Tribunal judiciaire, juge libertés détention, 18 juin 2026 — n° 26/02996
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conditions de prolongation de la rétention administrative d'un étranger en situation irrégulière ?
Principe retenu
La prolongation de la rétention administrative d'un étranger peut être décidée si les diligences de l'administration sont avancées et si l'individu ne dispose d'aucune garantie de représentation. La menace à l'ordre public peut également justifier cette prolongation.
Faits clés
- Monsieur [Z] [H] a été placé en rétention administrative suite à une interdiction définitive de territoire français.
- La rétention a été initialement ordonnée le 20 mai 2026 pour une durée de 26 jours.
- Monsieur [Z] [H] a contesté sa condamnation pour des faits liés aux stupéfiants.
- Il n'a pas respecté une précédente assignation à résidence.
- La Préfecture a demandé la prolongation de la rétention en raison de l'absence de documents et de garanties de représentation.
Articles cités
article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
article L. 141-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
Exposé du litige
COUR D'APPEL DE NÎMES
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NÎMES
MAGISTRAT DU SIEGE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES
Requête: N° RG 26/02996 - N° Portalis DBX2-W-B7K-LTCJ
ORDONNANCE DU 18 Juin 2026 SUR LA DEMANDE DE SECONDE PROLONGATION DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE
Nous, Elodie DUMAS, vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES, assistée de Alexandra LOPEZ, cadre greffière, siégeant publiquement conformément à l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
Vu les articles L. 742-1 à L. 743-25 et les articles R. 743-1 à R. 743-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Vu l'article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
En vertu de l'article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, une visio-conférence a été organisée entre le tribunal judiciaire de Nîmes et le centre de rétention de Nîmes pour la tenue de l'audience.
Les avis prévus par les articles R. 743-3 et R. 743-4 du CESEDA ayant été donnés par le greffier ;
Vu la requête reçue au greffe le 17 Juin 2026 à 11h11 enregistrée sous le numéro N° RG 26/02996 - N° Portalis DBX2-W-B7K-LTCJ présentée par Monsieur [N] [I] [M] concernant
Monsieur [Z] [H]
né le 01 Juin 1996 à [Localité 1]
de nationalité Egyptienne ;
Vu l'interdiction définitive de territoire français prononcée le 29/11/2024 par le tribunal correctionnel Marseille et notifiée le 29/11/2024 ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 20/05/2026 notifiée le même jour à 11h10 ;
Vu l'ordonnance du 25 mai 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES autorisant la prolongation de la mesure de rétention pour une durée de 26 jours et confirmée par ordonnance du Premier président de la Cour d’appel de NIMES le 27 mai 2026 ;
Attendu que Monsieur le Préfet requérant, régulièrement avisé, est représenté par le Cabinet CENTAURE AVOCATS du barreau de PARIS substitué par Maître Matthias GIMENEZ ;
Attendu que la personne concernée par la requête est assistée de Me Laurie LE SAGERE, avocat commis d'office, désigné par Madame le Bâtonnier du Barreau de NÎMES, qui a pris connaissance de la procédure et s'est entretenu librement avec son client ;
Attendu qu'en application de l'article L. 141-2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile la personne étrangère présentée a déclaré au début de la procédure comprendre et savoir lire la langue arabe et a donc été entendue avec l'assistance d'un interprète en cette langue, Monsieur [Y] [R]
- ayant préalablement prêté serment ;
- inscrit sur une des listes des experts de la Cour d'Appel
DEROULEMENT DES DEBATS
La personne étrangère déclare : je suis né le 1er août 1990 au [Localité 2]. J'ai une carte qui dit 1996 mais c'est un problème de transcription. Je suis fatigué psychologiquement de faire des rentrées et des sorties de détention. Je respecte le droit et j'attends ce qu'on va faire de moi, je suis ici.
Me [Q] [B] ne soulève aucune nullité de procédure ;
Sur le fond, le représentant de la Préfecture demande la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [Z] [H] : les diligences de l'administration sont bien avancées, une relance pour son identitifacation a été faite le 15/06 et transmis aux services compétents. Il ne dispose d'aucune garantie de repréentation, il n'est pas documenté, il a été assigné à résidence par le passé et n'a pas respecté l'assignation. Il représente une menace à l'ordre public car il a été condamné pour des stup.
La personne étrangère déclare : j'ai rien à faire ici, je peux attendre ici.
