Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, jld, 18 juin 2026 — n° 26/00614

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions légales pour maintenir une hospitalisation sans consentement d'une personne atteinte de troubles mentaux ?

Principe retenu

L'hospitalisation sans consentement d'une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe de nécessité de l'entrave à la liberté individuelle. Les conditions pour une telle hospitalisation incluent la nécessité de soins immédiats, l'impossibilité de consentir et le danger pour soi-même ou pour autrui.

Faits clés

  • Monsieur [R] [U] est hospitalisé depuis le 9 juin 2026.
  • La demande d'hospitalisation a été faite par le préfet de [Localité 1].
  • L'audience s'est tenue au Centre Psychothérapique de [Localité 4].
  • Les certificats médicaux indiquent que les troubles mentaux nécessitent des soins immédiats.
  • Monsieur [R] [U] ne peut pas consentir aux soins en raison de son état.

Articles cités

article L.3211-1 du Code de la santé publique article L.3214-3 du Code de la santé publique article L.3211-12-1 du Code de la santé publique

Motivations de la décision

Cour d'Appel de nancy Tribunal Judiciaire de Nancy Juge Philippe LAVAL hospitalisation à la demande du représentant de l'état Procédure de contrôle ordinaire d'une hospitalisation complete (L3211-12-1 C.S.P) ORDONNANCE de MAINTIEN de la mesure d'hospitalisation complète N° RG 26/00614 - N° Portalis DBZE-W-B7K-J6SR ORDONNANCE du 18 juin 2026 REQUÉRANT : M. LE PREFET DE [Localité 1] Sous couvert de l'Agence Régionale de Santé - [Etablissement 1] [Adresse 1] [Adresse 1] Non Comparant - Non Représenté PERSONNE HOSPITALISÉE : Monsieur [R] [U] né le 10 Septembre 1981 en ALGERIE Centre de détention de [Localité 2] [Localité 3] Comparant - Assisté de Me Sonia RODRIGUES PARTIE JOINTE : M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy, Non Comparant - Non Représenté (réquisitions écrites) Vu les articles L.3211-1 et suivants du Code de la santé publique ; Vu les articles L.3213-1 et suivants de ce même code ; ainsi que les articles L.3214-1 à L.3214-5 de ce même code ; Monsieur [R] [U] fait l'objet d'une hospitalisation à la demande du représentant de l'état au Centre Psychothérapique de [Localité 4] à [Localité 5] depuis le 9 juin 2026 ; Par requête en date du 15 juin 2026 , M. LE PREFET DE [Localité 1] a saisi le juge en charge des hospitalisations sans consentement sur le fondement de l'article L.3211-12-1 du Code de la santé publique pour contrôler l'hospitalisation de Monsieur [R] [U] ; Les parties à la procédure : Monsieur [R] [U], M. LE PREFET DE [Localité 1], Monsieur le Procureur de la République, Me Sonia RODRIGUES, avocate de la personne hospitalisée, ont été avisées de la date et des modalités de tenue de l'audience ; Vu le procès-verbal d'audience de ce jour duquel il résulte que l'audience s'est tenue publiquement au Centre Psychothérapique de [Localité 4] ; L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel décision 2010/70 du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité des personnes objets des soins, et des tiers auxquels elle pourrait porter atteinte. Il résulte de l’article L3214-3 du code de la santé publique qu’une personne détenue atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du représentant de l’Etat que si ses troubles mentaux : 1°Nécessitent des soins immédiats assortis d'une surveillance constante 2°Rendent impossible son consentement 3°Constituent un danger pour elle-même ou pour autrui En application de l’article L3216-1 du code la santé publique, le juge connaît des contestations à l’encontre des hospitalisations sans consentement. Il lui appartient ainsi de contrôler si le contenu des certificats médicaux caractérise les conditions posées par l’article L3214-3 du code de la santé publique. Le magistrat ne peut toutefois porter aucune appréciation d’ordre médical (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 27 septembre 2017, 16-22.544). Sur la régularité Sur le contrôle des délais L’article L3211-12-1 du code de la santé publique dispose que « I.-L'hospitalisation complète d'un patient ne peut se poursuivre sans que le magistrat du siège du tribunal judiciaire, préalablement saisi par le directeur de l'établissement lorsque l'hospitalisation a été prononcée en application du chapitre II du présent titre ou par le représentant de l'Etat dans le département lorsqu'elle a été prononcée en application du chapitre III du présent titre, de l'article L. 3214-3 du présent code ou de l'article 706-135 du code de procédure pénale, ait statué sur cette mesure : 1° Avant l'expiration d'un délai de douze jours à compter de l'admission prononcée en application des chapitres II ou III du présent titre ou de l'article L. 3214-3 du même code. Le juge est alors saisi dans un délai de huit jours à compter de cette admission ; V.-Lorsque le juge n'a pas statué avant l'expiration du délai de douze jours prévu aux 1° et 2° du I ou du délai de six mois prévu au 3° du même I, la mainlevée de la mesure d'hospitalisation complète est acquise à l'issue de chacun de ces délais. » Le délai de 12 jours se décompte depuis la date de l’arrêté pris en ce sens par le représentant de l’Etat (1ère Civ., 5 février 2014, pourvoi n° 11-28.564, Bull. 2014, I, n°20) et non depuis la prise en charge du patient dans un service d’urgence ou de soins (1ère Civ., 7 novembre 2019, pourvoi n°19-18.262,). Par analogie avec la mesure d’hospitalisation sans consentement intervenant sur décision du juge pénal, le délai dans lequel le magistrat doit statuer commence à courir à compter de la décision de la juridiction et non de la mise en œuvre de cette décision par le préfet (Civ. 1re, 8 juill. 2020, F-P+B, n° 19-18.839). Par ailleurs, en application de l’article R. 3211-25 du code de la santé publique, les délais courent à partir de la décision d’admission et ne sont pas prorogés les délais qui expirent un samedi, dimanche ou un jour férié ou chômé. En conséquence, le délai de douze jours dans lequel le magistrat doit statuer sur la poursuite d'une mesure de soins psychiatriques sans consentement se décompte depuis la date du prononcé de la décision d'admission. En l’espèce, par arrêté émis par le préfet de la MEUSE le 08 juin 2026, Monsieur [U] a été admis en soins sans consentement sur demande du représentant de l’état. En application des textes exposés, à compter des décisions prononçant l’admission, la saisine devait intervenir dans les 8 jours et le magistrat devait statuer dans les 12 jours. La saisine étant intervenue le 15 juin 2026, soit au huitième jour à compter de l’arrêté d’admission, celle-ci est régulière. Sur le fond En l’espèce, il résulte des certificats médicaux et de l’avis motivé rédigé le 15 juin 2026 par le docteur [Y] que Monsieur [U] a été admis dans un contexte de troubles du comportement avec risque de passage à l'acte auto agressif, symptômes dépressifs marqués avec idées suicidaires passives et hallucinations auditives. Au jour de la rédaction de l’avis motivé, il est relevé que le contact reste fuyant et inhibé : bizarreries de contact et soliloquies dont le contenu est peu compréhensible. Le patient présente un discours peu élaboré et une thymie basse, avec un émoussement affectif. S’il n’exprime pas de velléités suicidaires actives, il présente une perte d’élan vital et ses conduites instinctuelles et ses habiletés sociales restent perturbées. Il est évalué que la mesure reste nécessaire afin de stabiliser les troubles psychiques rendant le patient vulnérable pour sa propre sécurité et altérant ses facultés de consentir aux soins. Ces éléments démontrent que les troubles mentaux affectant Monsieur [U] nécessitent des soins immédiats assortis d'une surveillance constante, rendent impossible son consentement et constituent un danger pour lui-même ou pour autrui. Il résulte des éléments précédemment exposés que les conditions posées par l’article L3214-3 du code de la santé publique sont remplies. En conséquence, la poursuite de la mesure d’hospitalisation sans consentement sera autorisée.

