Tribunal judiciaire, tprx, 15 juin 2026 — n° 25/12427
Synthèse de la décision
Question juridique
La banque est-elle tenue de rembourser un montant prélevé sur un compte bancaire sans autorisation de l'utilisateur ?
Principe retenu
En cas d'opération de paiement non autorisée signalée par l'utilisateur, le prestataire de services de paiement doit rembourser immédiatement le montant de l'opération non autorisée, sauf s'il a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de l'utilisateur.
Faits clés
- Madame [G] [S] [L] épouse [R] conteste trois opérations bancaires totalisant 720 €.
- Les opérations contestées ont été effectuées les 9 décembre 2022.
- La Banque Postale n'a pas comparu lors de l'audience.
- Madame [G] a saisi le médiateur de la consommation sans succès.
- La Banque Postale n'a pas prouvé la validation des transactions par un code sécurisé.
Articles cités
article L133-18 du code monétaire et financier
article 472 du code de procédure civile
Exposé du litige
EXPOSE DU LITIGE
Par requête reçue au greffe le 29 octobre 2025, Madame [G] [S] [L] épouse [R] a saisi le Tribunal de Proximité de Roubaix aux fins de voir condamner la SA BANQUE POSTALE à lui verser :
- la somme de 720 € indûment prélevée sur son compte bancaire.
A l’audience du 23 mars 2026, Madame [G] [S] [L] épouse [R] maintient ses demandes.
Elle expose contester trois opérations bancaires intervenues sur son compte courant pour un total de 720 € correspondant à trois achats effectués les 9 décembre 2022 à 20h19 (300 € en faveur de Western Union), 20h53 et 20h54 ( 2 fois 210 € en faveur de Taptap Send).
Elle justifie avoir saisi le médiateur de la consommation de la Banque postale qui a clôturé le dossier en l’absence de production des échanges de réclamation avec la Banque.
La SA BANQUE POSTALE, convoquée par lettre recommandée avec accusé de réception revenu signé, n’est ni présente ni représentée.
L’affaire a été mise en délibéré au 15 juin 2026.
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DECISION
Aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, le défendeur qui ne comparaît pas s’expose néanmoins à ce qu’un jugement soit rendu contre lui. Le juge ne fait droit à la demande que dans la mesure où il l’estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la demande de remboursement :
L’article L133-18 du code monétaire et financier dispose qu’en cas d'opération de paiement non autorisée signalée par l'utilisateur dans les conditions prévues à l'article L. 133-24, le prestataire de services de paiement du payeur rembourse au payeur le montant de l'opération non autorisée immédiatement après avoir pris connaissance de l'opération ou après en avoir été informé, et en tout état de cause au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant, sauf s'il a de bonnes raisons de soupçonner une fraude de l'utilisateur du service de paiement et s'il communique ces raisons par écrit à la Banque de France. Le cas échéant, le prestataire de services de paiement du payeur rétablit le compte débité dans l'état où il se serait trouvé si l'opération de paiement non autorisée n'avait pas eu lieu.
Lorsque l'opération de paiement non autorisée est initiée par l'intermédiaire d'un prestataire de services de paiement fournissant un service d'initiation de paiement, le prestataire de services de paiement gestionnaire du compte rembourse immédiatement, et en tout état de cause au plus tard à la fin du premier jour ouvrable suivant, au payeur le montant de l'opération non autorisée et, le cas échéant, rétablit le compte débité dans l'état où il se serait trouvé si l'opération de paiement non autorisée n'avait pas eu lieu. La date de valeur à laquelle le compte de paiement du payeur est crédité n'est pas postérieure à la date à laquelle il avait été débité.
En cas de manquement du prestataire de services de paiement aux obligations prévues aux deux premiers alinéas du présent article, les pénalités suivantes s'appliquent :
1° Les sommes dues produisent intérêt au taux légal majoré de cinq points ;
2° Au-delà de sept jours de retard, les sommes dues produisent intérêt au taux légal majoré de dix points ;
3° Au-delà de trente jours de retard, les sommes dues produisent intérêt au taux légal majoré de quinze points.
Si le prestataire de services de paiement qui a fourni le service d'initiation de paiement est responsable de l'opération de paiement non autorisée, il indemnise immédiatement le prestataire de services de paiement gestionnaire du compte, à sa demande, pour les pertes subies ou les sommes payées en raison du remboursement du payeur, y compris le montant de l'opération de paiement non autorisée.
En l’espèce, il résulte des documents produits par la demanderesse que les débits de compte ne sont pas contestés par la Banque postale aux terme des échanges par courrier, cette dernière affirmant que la transaction a été réalisée dans un cadre sécurisé.
Pour autant, la Banque postale ne rapporte pas la preuve de la validation de ces transactions par un code sécurisé.
Dans ces conditions, il sera fait droit à la demande de remboursement de Madame [G] [S] [L] épouse [R] avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision.
Sur les dépens
La SA BANQUE POSTALE qui succombe, sera condamné aux dépens.
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal de proximité, statuant par jugement par jugement réputé contradictoire, prononcé par mise à disposition au greffe, en dernier ressort
CONDAMNE la SA BANQUE POSTALE à payer à Madame [G] [S] [L] épouse [R] la somme de 720 € avec intérêts au taux légal à compter de la présente décision ;
RAPPELLE que la présente décision est assortie de l’exécution provisoire de droit ;
CONDAMNE la SA BANQUE POSTALE aux dépens ;
Ainsi jugé et prononcé par mise à disposition du jugement au greffe, le 15 juin 2026, les parties en ayant été préalablement avisées dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l’article 450 du code de procédure civile.
Dispositif
EN CONSÉQUENCE
La REPUBLIQUE FRANÇAISE mande et ordonne à tous les commissaires de justice, sur ce requis, de mettre ladite décision à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République prés les Tribunaux Judiciaires d’y tenir la main, à tous les commandants et officiers de la Force Publique de prêter main-forte, lorsqu'ils en seront légalement requis. En foi de quoi, la présente décision a été signée par le Président et le Greffier.
La greffière La vice-présidente
Questions fréquentes
Que faire si ma banque prélève de l'argent sans mon autorisation ?
Vous devez contester le prélèvement auprès de votre banque et demander un remboursement en signalant l'opération non autorisée.
Quels sont mes droits en cas de prélèvement non autorisé ?
Vous avez le droit d'être remboursé immédiatement par votre banque si vous signalez l'opération non autorisée.
La banque doit-elle prouver que j'ai autorisé un prélèvement ?
Oui, la banque doit prouver que vous avez validé l'opération, notamment par un code sécurisé.
Que se passe-t-il si la banque ne répond pas à ma réclamation ?
Si la banque ne répond pas, vous pouvez saisir un médiateur de la consommation ou engager une action en justice.
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