Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, service des référés, 19 juin 2026 — n° 26/52279

Ordonne de faire ou de ne pas faire quelque chose avec ou sans astreinte

Synthèse de la décision

Question juridique

Les demandeurs peuvent-ils obtenir la communication des vidéos capturées par un drone et obtenir réparation pour atteinte à leur vie privée ?

Principe retenu

Le droit à la vie privée est protégé par la loi, et toute atteinte à ce droit doit être justifiée par un motif légitime. En l'absence de justification, les demandes de communication de preuves et de réparation peuvent être déboutées.

Faits clés

  • Un drone a filmé à proximité de la chambre d'hôtel des demandeurs.
  • Les demandeurs ont reçu seulement 3 minutes 41 de rushs de vidéos.
  • Les demandeurs affirment que la société était responsable du drone.
  • Ils se prévalent d'une atteinte à leur vie privée et à leur intimité.
  • Les demandeurs ont assigné la société pour obtenir des informations sur le drone et son pilote.

Articles cités

article 11 du Code de procédure civile article 145 du Code de procédure civile article 9 du Code civil article 226-1 du Code pénal article L6232-2 du Code des transports article 4 du RGPD article 13 du RGPD article L124-3 du Code des assurances

Exposé du litige

TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 1] ■ N° RG 26/52279 - N° Portalis 352J-W-B7K-DCKG5 N° : 5 Assignation du : 24 Mars 2026 [1] [1] 2 Copies exécutoires délivrées le: ORDONNANCE DE RÉFÉRÉ rendue le 19 juin 2026 par Maïté FAURY, Première vice-présidente adjointe au Tribunal judiciaire de Paris, agissant par délégation du Président du Tribunal, Assistée de Carine DIDIER, Greffière. DEMANDEURS Monsieur [W] [L] [Adresse 1] [Localité 2] Madame [M] [P] épouse [L] [Adresse 1] [Localité 2] Agissant en leur nom personnel et en qualité de représentants légaux de leur fille [X] [L] [P] représentés par Maître Mathilde TERRÉ, avocate au barreau de PARIS - #G0069 DEFENDERESSE La S.A.S. [1] [Adresse 2] [Localité 3] représentée par la SCP SIKSOUS FRIEDMANN, prise en la personne de Maître Agathe DAVID, avocate au barreau de PARIS - #P0425 DÉBATS A l’audience du 22 Mai 2026, tenue publiquement, présidée par Maïté FAURY, Première vice-présidente adjointe, assistée de Carine DIDIER, Greffière, La société [1] exploite l’établissement “[2]”, membre du réseau [3], sis [Adresse 3]. Monsieur [W] [L] et Madame [M] [P] épouse [L] ont occupé avec leur fille mineure une chambre au sein de l’établissement “[2]” dans la soirée du 21 juin 2025. Par acte de commissaire de justice en daten du 24 mars 2026, Monsieur et Madame [L] agissant tant en leur nom personnel qu’au nom de leur enfant mineure [X] ont assigné la société [1] devant le président du tribunal judiciaire de Paris aux fins que celle-ci leur comunique sous astreinte de 100 euros par jour de retard: - l’ensemble des videos en sa possession capturés par le drone dans la nuit du 21 juin 2025 à proximité immédiate de l’hôtel, - l’identité du pilote de drone et les éléments permettant de vérifier que la société [1] avait vérifié que celui-ci avait toutes les autorisations et assurance nécessaires, - les éléments permettant de vérifier qu’elle a informé les demandeurs du traitement des images capturées par le drone, - l’identité de l’assureur garantissant la responsabilité civile professionnelle de la société [4]. Les demandeurs sollicitent également la condamnation de la défenderesse à leur verser la somme de 4.000 euros sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens. Lors de l’audience du 22 mai 2026, Monsieur et Madame [L] expliquent qu’au cours de la soirée du 21 juin 2025, un drone filmait à proximité immédiate de leur chambre d’hotel. Ils affirment que la société [1] était à l’origine de ce drone et que l’ensemble des videos ne leur a pas été communiqué puisque seuls 3 minutes 41 de rush leur ont été transmises pour des horaires différents de celui auquel Monsieur [L] a lui-même filmé le drone à proximité de sa chambre. Ils se prévalent de l’atteint à leur vie privée, à la jouissance paisible des lieux, à la protection de leur intimité ou encore de la violation de leurs données à caractère personnel. Les demandeurs font valoir l’article 11 et l’article 145 du Code de procédure civile ainsi que les articles 9 et 1231-1 du Code civil. Ils font également valoir l’article 226-1 du Code pénal et l’article L6232-2 du Code des transports à l’encontre du pilote. Ils se prévalent enfin des articles 4 et 13 du RGPD et de l’article L124-3 du Code des assurances. En réponse, la société [1] sollicite le débouté des demandeurs et leur condamnation au paiement de la somme de 5.000 euros sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens. A l’appui de ses prétentions, la société [1] conteste l’existence d’un motif légitime et rappelle que l’article 145 ne peut se confondre avec une enquête générale sur d’éventuelles responsabilités multiples. Elle précise que les demandeurs disposent déjà de nombreux éléments et sollicitent en réalité un ensemble très large d’informations s’analysant en une mesure exploratoire et disproportionnée. Elle ajoute avoir diffusé tous les rushs qu’elle poss…

