Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, chambre 1/section 5, 18 juin 2026 — n° 26/00308

Désigne un expert ou un autre technicien

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions pour ordonner une expertise avant tout procès dans le cadre d'un projet de construction ?

Principe retenu

Conformément à l'article 145 du code de procédure civile, des mesures d'instruction peuvent être ordonnées avant tout procès s'il existe un motif légitime de conserver et d'établir la preuve des faits dont dépendra la solution d'un litige. Ce motif est établi si la mesure sollicitée n'est pas manifestement inutile ou si l'action au fond n'est pas vouée à l'échec.

Faits clés

  • L'association Union Fraternelle des Métallurgistes a assigné l'Office Public de l'Habitat et la commune de [Localité 1] en référé.
  • La demande vise à obtenir la désignation d'un expert pour dresser un état descriptif des immeubles riverains avant des travaux de construction.
  • La commune de [Localité 1] n'a pas comparu à l'audience.
  • L'expertise est justifiée par l'incidence possible du projet de construction sur les bâtiments voisins.
  • Une provision de 8.000 euros pour les frais d'expertise doit être consignée par la partie demanderesse.

Articles cités

article 145 du code de procédure civile article 472 du code de procédure civile article 446-1 du code de procédure civile

Exposé du litige

***************************************** EXPOSE DU LITIGE L'association Union Fraternelle des Métallurgistes, maître d'ouvrage d'une opération de rénovation et construction d'un bâtiment situé sur les parcelles AZ [Cadastre 1], AZ [Cadastre 2], AZ [Cadastre 3], AZ [Cadastre 4] et AZ [Cadastre 5], lui appartenant au [Adresse 4] à [Localité 1], a, par acte des 30 janvier et 5 février 2026, assigné en référé l'Office Public de l'habitat Est Ensemble Habitat ainsi que la commune de [Localité 1], pour obtenir, sur le fondement de l'article 145 du code de procédure civile, la désignation d'un expert avec pour mission de dresser un état descriptif des immeubles riverains du site avant les travaux projetés. A l'audience, l'association Union Fraternelle des Métallurgistes maintient sa demande dans les termes de l'acte introductif d'instance. L'Office Public de l'habitat Est Ensemble Habitat formule les protestations et réserves d'usage. Régulièrement assignés, la commune de [Localité 1] n'a pas comparu. Conformément à l'article 446-1 du code de procédure civile, pour plus ample informé de l'exposé et des prétentions des parties, il est renvoyé à l'assignation introductive d'instance et aux écritures déposées et développées oralement à l'audience.

