Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, service de proximité, 16 juin 2026 — n° 26/00517

Déclare la demande ou le recours irrecevable

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de recevabilité d'un recours contre une décision de la commission de surendettement ?

Principe retenu

Le principe du contradictoire impose que seules les observations adressées par lettre recommandée avec accusé de réception aux autres parties soient prises en compte. Les observations non communiquées dans le respect de ce principe sont irrecevables.

Faits clés

  • Monsieur [B] [I] a sollicité l'ouverture d'une procédure de surendettement le 12 septembre 2025.
  • La commission de surendettement a déclaré recevable sa demande le 30 septembre 2025.
  • Un recours en contestation a été formé par Monsieur [B] [I] après notification des mesures de rééchelonnement.
  • Monsieur [B] [I] n'a pas formulé d'observation dans les délais impartis.
  • La décision a été notifiée le 6 janvier 2026.

Articles cités

article L. 723-2 du code de la consommation article L. 723-3 du code de la consommation article R. 723-5 du code de la consommation article R. 723-8 du code de la consommation article R 713-10 du code de la consommation article 474 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSE DU LITIGE Par déclaration déposée le 12 septembre 2025, Monsieur [B] [I] a sollicité de la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes, l’ouverture d’une procédure de surendettement. Suivant décision du 30 septembre 2025, la commission de surendettement a déclaré recevable la demande de Madame [S] [K] et le 6 janvier 2026, elle a préconisé des mesures imposées de rééchelonnement de tout ou partie des créances pendant une durée de 45 mois au taux maximum de 2,76 %, selon les modalités déterminées dans le document joint, et la précision que les mensualités d’assurance doivent être réglées en plus des mesures. Consécutivement à cette notification, un recours en contestation a été formé par Monsieur [B] [I]. Par courrier du greffe en date du 13 avril 2026, les parties ont été avisées qu'il serait statué sans audience et ont été invitées à faire connaître leurs éventuelles observations sur la question de l’irrecevabilité du recours exercé hors délai, avant 2 juin 2026, en respectant le principe de la contradiction, dont les modalités étaient précisées. Monsieur [B] [I] n’a pas formulé d’observation dans les délais. Il a transmis un mail le samedi 13 juin 2026. Les autres parties n’ont pas formulé d’observation.

