mise à disposition au greffe
ENTRE :
Monsieur [X] [U] [Q] [N] [O], demeurant [Adresse 1]
représenté par la SCP ABC AVOCAT, avocats au barreau de BAYONNE, avocats plaidant, vestiaire : 47
Demandeur(s)
D’UNE PART,
ET :
Monsieur [B] [G] [Y] [S], demeurant [Adresse 2]
représenté par la SARL SL AVOCAT-CONSEIL, avocats au barreau de BAYONNE, avocats postulant, vestiaire : 88, la SELARL JOFFE & ASSOCIÉS, avocats au barreau de PARIS, avocats plaidant, vestiaire :
Madame [R] [P] [S], demeurant [Adresse 3]
représentée par la SARL SL AVOCAT-CONSEIL, avocats au barreau de BAYONNE, avocats postulant, vestiaire : 88, la SELARL JOFFE & ASSOCIÉS, avocats au barreau de PARIS, avocats plaidant, vestiaire :
Monsieur [M] [C] [Z], demeurant [Adresse 4]
représenté par la SARL SL AVOCAT-CONSEIL, avocats au barreau de BAYONNE, avocats postulant, vestiaire : 88, la SELARL JOFFE & ASSOCIÉS, avocats au barreau de PARIS, avocats plaidant,
Madame [J] [H] [D] [Z], demeurant [Adresse 5]
représentée par la SARL SL AVOCAT-CONSEIL, avocats au barreau de BAYONNE, avocats postulant, vestiaire : 88, la SELARL JOFFE & ASSOCIÉS, avocats au barreau de PARIS, avocats plaidant,
Madame [W] [I] [K] [V] [T] épouse [Z], demeurant [Adresse 4]
représentée par la SARL SL AVOCAT-CONSEIL, avocats au barreau de BAYONNE, avocats postulant, vestiaire : 88, la SELARL JOFFE & ASSOCIÉS, avocats au barreau de PARIS, avocats plaidant,
Madame [L] [E] [F] [Z], demeurant [Adresse 6]
représentée par la SARL SL AVOCAT-CONSEIL, avocats au barreau de BAYONNE, avocats postulant, vestiaire : 88, la SELARL JOFFE & ASSOCIÉS, avocats au barreau de PARIS, avocats plaidant,
Madame [A] [GP] [TG] [Z], demeurant [Adresse 7]
représentée par la SARL SL AVOCAT-CONSEIL, avocats au barreau de BAYONNE, avocats postulant, vestiaire : 88, la SELARL JOFFE & ASSOCIÉS, avocats au barreau de PARIS, avocats plaidant,
Défendeur(s)
D’AUTRE PART,
A l’audience du 30 Mars 2026, LE TRIBUNAL :
Après avoir entendu la SCP ABC AVOCAT, la SELARL JOFFE & ASSOCIÉS, la SARL SL AVOCAT-CONSEIL, avocats, en leurs conclusions et plaidoiries, a mis l’affaire en délibéré au 15 Juin 2026.
LE TRIBUNAL a statué en ces termes :
Au décès de leur père le 22 avril 2024, Monsieur [B] [S] et Madame [R] [S] sont devenus propriétaires indivis d’une maison à [Localité 1].
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DECISION:
Par application de l’article 1589 du Code civil, la promesse de vente vaut vente, lorsqu’il y a consentement réciproque des deux parties sur la chose et sur le prix.
Si cette promesse s’applique à des terrains déjà lotis ou à lotir, son acceptation et la convention qui en résultera s’établiront par le payement d’un acompte sur le prix, quel que soit le nom donné à cet acompte, et par la prise de possession du terrain.
La date de la convention, même régularisée ultérieurement, sera celle du versement du premier acompte.
En l’espèce, Monsieur [X] [O] ne peut se prévaloir de l’existence d’une promesse synallagmatique de vente valant vente, dans le cadre des pourparlers engagés avec Monsieur [B] [S] et Madame [R] [S] par un sms de Madame [S] du 26 avril 2024, l’informant du décès de son père et lui proposant une visite de la maison avant de contacter des agences pour une estimation et la diffusion d’annonces, et clos le 2 mai, après divers échanges par sms, par un sms de Monsieur [S] lui indiquant “la maison est vendue. Nous avons reçu une proposition au dessus du prix demandé”.