Motivations de la décision

MOTIFS Conformément à l'article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l'estime régulière, recevable et bien fondée. Aux termes de l'article 145 du code de procédure civile, s'il existe un motif légitime de conserver et d'établir avant tout procès la preuve des faits dont pourrait dépendre la solution d'un litige, des mesures d'instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, notamment en référé. Il existe un motif légitime dès lors qu'il n'est pas démontré que la mesure sollicitée serait manifestement insusceptible d'être utile lors d'un litige ou que l'action au fond n'apparaît manifestement pas vouée à l'échec. En l'espèce, l'incidence possible du projet de construction sur les bâtiments riverains justifie le recours à une mesure d'instruction dans les termes indiqués ci-dessous au contradictoire des parties défenderesses. Il sera donc fait droit à la demande dans les termes du dispositif ci-dessous. La partie demanderesse conservera la charge des dépens. PAR CES MOTIFS Statuant par ordonnance de référé, par mise à disposition au greffe le jour du délibéré, après débats en audience publique, par décision réputée contradictoire et en premier ressort ; Ordonnons une expertise judiciaire ; Désignons en qualité d'expert : [A] [X] [Adresse 5] [Adresse 6] [Localité 2] Tél. portable : [XXXXXXXX01] Tél. fixe : 0148370908 E-mail : [Courriel 1] Expert près la cour d'appel de Paris avec mission de : – prendre connaissance du projet immobilier présenté dans un dossier technique suffisant comportant notamment les procédés de démolition et de construction permettant d'évaluer les impacts potentiels des travaux sur les avoisinants. À défaut de communication de ce dossier, l'expert déposera une note récapitulant les pièces communiquées, les éléments absents ou insuffisants, les conséquences sur la conduite de sa mission, permettant aux parties de saisir le juge si elles l'estiment nécessaire ; – donner son avis sur les impacts potentiels des travaux sur les avoisinants et proposer la délimitation des états des lieux à réaliser chez les avoisinants ; – visiter les immeubles constituant la propriété des défendeurs, du demandeur s'il y a lieu ; État des existants : – indiquer l'état d'avancement des travaux lors des réunions successives d'analyse et description des existants ; – dresser tous états descriptifs et qualitatifs nécessaires de la totalité des immeubles voisins visités, de la propriété du demandeur, afin de déterminer et dire si, à son avis, ces immeubles présentent ou non des dégradations et désordres inhérents à leur structure, leur mode de construction, ainsi qu'à leur mode de fondation ou leur état de vétusté ou, encore, consécutifs à la nature du sous-sol sur lequel ils reposent ou consécutifs aux travaux qui auraient pu être entrepris au moment de l'expertise pour le compte du demandeur ; – dresser un état précis de ces premières constatations sous forme d'un pré-rapport dont l'expert pourra demander la rémunération ou une avance de son montant ; Constatations de désordres rattachables aux travaux : – procéder, sur demande des intéressés, à de nouveaux examens des avoisinants après démolition, après terrassement et après gros œuvre et ce jusqu'à la réception au cas où il serait allégué de nouveaux désordres, expressément décrits par les parties requérantes, ou l'aggravation des anciens ; – dresser, le cas échéant, à la demande des parties, un pré-rapport relatant les constatations effectuées et les causes des dommages, dont l'expert pourra demander la rémunération ou une avance de son montant ; – fournir, dans son rapport définitif, tous éléments techniques ou de fait de nature à permettre à la juridiction du fond, éventuellement saisie, de se prononcer sur les responsabilités encourues et les préjudices subis ; Disons que pour procéder à sa mission l'expert devra : – lors de la première réunion, dire quel est l'avancement des travaux si le chantier a déjà débuté ; – en concertation avec les parties, définir un calendrier prévisionnel de ses opérations à l'issue de la première réunion d'expertise ; l'actualiser ensuite dans le meilleur délai : • en fixant aux parties un délai pour procéder aux interventions forcées ; • en les informant de la date à laquelle il prévoit de leur adresser son document de synthèse ; – adresser dans le même temps le montant prévisible de sa rémunération, qu'il actualisera, s'il y a lieu, procédant parallèlement aux demandes de provisions complémentaires ; – adresser aux parties un document de synthèse, sauf exception (par exemple : réunion de synthèse, communication d'un projet de rapport) dont il s'expliquera dans son rapport, et y arrêter le calendrier de la phase conclusive de ses opérations : • fixant, sauf circonstances particulières, la date ultime de dépôt des dernières observations des parties sur le document de synthèse ; • appelant aux parties, au visa de l'article 276 alinéa 2 du code de procédure civile, qu'il n'est pas tenu de prendre en compte les observations transmises au-delà de ce délai ; Disons qu'en cas d'urgence ou de péril en la demeure reconnus par l'expert, ce dernier : – en cas d'ouverture du chantier sans communication des pièces permettant d'apprécier les risques, déposera une note aux parties et au juge donnant la possibilité aux premiers de solliciter les mesures judiciaires appropriées ; – dira, s'il convient ou non, de procéder à la réalisation et à la mise en place de telles mesures de sauvegarde ou de travaux particuliers de nature à éviter toute aggravation de l'état qu'ils présentent actuellement et permettre, dans les meilleures conditions techniques possibles, la réalisation des travaux à être entrepris pour le compte du demandeur ; – pourra autoriser le demandeur à faire exécuter, à ses frais avancés, pour le compte de qui il appartiendra, les travaux qu'il estime indispensables, sous la direction du maître d'œuvre du demandeur, par des entreprises qualifiées de son choix ; dans ce cas, l'expert déposera un pré-rapport, ou une note aux parties valant pré-rapport, précisant la nature, l'importance et le coût de ces travaux ; – disons qu'en cas de besoin et pour procéder aux travaux estimés indispensables par l'expert, le demandeur pourra faire passer, sur les propriétés voisines concernées des parties, ses architectes et entrepreneurs à telles fins techniques que l'expert estimera nécessaires ou seulement utiles et qu'en cas de difficulté il en sera référé au juge chargé du contrôle des expertises ; Disons que l'expert devra fournir de façon générale, tous éléments techniques ou de fait de nature à permettre à la juridiction du fond de se prononcer sur les responsabilités encourues et les préjudices subis ; Fixons à la somme de 8.000 euros la provision concernant les frais d'expertise qui devra être consignée par la partie demanderesse à la régie du tribunal judiciaire de Bobigny au plus tard le 30 août 2026 ; Disons que, faute de consignation de la provision dans ce délai impératif, la désignation de l'expert sera caduque et de nul effet ; Disons qu'il appartiendra à l'association Union Fraternelle des Métallurgistes d'informer l'expert de la fin du chantier dans le mois de la réception de l'ouvrage (avec ou sans réserve) ; Disons qu'à défaut, et sans information à cet égard de la part des parties ou de l'expert, à la date prévue pour le rapport définitif, il sera mis fin à la mesure d'expertise et, le cas échéant, les sommes encore consignées seront restituées aux consignataires ; Disons que l'exécution de la mesure d'instruction sera suivie par le juge du service du contrôle des expertises, spécialement désigné à cette fin en application des articles 155 et 155-1 du code de procédure civile ; Disons que l'expert sera saisi et effectuera sa mission conformément aux dispositions des articles 232 à 255, 263 à…

Dispositif

Laissons à la partie demanderesse la charge des dépens ; Rappelons que la présente décision est exécutoire par provision. AINSI JUGÉ AU PALAIS DE JUSTICE DE BOBIGNY, LE 18 JUIN 2026. LE GREFFIER LE PRÉSIDENT

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une mesure d'instruction en référé ?
Une mesure d'instruction en référé permet d'ordonner des expertises ou des constatations avant un procès pour préserver des preuves essentielles.
Quels sont les critères pour ordonner une expertise ?
L'expertise peut être ordonnée si elle est jugée utile pour établir des faits qui pourraient influencer la décision dans un litige futur.
Que se passe-t-il si la partie défenderesse ne comparait pas ?
Si la partie défenderesse ne comparait pas, le juge peut statuer sur la demande en vérifiant sa régularité et sa recevabilité.
Comment se déroule la procédure d'expertise ?
L'expert désigné doit réaliser sa mission selon les délais fixés par le juge et remettre ses rapports au greffe du tribunal.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.