Tribunal judiciaire, jld, 18 juin 2026 — n° 26/02318
Synthèse de la décision
Question juridique
Dans quelles conditions peut-on prolonger la rétention administrative d'un étranger au-delà de la durée initiale ?
Principe retenu
Le magistrat peut ordonner la prolongation de la rétention administrative au-delà de trente jours en cas d'urgence absolue, de menace pour l'ordre public, ou d'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement pour des raisons spécifiques. La durée maximale de la rétention ne doit pas excéder quatre-vingt-dix jours.
Faits clés
- Monsieur [G] [Q] est de nationalité pakistanaise et a été placé en rétention administrative.
- Une obligation de quitter le territoire français lui a été notifiée le 20 mai 2026.
- La demande de prolongation de rétention a été faite le 17 juin 2026.
- L'intéressé a exprimé des craintes pour sa vie s'il retourne au Pakistan.
- La prolongation demandée est de trente jours maximum.
Articles cités
article L.742-1 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers
article L.743-4 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers
article L.743-6 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers
article L.743-8 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers
article L.743-20 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers
article L.743-24 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers
Exposé du litige
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Au nom du Peuple Français
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER
ORDONNANCE STATUANT SUR UNE DEMANDE DE PROLONGATION DE RETENTION
Appel des causes le 18 Juin 2026 à 10h00 en visioconférence
Div\étrangers
N° étr\N° RG 26/02318 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76TQH
Nous, Mme DESWARTE Anne, Vice-Présidente au Tribunal judiciaire de BOULOGNE SUR MER, juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers, assistée de Madame Marie TIMMERMAN, Greffier, statuant en application des articles L.742-1, L.743-4, L.743-6 à L.743-8, L. 743-20 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’[A];
Vu l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire ;
En présence de [N] [W], interprète en langue ourdou, serment préalablement prêté ;
En présence de Maître Fabien STORME représentant de M. [T] ;
Vu le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’[A] notamment en ses articles L. 741-1 et suivants ;
Monsieur [G] [Q]
de nationalité Pakistanaise
né le 30 Juin 2002 à [Localité 1] (PAKISTAN), a fait l’objet :
- d’une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite, lui faisant interdiction de retour sur le territoire français prononcée le 20 mai 2026 par M. [Y] [C] , qui lui a été notifié le 20 mai 2026 à 14h40.
- d’un arrêté ordonnant son placement en rétention administrative pour une durée de quatre-vingt seize heures, prononcé le 20 mai 2026 par M. [Y] [C] , qui lui a été notifié le 20 mai 2026 à 14h40.
Par requête du 17 Juin 2026, arrivée par courrier électronique à 09H30 M. [Y] [C] invoquant devoir maintenir l’intéressé au-delà de quatre-vingt-seize heures, prolongé par un délai de VINGT-SIX JOURS selon l’ordonnance du 24 mai 2026, demande l’autorisation de prolonger ce délai pour une durée de TRENTE JOURS maximum.
En application des articles L.743-9 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’[A] il a été rappelé à l’intéressé, assisté de Me Marlène LESSART, avocat au Barreau de BOULOGNE-SUR-MER et commis d’office, les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention et a été informé des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant ; qu’il a été entendu en ses observations
L’intéressé déclare : Je souhaite être assisté d’un avocat. Je suis né à [Localité 2]. Je ne veux pas retour au Pakistan ma vie est en danger là-bas. J’ai déjà été agressé au Pakistan. Je veux être libre.
Me [V] [M] entendu en ses observations ; pas d’observation.
L’avocat de la Préfecture entendu en ses observations ; sollicite la prolongation de la rétention administrative de l’intéressé ; nous sommes dans l’attente du LPC.
Motivations de la décision
MOTIFS
Selon l’article L. 742-4 du CESEDA, le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants :
1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ;
2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ;
3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison :
a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ;
b) de l'absence de moyens de transport.
L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2.
Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours.
La prolongation de la rétention peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours.
L’intéressé ne présente pas de garanties suffisantes pour la mise à exécution de la mesure de reconduite à la frontière, des mesures de surveillance sont nécessaires.
Eu égard aux nécessités invoquées par Monsieur le Préfet, il convient d’accorder la prorogation demandée.
Dispositif
PAR CES MOTIFS
Autorisons l’autorité administrative à retenir Monsieur [G] [Q] dans les locaux ne relevant pas de l’Administration pénitentiaire pour une prolongation de rétention administrative d’une durée maximale de TRENTE JOURS à compter de l’échéance de la précédente période de prolongation de rétention administrative
NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par mail au CRA pour remise à l’intéressé qui, en émargeant ci-après, atteste avoir reçu copie et avisons l’intéressé de la possibilité de faire appel, devant le Premier Président de la Cour d’Appel ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt quatre heures de son prononcé ; l’informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 1] ) au greffe de la Cour d’Appel de [Localité 3] (numéro de FAX du greffe de la Cour d’Appel: 03.27.93.28.01.) ; lui indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par le Premier Président de la Cour d’Appel ou son délégué.
L’avocat de la Préfecture, L’Avocat,
Le Greffier, Le Juge,
décision rendue à 10h30
Ordonnance transmise ce jour à M. [Y] DU PAS-DE-[Localité 4]
Ordonnance transmise au Tribunal administratif de LILLE
N° étr\N° RG 26/02318 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76TQH
Décision notifiée à ...h...
L’intéressé, L’interprète,
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure qui permet de maintenir un étranger en détention pour faciliter son éloignement du territoire français.
Quels sont les motifs de prolongation de la rétention ?
La prolongation peut être justifiée par une urgence absolue, une menace pour l'ordre public, ou des difficultés à exécuter la décision d'éloignement.
Quels droits ai-je pendant ma rétention ?
Vous avez le droit d'être assisté par un avocat, d'être informé des décisions vous concernant et de faire appel des décisions de rétention.
Comment faire appel d'une décision de prolongation de rétention ?
L'appel doit être motivé et peut être transmis par tout moyen au greffe de la Cour d'Appel dans les vingt-quatre heures suivant la notification de la décision.
Une question similaire ? Posez-la à Justiweb
Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.
Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif.
Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique,
consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.