Motivations de la décision

MOTIFS La décision non susceptible d’appel, sera réputée contradictoire en application de l’article 474 du code de procédure civile, puisque le créancier défendeur a été avisé à sa personne. Le principe du contradictoire impose qu’il ne puisse être tenu compte que des observations dont la preuve est rapportée qu’elles ont été adressées par lettre recommandée avec accusé de réception aux autres parties. Par voie de conséquence, toutes les observations écrites non adressées au contradictoire des autres parties, sont irrecevables et en tout état de cause, il ne pourra en être tiré de conséquence défavorable aux parties qui n’en sont pas régulièrement informées. Selon les articles L. 723-2, L. 723-3, R. 723-5 et R. 723-8 du code de la consommation, la commission informe le débiteur de l'état du passif qu'elle a dressé, le débiteur qui conteste disposant d'un délai de vingt jours pour demander à la commission la saisine du juge des contentieux de la protection aux fins de vérification de la validité des créances, des titres qui les constatent et du montant des sommes réclamées, en indiquant les créances contestées et les motifs qui justifient sa demande, étant précisé que cette vérification est opérée pour les besoins de la procédure et afin de permettre à la commission de poursuivre sa mission. Sur la recevabilité formelle du recours Monsieur [B] [I] a reçu notification de la décision de la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes concernant les mesures imposées du 6janvier 2026, le 13 janvier 2026 selon le rapport des courriers émis par la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes. Le délai pour former recours expirait donc le jeudi 12 janvier 2026. Le recours a été formé par lettre recommandée avec avis de réception adressée à la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes, reçu le 20 février 2026, soit au-delà du délai de trente jours à compter de la notification. Il convient donc de déclarer irrecevable le recours, en application des dispositions de l’article R 733-6 du code de la consommation auquel renvoie l’article L 733-10 du code de la consommation. Selon les dispositions de L 733-9 du code de la consommation en vigueur depuis le 1er janvier 2018, en l’absence de contestation, les mesures imposées définies à l’article L 733-1 du code de la consommation, s’imposent aux parties. Un recours irrecevable est considéré comme inexistant. Il convient donc de constater la force exécutoire des mesures imposées par la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes le 13 août 2019.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le Juge des contentieux de la protection, statuant sans audience après demande d'observation des parties, par jugement réputé contradictoire et en premier ressort, rendu par mise à disposition au greffe, DECLARE irrecevable en la forme le recours en contestation de Monsieur [B] [I] contre les mesures imposées le 6 janvier 2026 par la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes à son égard ; CONSTATE la force exécutoire des mesures imposées par la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes le 6 janvier 2026 qui seront annexées à la présente décision ; DIT que ces mesures prendront effet le 15 du mois suivant la notification de la présente décision ; DIT que chaque créancier, après actualisation du tableau d’amortissement d’origine le cas échéant, informera dans les meilleurs Monsieur [B] [I] des nouvelles modalités de recouvrement de sa créance, notamment de la date du premier règlement devant intervenir au plus tard dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision ; RAPPELLE qu’à défaut de paiement d’une seule échéance à son terme, l’ensemble du plan est de plein droit caduc quinze jours après mise en demeure adressée à Monsieur [B] [I], d’avoir à exécuter ses obligations, restée infructueuse ; RAPPELLE qu’aucune voie d’exécution ne pourra être poursuivie par l’un quelconque des créanciers pendant toute la durée d’exécution des mesures sauf à constater la caducité de ces dernières ; DIT qu’il appartient à Monsieur [B] [I], en cas de changement significatif de ses conditions de ressources à la hausse comme à la baisse, de ressaisir la commission de surendettement d’une nouvelle demande ; ORDONNE à Monsieur [B] [I] de n’accomplir aucun acte qui aggraverait sa situation financière, sauf autorisation du juge, et notamment : - d’avoir recours à un nouvel emprunt, - de faire des actes de disposition étrangers à la gestion normale du patrimoine ; RAPPELLE que ces mesures sont signalées au Fichier des incidents de paiement de remboursement des crédits des particuliers, géré par la Banque de France et qu’une inscription sera maintenue pendant toute la durée du plan sans pouvoir excéder sept ans ; RAPPELLE qu’en application de l’article R 713-10 du code de la consommation, la présente décision est exécutoire de plein droit à titre provisoire ; DIT que la présente décision sera notifiée par lettre recommandée avec accusé de réception aux parties et par lettre simple à la commission de surendettement des particuliers des Alpes-Maritimes ; LAISSE les dépens à la charge du Trésor. LE GREFFIER LE JUGE

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une procédure de surendettement ?
Une procédure de surendettement est un dispositif légal permettant à une personne physique de demander un rééchelonnement de ses dettes lorsqu'elle se trouve dans une situation financière difficile.
Comment savoir si mon recours est recevable ?
Pour qu'un recours soit recevable, il doit être formulé dans les délais impartis et respecter le principe du contradictoire, c'est-à-dire que toutes les parties doivent être informées des observations.
Quels sont les délais pour contester une décision de la commission de surendettement ?
Le débiteur dispose d'un délai de vingt jours pour demander la saisine du juge des contentieux de la protection après notification de la décision de la commission.
Que se passe-t-il si je ne respecte pas les mesures de rééchelonnement ?
En cas de non-paiement d'une échéance, l'ensemble du plan de rééchelonnement devient caduc après mise en demeure restée infructueuse.
Quels sont mes droits en tant que débiteur ?
En tant que débiteur, vous avez le droit d'être informé des créances, de contester leur validité et de demander un rééchelonnement de vos dettes.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.