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat ; Prononcée le 18 juin 2026 et signée par Philippe LAVAL, juge en charge des hospitalisations sans consentement. Fait à Nancy, le 18 juin 2026 Le juge Reçu copie intégrale le 18 Juin 2026 Monsieur [R] [U] Reçu copie intégrale le 18 Juin 2026 L'avocat Avis a été transmis à Monsieur le Procureur de la République et Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel à l'issue de l'audience : - à M. LE PREFET DE [Localité 1] ; - à Mme la directrice du centre hospitalier. Le greffier

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une hospitalisation sans consentement ?
C'est une mesure qui permet d'hospitaliser une personne atteinte de troubles mentaux sans son accord, lorsque sa santé ou celle d'autrui est en danger.
Quels sont les droits d'une personne hospitalisée sans son accord ?
La personne a le droit d'être informée de la procédure, d'être assistée par un avocat et de contester la décision devant un juge.
Comment se déroule une procédure d'hospitalisation sans consentement ?
La procédure commence par une demande du représentant de l'État, suivie d'une audience où le juge examine les certificats médicaux et les circonstances de l'hospitalisation.
Quelles sont les conditions pour maintenir une hospitalisation sans consentement ?
Les conditions incluent la nécessité de soins immédiats, l'impossibilité de consentir et le danger pour soi-même ou pour autrui.
Qui peut demander une hospitalisation sans consentement ?
La demande peut être faite par le préfet ou le directeur de l'établissement de santé, selon les circonstances.
Quels recours existe-t-il contre une hospitalisation sans consentement ?
La personne hospitalisée peut contester la décision devant le juge dans un délai de dix jours après notification de l'ordonnance.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.