En effet, si dans un sms du 1er mai à 19h46 à Madame [S], Monsieur [X] [O] a indiqué (avant même une visite, prévue le lendemain, de la maison, dans laquelle il n’avait jamais pénétré), accepter l’offre faite par Monsieur [S] le matin même par un sms envoyé à 9h42, au prix de 1890000 euros sans frais d’agence, aucun élément ne permet d’affirmer d’une part que Monsieur [S] s’exprimait au nom de sa soeur, qui, dans un sms du 29 avril, déclarait à Monsieur [X] [O] attendre les estimations des agences immobilières, et d’autre part que celle-ci était prête à contracter au prix proposé par son frère à Monsieur [X] [O].
Ainsi, l’acceptation par Monsieur [X] [O] ne peut être considérée comme une réponse à une offre sur la chose et sur le prix faite par l’ensemble des indivisaires.
Et en tout état de cause il résulte des dispositions de l’article 1198 du code civil que Monsieur [O], à supposer démontrée la mauvaise foi de Monsieur et Madame [M] [Z], Mademoiselle [L] [Z], Mademoiselle [A] [Z] et Mademoiselle [J] [Z], n’aurait aucune qualité à se prévaloir d’une antériorité de sa situation par rapport à la leur pour solliciter l’annulation de l’acte de vente conclu à leur profit, puisqu’il n’est pas muni d’un titre d’acquisition reçu en la forme authentique et publié avant la publication du titre constatant la vente aux consorts [Z] de l’immeuble litigieux.
Monsieur [X] [O] sera débouté de ses demandes.
Sur la demande reconventionnelle:
Monsieur [X] [O] a pu estimer en toute bonne foi que les propriétaires exprimaient un accord commun sur les modalités de la vente, et que celle-ci est devenue parfaite dès le 1er mai 2024 en fin de journée, avant d’apprendre son éviction.
Aucune faute ne peut lui être reprochée.
Monsieur [B] [S], Madame [R] [S], Monsieur et Madame [M] [Z], Mademoiselle [L] [Z], Mademoiselle [A] [Z] et Mademoiselle [J] [Z] seront déboutés de leur demande de dommages et intérêts à son égard.
Dispositif
PAR CES MOTIFS,
Statuant par mise à disposition au greffe, contradictoirement, en premier ressort:
Déboute Monsieur [X] [O] de ses demandes,
Déboute Monsieur [B] [S], Madame [R] [S], Monsieur et Madame [M] [Z], Mademoiselle [L] [Z], Mademoiselle [A] [Z] et Mademoiselle [J] [Z] de leur demande reconventionnelle,
Condamne Monsieur [X] [O] à payer à Monsieur [B] [S], Madame [R] [S], Monsieur et Madame [M] [Z], Mademoiselle [L] [Z], Mademoiselle [A] [Z] et Mademoiselle [J] [Z] chacun la somme de 1000 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile, ainsi qu’aux dépens.
Le présent jugement a été signé par [...], Vice-Président, et par [...], Greffière principale.
La Greffière, Le Juge,
[...] [...]
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une vente immobilière ?
Une vente immobilière est un contrat par lequel un vendeur cède un bien immobilier à un acheteur en échange d'un prix.
Quels documents sont nécessaires pour une vente immobilière ?
Il est nécessaire d'avoir un acte authentique de vente, un titre de propriété et de respecter les formalités de publicité foncière.
Que faire si je suis évincé d'une vente immobilière ?
Vous pouvez contester la vente en prouvant que vous aviez un droit antérieur, mais cela nécessite un titre d'acquisition valide.
Quels sont les droits des indivisaires lors d'une vente ?
Les indivisaires doivent donner leur accord commun pour vendre un bien en indivision, sinon la vente peut être contestée.
Comment se déroule la procédure en cas de litige sur une vente immobilière ?
La procédure commence par une assignation en justice, suivie d'audiences où les parties présentent leurs arguments avant qu'un jugement soit rendu.
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