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Cour de cassation, cr, 16 juin 2026 — n° 25-88.161

Qpcother ECLI : ECLI:FR:CCASS:2026:CR00984

Synthèse de la décision

Question juridique

L'article L. 215-11 du code rural et de la pêche maritime méconnaît-il le principe de légalité des délits et des peines en raison de l'ambiguïté des termes 'mauvais traitements' et 'sans nécessité' ?

Principe retenu

Le principe de légalité des délits et des peines exige que les infractions soient définies de manière claire et précise pour éviter l'arbitraire. Les termes utilisés dans la législation doivent permettre une interprétation sans risque d'arbitraire par le juge pénal.

Faits clés

  • Condamnation de MM. [F] [K] et [L] [T] pour mauvais traitements envers un animal
  • Amende de 3 000 euros pour chacun des deux premiers condamnés
  • Amende de 10 000 euros pour la troisième partie
  • Questions prioritaires de constitutionnalité soulevées concernant l'article L. 215-11
  • Décision rendue par la Cour de cassation le 16 juin 2026

Motivations de la décision

1. La première question prioritaires de constitutionnalité est ainsi rédigée : « L'article L. 215-11 du code rural et de la pêche maritime, dans sa rédaction issue de la loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018 pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, qui réprime le fait pour toute personne exploitant un établissement de vente, de toilettage, de transit, de garde, d'éducation, de dressage, d'activités privées de sécurité, de surveillance, de gardiennage, de protection physique des personnes ou des biens employant des agents cynophiles ou de présentation au public d'animaux de compagnie, une fourrière, un refuge, un établissement d'abattage ou de transport d'animaux vivants ou un élevage d'exercer ou de laisser exercer sans nécessité des mauvais traitements envers les animaux placés sous sa garde, méconnaît-il le principe de légalité des délits et des peines, garanti par l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, en ce que les termes de « mauvais traitements  » sont équivoques et insuffisamment clairs et précis pour exclure l'arbitraire ? » 2. La seconde question prioritaire de constitutionnalité est ainsi rédigée : « L'article L. 215-11 du code rural et de la pêche maritime, dans sa rédaction issue de la loi n° 2018-938 du 30 octobre 2018 pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible à tous, qui réprime le fait pour toute personne exploitant un établissement de vente, de toilettage, de transit, de garde, d'éducation, de dressage, d'activités privées de sécurité, de surveillance, de gardiennage, de protection physique des personnes ou des biens employant des agents cynophiles ou de présentation au public d'animaux de compagnie, une fourrière, un refuge, un établissement d'abattage ou de transport d'animaux vivants ou un élevage d'exercer ou de laisser exercer sans nécessité des mauvais traitements envers les animaux placés sous sa garde, méconnaît-il le principe de légalité des délits et des peines, garanti par l'article 8 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, en ce que les termes « sans nécessité » sont équivoques et insuffisamment clairs et précis pour exclure l'arbitraire ? » 3. La disposition législative contestée est applicable à la procédure et n'a pas déjà été déclarée conforme à la Constitution dans les motifs et le dispositif d'une décision du Conseil constitutionnel. 4. Les questions, ne portant pas sur l'interprétation d'une disposition constitutionnelle dont le Conseil constitutionnel n'aurait pas encore eu l'occasion de faire application, ne sont pas nouvelles. 5. Les questions posées ne présentent pas un caractère sérieux pour les motifs qui suivent. 6. En premier lieu, l'article L. 214-3, alinéa 2, du code rural et de la pêche maritime, qui pose l'interdiction générale d'exercer des mauvais traitements envers les animaux domestiques ainsi qu'envers les animaux sauvages apprivoisés ou tenus en captivité, renvoie à des décrets en Conseil d'Etat qui déterminent les mesures propres à assurer la protection des animaux contre les mauvais traitements ou les utilisations abusives, et à leur éviter des souffrances lors des manipulations inhérentes aux diverses techniques d'élevage, de parcage, de transport et d'abattage. 7. En second lieu, les termes « sans nécessité » des dispositions critiquées sont suffisamment clairs et précis pour que leur interprétation, qui entre dans l'office du juge pénal, puisse se faire sans risque d'arbitraire. 8. En conséquence, il n'y a pas lieu de renvoyer les questions prioritaires de constitutionnalité au Conseil constitutionnel.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, la Cour : DIT N'Y AVOIR LIEU DE RENVOYER au Conseil constitutionnel les questions prioritaires de constitutionnalité ; Ainsi fait et jugé par la Cour de cassation, chambre criminelle, et prononcé par le président en audience publique du seize juin deux mille vingt-six.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'article L. 215-11 du code rural et de la pêche maritime ?
Cet article réprime les mauvais traitements envers les animaux placés sous la garde d'exploitants d'établissements tels que des refuges ou des élevages.
Quels types de sanctions peuvent être appliquées pour mauvais traitements envers les animaux ?
Les sanctions peuvent inclure des amendes, comme celles prononcées dans cette décision, allant jusqu'à 10 000 euros.
Comment la Cour de cassation évalue-t-elle la clarté des termes législatifs ?
La Cour examine si les termes utilisés permettent une interprétation claire et précise, sans risque d'arbitraire pour le juge pénal.
Quelles sont les implications d'une décision de non lieu à renvoi au Conseil constitutionnel ?
Cela signifie que la Cour de cassation considère que les questions posées ne présentent pas un caractère sérieux et que la législation en question est conforme.

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