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DECISION
- sur le fond
Attendu que conformément à l’article L. 742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, un délai de vingt-six jours s'est écoulé depuis l'expiration du délai de 04 jours mentionné au I de l'article L. 741-1 ;
Attendu qu’il est établi, en l’espèce :
1° une urgence absolue ou une menace pour l'ordre public,
2° que l'impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ;
3° que la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou de l'absence de moyens de transport ;
4° que la mesure d'éloignement n'a pu être exécutée en raison d’une délivrance tardive des documents de voyage ;
en ce que Monsieur [Z] [H] ne disposait au moment de son interpellation d'aucun document d'identité ni d'aucun document de voyage et n'en a pas davantage communiqué depuis aux autorités administratives, de sorte qu'il est nécessaire de l'identifier formellement avant de pouvoir procéder à son éloignement effectif ; que l'administration justifie avoir accompli les diligences utiles et effectives en saisissant le consulat égyptien d'une demande d'identification, l'étranger déclarant être ressortissant de ce pays ; qu'une présentation consulaire s'est tenue le 9 juin 2026 et l'administration est dans l'attente d'un retour suite à la transmission de la demande d'identification aux autorités centrales en Egypte ;
que par ailleurs, Monsieur [Z] [H] ne justifie d'aucun hébergement ; qu'ainsi, ses garanties de représentation sont faibles ;
que la prolongation de la mesure demeure justifiée et nécessaire aux fins qu’il puisse être procédé effectivement à son éloignement.
qu’en conséquence, il sera fait droit à la requête préfectorale ;
PAR CES MOTIFS
DECLARONS la requête recevable ;
Dispositif
ORDONNONS pour une durée maximale de 30 jours commençant à l’expiration du délai de 26 jours précédemment accordé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire, le maintien dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire, de Monsieur [Z] [H]
né le 01 Juin 1996 à [Localité 1]
de nationalité Egyptienne
et DISONS que la mesure de rétention prendra fin à l’expiration d’un délai de 30 jours à compter du 19 juin 2026 ;
RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu’un espace permettant aux avocats de s’entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention de [Localité 3] ;
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d'être frappée d'appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d'être prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant s'il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l'appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d'Appel de Nîmes (mail : [Courriel 1])
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [Etablissement 1] demandeur et à Monsieur le Procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 6 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Fait à [Localité 3], en audience publique, le 18 Juin 2026 à
LE GREFFIER LA PRESIDENTE
Reçu notification le 18 Juin 2026 à
[N] L’INTÉRESSÉ L’AVOCAT L’INTERPRÈTE
Pris connaissance ce jour à heures
☐ de l’ordonnance de maintien en rétention de Monsieur [Z] [H]
☐ de l’ordonnance ayant assigné à résidence Monsieur [Z] [H]
☐ de l’ordonnance ayant mis fin à la rétention de Monsieur [Z] [H]
et déclare :
☐ Faire appel de la présente ordonnance assorti d’une demande d’effet suspensif devant Monsieur le Premier Président
☐ Ne pas faire appel de la présente ordonnance
Le Procureur de la République
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Monsieur [N] [I] [M]
le 18 Juin 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée au Centre de Rétention Administrative de [Localité 3];
le 18 Juin 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée par le Centre de Rétention Administrative de [Localité 3] au retenu, accompagnée du récépissé de notification ;
le 18 Juin 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Me [Q] [B] ;
le 18 Juin 2026 à par mail Le Greffier
PROCÈS VERBAL DES OPÉRATIONS TECHNIQUES
UTILISATION D’UN MOYEN DE TÉLÉCOMMUNICATION AU [Localité 4] D’UNE AUDIENCE TENUE EN MATIERE DE RETENION ADMINISTRATIVE
(art L743-7 du CESEDA)
Visio conférence tenue le 18 Juin 2026 entre le Tribunal Judiciaire de NIMES et le Centre de rétention de NIMES
dans la procédure suivie contre :
Monsieur [N] [I] DU [L] contre Monsieur [Z] [H]
Procès verbal établi par Alexandra LOPEZ greffier
La communication a été établie à
Les tests de vérification du caractère correct de la liaison ont été effectués
La communication a été interrompue à
☐ La liaison n’a pas été perturbée par un incident technique
☐ La liaison a été perturbée par l’incident technique suivant :
Fait à [Localité 3], le 18 Juin 2026
RÉCÉPISSÉ A REMPLIR PAR L’INTERMÉDIAIRE DU CRA DE [Localité 3]
Monsieur…
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure qui permet de maintenir un étranger en détention dans l'attente de son expulsion ou de la régularisation de sa situation.
Quels sont les motifs de prolongation de la rétention administrative ?
La prolongation peut être justifiée par des diligences administratives avancées ou par l'absence de garanties de représentation de l'individu.
Comment contester une décision de prolongation de rétention ?
Vous pouvez contester la décision en formant un appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel dans les 24 heures suivant la notification de la décision.
Quels sont mes droits pendant la rétention administrative ?
Vous avez le droit d'être assisté par un avocat, de contester la décision de rétention et d'être informé des motifs de votre détention.
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