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Tribunal judiciaire, j.l.d., 17 juin 2026 — n° 26/02022

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Dans quelles conditions peut-on prolonger la rétention administrative d'un étranger en France ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger peut être ordonnée si les démarches pour son éloignement sont en cours et que la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison de circonstances indépendantes de la volonté de l'administration.

Faits clés

  • Placement en rétention administrative de [O] [G] [F] le 19 avril 2026
  • Prolongation de la rétention administrative demandée le 16 juin 2026
  • Démarches effectuées par l'administration pour l'éloignement de [O] [G] [F]
  • Inertie des autorités consulaires algériennes dans la délivrance des documents de voyage
  • Notification des droits à la personne retenue lors de son placement

Articles cités

article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

COUR D'APPEL de [Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 1] N° RG 26/02022 - N° Portalis DB2H-W-B7K-4JVA ORDONNANCE STATUANT SUR UNE TROISIEME DEMANDE DE PROLONGATION D'UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE Le 17 juin 2026 à 15h05 Nous, Avner AZOULAY, Juge au tribunal judiciaire de LYON, assisté de Clara DESERT, greffier. Vu la loi n° 2025-796 du 11 août 2025 ; Vu les articles L. 742-1 à L. 742-10 et notamment les articles L. 742-1, L. 742-2, L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, les articles L. 743-3 à L. 743-18 et notamment les articles L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, les articles L. 743-19, L. 743-20, L. 743-24, L. 743-25, et R. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; Vu la décision de placement en rétention de l'autorité administrative prise le 19 avril 2026 par Mme la PREFETE DE L’ISERE à l’encontre de [O] [G] [F] ; Vu l’ordonnance rendue le 23/04/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours ; Vu l’ordonnance rendue le 18/05/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de trente jours ; Vu la requête de l'autorité administrative en date du 16 Juin 2026 reçue et enregistrée le 16 Juin 2026 à 13h56 (cf. timbre du greffe) tendant à la prolongation exceptionnelle de la rétention de [O] [G] [F] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée supplémentaire de trente jours ; Vu l'extrait individualisé du registre prévu à l'article L. 741-3 du CESEDA émargé par l'intéressé ; PARTIES Mme la PREFETE DE L’ISERE préalablement avisé, représenté par Maître Eddy PERRIN, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON, [O] [G] [F] né le 13 Mars 1991 à [Localité 2] (ALGERIE) préalablement avisé, actuellement maintenu, en rétention administrative présent à l'audience, assisté de son conseil Me Michaël BOUHALASSA, avocat au barreau de LYON, de permanence, en présence de M. [Z] [Q], interprète assermentée en langue Arabe, déclarée comprise par la personne retenue à l’inverse du français interprète inscrit sur la liste de CESEDA, LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE n’est ni présent ni représenté, DEROULEMENT DES DEBATS A l'audience publique, le juge a procédé au rappel de l'identité des parties ; Après avoir rappelé à la personne retenue les droits qui lui sont reconnus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile pendant sa rétention et l'avoir informée des possibilités et des délais de recours contre toutes décisions le concernant ; Maître Eddy PERRIN, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON représentant le préfet a été entendu en sa plaidoirie ; [O] [G] [F] a été entendu en ses explications ; Me Michaël BOUHALASSA, avocat au barreau de LYON, avocat de [O] [G] [F], a été entendu en sa plaidoirie ;

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Attendu qu'une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire été notifiée à [O] [G] [F] le 19 avril 2026; Attendu que par décision en date du 19 avril 2026 notifiée le 19 avril 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [O] [G] [F] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire à compter du 19 avril 2026; Attendu que par décision en date du 23/04/2026, le juge du tribunal judiciaire de LYON a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [O] [G] [F] pour une durée maximale de vingt-six jours ; Attendu que par décision en date du 18/05/2026 le juge du tribunal judiciaire de LYON a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [O] [G] [F] pour une durée maximale de trente jours ; Attendu que, par requête en date du 16 Juin 2026, reçue le 16 Juin 2026, l'autorité administrative nous a saisi aux fins de voir ordonner la prolongation exceptionnelle de la rétention pour une durée de trente jours ; RECEVABILITE DE LA REQUETE  Attendu que la requête de l'autorité administrative est motivée, datée, signée et accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles dont la copie du registre prévu à l'article L. 744-2 du CESEDA ; REGULARITE DE LA PROCEDURE  Attendu qu’il ressort de l’examen des pièces jointes à la requête et des mentions figurant au registre prévu à l’article L. 744-2 du CESEDA que la personne retenue, pleinement informée de ses droits lors la notification de son placement, n’a cessé d’être placée en état de les faire valoir depuis son arrivée au lieu de rétention ; PROLONGATION DE LA RETENTION Attendu, en application des articles L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, L. 743-19, L. 743-25 et R. 743-1 du CESEDA, que malgré les diligences de l'administration, la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou de l'absence de moyens de transport ; Attendu que les autorités nationales ont effectuées les démarches utiles au retour de l’intéressé dans son pays d’origine, que des relances et des échanges sont présents au dossier et qu’à ce titre l’inertie des autorités consulaires algériennes ne peut en aucun cas invalider l’ensemble des démarches précitées sauf à considérer qu’une obstruction volontaire et injustifiée entraînerait automatiquement une remise en liberté ; Attendu que la troisième prolongation de la rétention étant de nature à permettre l’exécution de la mesure d’éloignement, il convient, par conséquent, de faire droit à la requête en date du 16 Juin 2026 de Mme la PREFETE DE L’ISERE et de prolonger la rétention de [O] [G] [F] pour une durée supplémentaire de trente jours ; PAR CES MOTIFS Statuant par mise à disposition au greffe, après débat en audience publique, en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire ; DECLARONS la requête en prolongation de la rétention administrative du préfet du Mme la PREFETE DE L’ISERE à l'égard de [O] [G] [F] recevable ; DÉCLARONS la procédure diligentée à l'encontre de [O] [G] [F] régulière ;

Dispositif

ORDONNONS LA PROLONGATION DE LA RÉTENTION de [O] [G] [F] au centre de rétention de [Localité 1] pour une durée de trente jours supplémentaires ; LE GREFFIER LE JUGE

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure qui permet de maintenir un étranger sur le territoire français dans l'attente de son éloignement.
Quels sont les droits d'un étranger en rétention ?
L'étranger en rétention a le droit d'être informé de ses droits, d'être assisté par un avocat et de contester la mesure de rétention.
Pourquoi ma rétention peut-elle être prolongée ?
La rétention peut être prolongée si l'administration justifie que des démarches pour l'éloignement sont en cours et que la mesure n'a pas pu être exécutée.
Que faire si l'éloignement est impossible ?
Si l'éloignement est impossible, il est possible de demander la remise en liberté en prouvant l'impossibilité de l'exécution de la mesure.

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