Tribunal judiciaire, chambre du conseil, 18 juin 2026 — n° 26/00063
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conditions légales pour le maintien d'une hospitalisation complète sous contrainte ?
Principe retenu
L'hospitalisation complète d'une personne ne peut se poursuivre que si son état mental nécessite des soins immédiats et qu'elle est dans l'incapacité de consentir. Les restrictions à l'exercice des libertés individuelles doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées à l'état mental du patient.
Faits clés
- Madame [W] [O] souffre d'un trouble schizo-affectif décompensé.
- Elle présente des symptômes tels que tachypsie sévère, délire de persécution et hallucinations auditives.
- Son discours est délirant et son jugement est altéré.
- Elle a exprimé le souhait de quitter l'hôpital pour fêter l'anniversaire de son fils.
- Les médecins recommandent le maintien de l'hospitalisation en raison du risque de passage à l'acte hétéro agressif.
Articles cités
article L3211-3 du code de la santé publique
article L3212-1 du code de la santé publique
article L3211-12-1 I du code de la santé publique
Motivations de la décision
Magistrat du siège au tribunal judiciaire d’Aurillac
Hospitalisation sous contrainte
N° RG 26/00063 - N° Portalis DBW7-W-B7K-CGV4
Minute n°26/63
TRIBUNAL JUDICIAIRE D’AURILLAC
ORDONNANCE du 18 Juin 2026
ORDONNANCE rendue le 18 Juin 2026 par M. [...], vice-président au tribunal judiciaire d’Aurillac, assisté de [...], Greffère ;
DEMANDEUR
Le Directeur du CENTRE HOSPITALIER [Etablissement 1],
concernant l’hospitalisation complète de :
Madame [W] [O]
née le 20 Février 1969 à [Localité 1]
[Adresse 1]
[Localité 2]
sous mesure de curatelle renforcée confiée à l’UDAF
Hospitalisé(e) au CENTRE HOSPITALIER [Etablissement 1]
Comparant(e) en personne assisté(e) de Maître PRAYAG, avocat au barreau d’Aurillac
MINISTERE PUBLIC en la personne du procureur de la République d’Aurillac, qui a déposé des réquisitions écrites ;
Vu l’article L3211-3 du code de la santé publique qui dispose que les restrictions à l’exercice des libertés individuelles d’une personne qui fait l’objet de soins psychiatriques doivent être adaptées, nécessaires et proportionnées à son état mental et à la mise en œuvre du traitement requis, qu’en toutes circonstances, la dignité de la personne doit être respectée et sa réinsertion recherchée ;
Vu l’article L3212-1 du même code qui dispose qu’une personne ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète que lorsque son état mental impose des soins immédiats assortis d’une surveillance médicale constante et que ses troubles rendent impossible son consentement ;
Vu l’article L3211-12-1 I du code de la santé publique qui dispose que “l‘hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le directeur de l’établissement lorsque l’hospitalisation a été prononcée en application du chapitre II ou par le représentant de l’Etat dans le département lorsqu’elle a été prononcée en application du chapitre III du présent titre, de l’article L3214-3 du présent code ou de l’article 706-135 du code de procédure pénale, n’ait statué sur cette mesure :
1° avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission prononcée en application des chapitres II ou III du présent titre ou de l’article L3214-3" ;
Vu les articles R 3211-7 et suivants, R3211-10 à R3211-17, R3211-24 à 3211-26, L3211-12-2 du code de la santé publique ;
Vu la requête du 15 Juin 2026 du Directeur du CENTRE HOSPITALIER [Etablissement 1], le certificat médica d'admission du 13 juin 2026, la décision d'admission sur demande d’un tiers en date du 13 juin 2026, le certificat médical des 24 heures, le certificat médical des 72 heures comprenant l'avis sur la forme de la prise en charge du patient, la décision de maintien des soins psychiatriques sous la forme d’une hospitalisation complète du 15 juin 2026 et l’avis motivé des Dr [H] et [Y] du 15 juin 2026 ;
Vu le certificat médical relatif à la possibilité pour [W] [O] d’être entendu(e) par le magistrat du siège du tribunal judiciaire d’Aurillac ;
Vu l’avis du procureur de la République ;
Après avoir entendu [W] [O] et son conseil à l'audience qui s'est tenue publiquement au CENTRE HOSPITALIER [Etablissement 1], la décision a été rendue ce jour.
***
[W] [O] fait l’objet d’une hospitalisation complète au CENTRE HOSPITALIER [Etablissement 1], en raison d’une tachypsie sévère accompagnée d’un délire de persécution et d’hallucinations auditives.
Il résulte des certificats médicaux et de l’avis du psychiatre que la patiente souffre d’un trouble de type schizo-affectif décompensé sur un mode persécutif. Actuellement et malgré le traitement, son discours reste délirant avec altération du jugement. Elle est dans l’incapacité de rejoindre son foyer.
Le médecin préconise le maintien d’une hospitalisation complète en raison du risque de passage à l’acte hétéro agressif.
A l’audience, [W] [O] expose qu’elle était en foyer à [Localité 2]. Elle est incapable d’expliquer les raisons de son hospitalisation. Elle souhaite quitter le service car elle serait victime des agissements des autres patients ainsi que des soignants. En outre, elle veut aller fêter l’anniversaire de son fils.
Maître [R] expose que la procédure est régulière et que Mme [O] se sent en danger au sein du service. Elle est sécurisée dans son foyer et souhaite y retourner.
Au regard des pièces de la procédure, il est relevé que les dispositions légales ont été respectées et il ressort des avis médicaux que les troubles psychiques de [W] [O] demeurent suffisamment importants pour justifier le maintien de son régime actuel d’hospitalisation, et ce afin de stabiliser son état dans les meilleures conditions possibles, et pour permettre la mise en place d'un traitement et l'observation de l'évolution de l'état psychique du patient ne lui permettant pas en l'état d'y adhérer ou d'y consentir de manière assurée et continue.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement, par ordonnance contradictoire et en premier ressort :
CONSTATONS que les conditions légales de l'hospitalisation sous contrainte de [W] [O] sont remplies ;
CONSTATONS que l'hospitalisation complète de [W] [O] peut se poursuivre ;
Dispositif
LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat.
Le Greffier Le Vice-Président
La présente ordonnance est susceptible d'appel dans le délai de 10 jours à compter de sa notification, au greffe de la cour d'appel de Riom ([Adresse 2]). Seul l’appel du procureur de la République peut être assorti d’une demande d’effet suspensif.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une hospitalisation sous contrainte ?
L'hospitalisation sous contrainte est une mesure qui permet de placer une personne en soins psychiatriques sans son consentement, lorsque son état mental nécessite des soins immédiats.
Quels sont les droits d'un patient hospitalisé sous contrainte ?
Un patient hospitalisé sous contrainte a le droit d'être informé de son état, de recevoir des soins appropriés et de contester la décision d'hospitalisation devant un juge.
Comment se déroule l'évaluation d'un patient pour une hospitalisation ?
L'évaluation se fait par des médecins qui examinent l'état mental du patient et déterminent si une hospitalisation est nécessaire en fonction de critères médicaux précis.
Peut-on sortir d'une hospitalisation sous contrainte ?
Un patient peut demander à sortir, mais cela dépend de l'évaluation médicale et de la décision du juge qui a statué sur l'hospitalisation.
Quelles sont les conditions pour prolonger une hospitalisation sous contrainte ?
Pour prolonger une hospitalisation, il faut que l'état mental du patient justifie des soins continus et qu'il soit incapable de consentir à son traitement.
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