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Tribunal judiciaire, j.l.d. ceseda, 16 juin 2026 — n° 26/05833

Maintien de la mesure de placement en zone d'attente

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de prolongation du maintien d'un étranger en zone d'attente ?

Principe retenu

Le maintien en zone d'attente d'un étranger peut être prolongé si les conditions légales sont respectées, notamment en ce qui concerne la notification des droits et le respect des délais de notification au procureur.

Faits clés

  • Monsieur [Q] [A] [F] a été maintenu en zone d'attente pour une durée initiale de 96 heures.
  • Il a demandé l'asile le 12 juin 2026 après avoir été refusé d'entrée sur le territoire français.
  • L'autorité administrative a sollicité une prolongation du maintien pour une durée de huit jours.
  • Le conseil de l'intéressé a soulevé des irrégularités concernant la notification des droits.
  • La notification au procureur de la République a été jugée conforme malgré des allégations de tardivité.

Articles cités

article L342-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L341-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article 10 du règlement 2024/1356

Exposé du litige

COUR D’APPEL DE [Localité 1] ANNEXE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY [B] CESEDA AFFAIRE N° RG 26/05833 - N° Portalis DB3S-W-B7K-5IAV MINUTE N° RG 26/05833 - N° Portalis DB3S-W-B7K-5IAV ORDONNANCE sur demande de prolongation du maintien en zone d'attente (ART L342-1 du CESEDA) Le 16 Juin 2026, Nous, Catherine D'HERIN, magistrat du siège du tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté(e) de Christelle PICHON, Greffière Vu les dispositions des articles L.342-1 à L.342-11 et R.342-1 à R.342-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Vu les dispositions des articles L. 350-1, L.352-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, PARTIES : REQUERANT : Le directeur de la Police aux Frontières de l'aéroport [Etablissement 1] représenté par la SELARL ACTIS AVOCATS, avocats au barreau de VAL-DE-MARNE, avocats plaidant, vestiaire : PC001 PERSONNE MAINTENUE EN ZONE D'ATTENTE : Monsieur [Q] [A] [F] né le 16 Octobre 1983 à [Localité 2] assisté(e) de Me Révolté ITSOUHOU MBADINGA ,, avocat au barreau de SEINE-SAINT-DENIS, avocat plaidant, avocat commis d’office en présence de l’interprète : M [W], en langue portugaise qui a prêté serment à l’audience Monsieur le procureur de la République, préalablement avisé, n'est pas présent à l'audience. DEROULEMENT DES DEBATS A l'audience publique, le président a procédé au rappel de l'identité des parties. Suivant les conclusions de nullité qu'il a déposées avant tout débat au fond, Me Révolté ITSOUHOU MBADINGA , avocat plaidant, avocat de Monsieur [Q] [A] [F], a été entendu en sa plaidoirie ; En réplique, la SELARL ACTIS AVOCATS, avocats plaidant représentant l'autorité administrative a été entendu en ses observations; L'incident a été joint au fond ; Monsieur [Q] [A] [F] a été entendu en ses explications ; la SELARL ACTIS AVOCATS, avocats plaidant représentant l'autorité administrative a été entendu en sa plaidoirie ; Me Révolté ITSOUHOU MBADINGA ,, avocat plaidant, avocat de Monsieur [Q] [A] [F], a été entendu en sa plaidoirie ; AFFAIRE N° RG 26/05833 - N° Portalis DB3S-W-B7K-5IAV Le défendeur a eu la parole en dernier,

