Tribunal judiciaire, jld hospitalisation, 18 juin 2026 — n° 26/03170
Synthèse de la décision
Question juridique
Dans quelles conditions une personne peut-elle être hospitalisée sans son consentement pour des soins psychiatriques ?
Principe retenu
Une personne atteinte de troubles mentaux peut faire l'objet de soins psychiatriques sans son consentement si ses troubles rendent impossible son consentement et que son état nécessite des soins immédiats. La décision doit être prise par le directeur d'un établissement de santé autorisé en psychiatrie.
Faits clés
- Admission en soins psychiatriques de Mme [P] [C] à la demande d'un tiers en raison d'un risque grave pour son intégrité.
- Prolongation de l'hospitalisation complète autorisée par le tribunal judiciaire.
- État clinique de Mme [P] [C] jugé nécessitant le maintien de l'hospitalisation complète.
- Absence de contestation de l'hospitalisation par la patiente.
- Évolution clinique favorable mais nécessité de stabilisation avant toute rupture du protocole de soins.
Articles cités
article L. 3212-1 du code de la santé publique
article R. 3211-11 du code de la santé publique
articles R. 93 et R. 93-2 du code de procédure pénale
Exposé du litige
FAITS ET PROCÉDURE :
Le 16 juin 2025, le directeur du centre hospitalier de [Localité 1] a prononcé, en application de l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, l'admission en soins psychiatriques, sous la forme de l'hospitalisation complète, de Mme [P] [C], à la demande d'un tiers en urgence, en raison d'un risque grave d'atteinte à l'intégrité du malade.
Par ordonnance du 24 décembre 2025, le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux a autorisé la prolongation de la mesure d’hospitalisation complète de Mme [P] [C].
Le 09 juin 2026, le directeur de l'établissement de santé a saisi le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux aux fins de poursuite de l’hospitalisation complète de la personne faisant l’objet des soins.
Conformément aux dispositions de l’article R. 3211-11 du code de la santé publique, copie de la saisine a été adressée à la personne hospitalisée, au directeur du centre hospitalier de [Localité 1] et au ministère public, lesquels, ainsi que le tiers demandeur des soins, ont tous été régulièrement avisés de la date, de l’heure, du lieu et des modalités de l’audience fixée au le 18 juin 2026.
L’audience a été tenue à la date et à l’heure prévues dans la salle spécialement aménagée au centre hospitalier de [Localité 1].
Mme [P] [C] a n'a pas contesté le principe de son hospitalisation et s'en remet à l'avis des médecins.
Me Emmanuel GIORDANA, avocat de la personne hospitalisée, a été entendue en ses observations.
Aucune des parties n’a déposé d’observations écrites.
La présente ordonnance a été :
- prononcée publiquement le 18 juin 2026, par mise à disposition de la décision au greffe du tribunal, avis en ayant été donné à l’issue des débats aux personnes présentes ou représentées ;
- signée par le juge ayant présidé aux débats et par le greffier auquel la minute de la décision a été remise par le magistrat signataire.
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DECISION
L’article L.3212-1 du code de la santé publique prévoit qu’une personne atteinte de troubles mentaux peut faire l’objet de soins psychiatriques sans son consentement, par décision du directeur d’un établissement de santé autorisé en psychiatrie, lorsque, cumulativement, ses troubles mentaux rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins psychiatriques immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’autres modalités contraintes de prise en charge thérapeutique détaillées dans un programme de soins.
L’article L. 3211-12-1 du même code dispose que l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le directeur de l'établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de six mois suivant soit toute décision judiciaire prononçant l’hospitalisation en application de l’article 706-135 du code de procédure pénale, soit toute décision prise par le juge des libertés et de la détention en application des articles L. 3211-12, ou L. 3213-9-1 du code de la santé publique, lorsque le patient a été maintenu en hospitalisation complète de manière continue depuis cette décision. Toute décision du le magistrat du siège du tribunal judiciaire prise avant l’expiration de ce délai sur le fondement de l’un des mêmes articles 706-135 du code de procédure pénale, L. 3211-12, ou L. 3213-9-1 du code de la santé publique fait courir à nouveau ce délai.
Il résulte des pièces du dossier, notamment de l'avis médical motivé du 08 juin 2026, que l'état de Mme [P] [C] nécessite toujours le maintien de l'hospitalisation complète au regard d’une évolution clinique progressivement favorable, patiente euthymique souriante et détendue, discours cohérent et adapté à la réalité sans extériorisation délirante ni hallucinatoire. Amendement des ruminations anxieuses mais symptomatologie en faveur d’un processus neurodégénératif de plus en plus présente dont la désorientation temporo-spatiale et les troubles de la mémoire. Projet d’institutionnalisation (EHPAD ou [Etablissement 1]) est toujours en cours. Nécessité de poursuivre la prise en charge en milieu hospitalier. Dès lors, la mainlevée d’une surveillance médicale constante serait prématurée avant que l’état psychique soit stabilisé et qu’il soit acquis que Mme [P] [C] adhère durablement à un protocole de soins. Cette précaution est un préalable nécessaire à l’élaboration d’un programme de soins organisant la prise en charge de la patiente selon des modalités autres que l’hospitalisation complète. Une rupture intempestive du protocole thérapeutique initié ferait inévitablement ressurgir des troubles majeurs susceptibles de mettre la malade et son environnement en danger.
En conséquence, il convient d’ordonner la poursuite de la mesure d’hospitalisation complète.
Il convient, conformément aux dispositions des articles R. 93 et R. 93-2 du code de procédure pénale, de laisser les dépens à la charge de l’Etat.
PAR CES MOTIFS
Statuant par ordonnance susceptible d’appel, prononcée publiquement par mise à disposition au greffe le 18 juin 2026,
Ordonnons la poursuite de la mesure d'hospitalisation complète pour soins psychiatriques dont Mme [P] [C] fait l’objet sans son consentement au centre hospitalier de [Localité 1] (Seine-et-Marne) ;
Dispositif
Laissons les dépens à la charge de l'Etat.
Le greffier Le juge
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une hospitalisation sans consentement ?
C'est une mesure qui permet d'admettre une personne en soins psychiatriques sans son accord, lorsque son état mental nécessite des soins immédiats et qu'elle ne peut pas consentir.
Qui peut demander une hospitalisation sans consentement ?
La demande peut être faite par un tiers, souvent un proche ou un mandataire judiciaire, lorsque la personne présente un risque pour elle-même ou pour autrui.
Comment se déroule la procédure d'hospitalisation sans consentement ?
Le directeur de l'établissement de santé prend la décision d'hospitaliser, qui doit être validée par un magistrat dans un délai déterminé, afin de garantir les droits de la personne.
Quels sont les droits d'une personne hospitalisée sans consentement ?
La personne a le droit d'être informée de son hospitalisation, de contester la décision devant un juge, et de bénéficier d'un suivi médical approprié.
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