Motivations de la décision

MOTIVATIONS Monsieur [Q] [A] [F] non autorisé(e) à entrer sur le territoire français le 12/06/26 à 12:15 heures, demandeur d'asile le 12/06/2026 à 21:20 heures,a suivant décision du Chef de Service de contrôle aux frontières ou d'un fonctionnaire désigné par lui, en date du 12/06/26 à 12:15 heures, été maintenu(e) dans la zone d'attente de l'aéroport de [Etablissement 2] pour une durée de 96 heures ; A l'issue de cette période la personne maintenue en zone d'attente n'a pas été admise et n'a pas pu être rapatriée ; Par saisine du 16 Juin 2026 l'autorité administrative sollicite la prolongation du maintien de Monsieur [Q] [A] [F] en zone d'attente pour une durée de huit jours ; Sur les irrégularité soulevées Le conseil de l'intéressé soulève le défaut de notification des droits en langue espagnole seule comprise par l'intéressé, d'une notice l'informant des droits afférents à la procédure de filtrage. Or l'article 10 du règlement 2024/1356, entré en vigueur le 12 juin 2026, dispose que ces informations sont fournies par écrit et oralement si nécessaire, en recourant à des services d'interprétariat. En l'espèce, il est indiqué sur la notice d'information sur le filtrage à la frontière : "pris connaissance en langue espagnole par le truchement d'un interprète en langue portugaise." Il n'est allégué ni démontré que l'intéressé n'a pas compris ou été en mesure d'exercer ses droits. L'irrégularité soulevée sera rejetée. Il est soulevé également le caractère tardif de la notification au procureur de la République du placement en zone d'attente. Or, l'article L. 341-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " Le placement en zone d'attente est prononcé pour une durée qui ne peut excéder quatre-vingt-seize heures par une décision écrite et motivée d’un agent relevant d'une catégorie fixée par voie réglementaire. Cette décision est inscrite sur un registre mentionnant l’état civil de l'intéressé et la date et l'heure auxquelles la décision de placement lui a été notifiée. Elle est portée sans délai à la connaissance du procureur de la République. ” L'article L. 741-8 du même code dispose que " Le procureur de la République est informé immédiatement de tout placement en rétention. " et s'il ne résulte pas des pièces du dossier que le procureur de la République a été informe immédiatement du placement en rétention, la procédure se trouve entachée d'une nullité d'ordre public, sans que l'étranger qui l'invoque ait à démontrer l'existence d'une atteinte portée à ses droits. En l'espèce, l'intéressé a été placé en zone d'attente le 12 juin 2026 à 12h15, et le procureur avisé par message électronique à 12h35 ce délai de 15 minutes, permet de considérer que les prescriptions légales ont bien été respectées. Les moyens d'irrégularité soulevés seront rejetés. Sur la demande de maintien en zone d'attente En application des dispositions de l'article L.342-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le maintien en zone d'attente au-delà de quatre jours à compter de la décision initiale peut être autorisé, par le juge des libertés et de la détention "statuant sur l'exercice effectif des droits reconnus à l'étrangers", pour une durée qui ne peut être supérieure à huit jours; En vertu de l’article L.342-2 du même code, l'autorité administrative expose dans sa saisine les raisons pour lesquelles l'étranger n'a pu être rapatrié ou, s'il a demandé l'asile, admis, et le délai nécessaire pour assurer son départ de la zone d'attente. L'existence de garanties de représentations de l'étranger n'est pas à elle seule susceptible de justifier le refus de prolongation de son maintien en zone d'attente. Si le juge judiciaire a la faculté de ne pas autoriser la prolongation du maintien en zone d’attente de l’étranger, il ne peut remettre en cause la décision administrative de refus d’entrer et doit s’assurer que celui-ci ne tente pas de pénétrer frauduleusement sur le territoire français et présente des garanties sur les conditions de son séjour et de son départ du territoire français. Il résulte de la procédure que Monsieur [Q] [A] [F] a formé une demande d'admission au titre de l'asile,le 12 juin 2026 à 211h16, non encore examinée par l'OFPRA, qui ne l'a pas encore convoqué. A l'audience de ce jour, Monsieur [Q] [A] [F] explique être en danger au Bunkina Faso, et qu'il voulait venir en France. La suspension de son réacheminement est de droit en raison de la procédure de filtrage en cours par l'administration. Ainsi son maintien en zone d'attente n'apparaît pas comme une atteinte disproportionnée à ses droits. Il sera fait droit à la demande de l'administration.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire Rejetons les moyens de nullité / d'irrecevabilité. Autorisons le renouvellement du maintien de Monsieur [Q] [A] [F] en zone d'attente de l'aéroport de [Etablissement 2] pour une durée de huit jours. Fait à [Localité 3], le 16 juin 2026 à heures LE GREFFIER LE PRÉSIDENT NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE AUX PARTIES : Reçu copie de la présente ordonnance et notification de ce qu'elle est susceptible d'appel devant le premier président de la cour d'appel de Paris dans un délai de 24 heures à compter de la présente ordonnance (déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe du service des etrangers du premier président de la cour d'appel de Paris. Fax n° 01-44-32-78-05 ou mail [Courriel 1]). Cet appel n'est pas suspensif de l'exécution de la mesure d'éloignement. Information est donnée à l'intéressé(e) qu'il est maintenu(e) à disposition de la justice pendant un délai de 10 heures à compter de la notification de la présente ordonnance au procureur de la République, lorsqu'il est mis fin à son maintien en zone d'attente. LE REPRÉSENTANT DE L'ADMINISTRATION L'INTÉRESSÉ(E) L'INTERPRÈTE L'ADMINISTRATEUR AD'HOC AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE : (De 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00) La présente ordonnance mettant fin au maintien de l'étranger en zone d'attente a été notifiée au procureur de la République, absent à l’audience, par voie dématérialisée, le ..16 Juin 2026...... à ..........h............. Le greffier (De 12h00 à 14h00 et de 18h00 à 9h00) Le procureur de la République, absent à l’audience, a été avisé de la présente ordonnance mettant fin au maintien de l'étranger en zone d'attente, par un appel téléphonique donné par le greffier au magistrat de permanence générale, le ..16 Juin 2026...... à ..........h............. Ce magistrat : ❑ a indiqué interjeter appel et demander au premier président de déclarer son recours suspensif ❑ a indiqué ne pas entendre user de ce droit, de sorte que l’intéressé peut être remis en liberté ❑ n’a pu être joint, un message lui ayant été laissé Le greffier

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le maintien en zone d'attente ?
Le maintien en zone d'attente est une mesure administrative permettant de retenir un étranger à la frontière pendant l'examen de sa situation, notamment lors d'une demande d'asile.
Quels sont les droits d'un étranger en zone d'attente ?
Un étranger en zone d'attente a le droit d'être informé de ses droits, de demander l'asile et d'être assisté par un avocat.
Comment se passe la prolongation du maintien en zone d'attente ?
La prolongation du maintien en zone d'attente doit être demandée par l'autorité administrative et justifiée par des raisons légales, comme le respect des procédures.
Que faire si mes droits ne sont pas respectés en zone d'attente ?
Il est possible de contester la décision de maintien en zone d'attente en saisissant le tribunal compétent ou en faisant appel à un avocat.

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