Motivations de la décision

MOTIFS Aux termes de l’article 145 du code de procédure civile, s’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve de faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, les mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, sur requête ou en référé. L’application de ce texte suppose l’existence d’un motif légitime, c’est à dire un fait crédible et plausible, ne relevant pas de la simple hypothèse, qui présente un lien utile avec un litige potentiel futur dont l’objet et le fondement juridique sont suffisamment déterminés et dont la solution peut dépendre de la mesure d’instruction sollicitée, à condition que cette mesure ne porte pas une atteinte illégitime aux droits d’autrui. Elle doit être pertinente et utile. Selon jurisprudence constante, la mesure doit être légalement admissible c’est à dire circonscrite dans le temps et dans son objet et non une mesure d’investigation générale et proportionnée à l’objectif poursuivi. En l’espèce, les rushs versés aux débats démontrent que les prises de vue du drone ne laissent apparaître que des silhouettes qui se détachent dans l’obscurité au sein d’immeubles se détachant dans les lumières de [Localité 1] la nuit. Les silhouettes ne sont pas identifiables, pas davantage que les immeubles selon certaines prises. La video de Monsieur [L] filmant le drone à un autre horaire afin de démontrer l’existence d’autres rushs n’est pas déterminante, puisque celle-ci corrobore la longue distance séparant le drone de l’hotel et par conséquent l’absence d’identification des silhouettes éventuellement filmées. Enfin, Monsieur et Madame [L] ne justifient d’aucune diffusion ou tentative de diffusion de sorte que l’utilisation de ces images demeure purement hypothétique. Dans ces conditions, les demandeurs ne justifient d’aucun motif légitime à l’ensemble de leurs demandes et il convient de les débouter comme suit au présent dispositif. Conformément aux dispositions de l’article 696 du Code de procédure civile, Monsieur et Madame [L] qui succombent supporteront le poids des dépens. Il est équitable de condamner les demandeurs au paiement à la défenderesse de la somme de 1.500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. L’exécution provisoire est de droit.

Dispositif

PAR CES MOTIFS, Statuant par ordonnance de référé, mise à disposition au greffe, contradictoire et en premier ressort, Déboutons Monsieur [W] [L] et Madame [M] [L] en leur nom propre et en leur qualité de représentants légaux de leur fille mineure [X] de l’ensemble de leurs demandes; Condamons Monsieur [W] [L] et Madame [M] [L] en leur nom propre et en leur qualité de représentants légaux de leur fille mineure [X] aux dépens; Condamons Monsieur [W] [L] et Madame [M] [L] en leur nom propre et en leur qualité de représentants légaux de leur fille mineure [X] au paiement à la société [1] de la somme de 1. 500 euros (mille cinq cents euros) sur le fondement de l’article 700 du Code de procédure civile; Rappelons que l’exécution provisoire est de droit. Fait à [Localité 1] le 19 juin 2026 La Greffière, La Présidente, Carine DIDIER Maïté FAURY

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le droit à la vie privée ?
Le droit à la vie privée est un droit fondamental qui protège les individus contre les intrusions dans leur intimité et leur vie personnelle.
Comment prouver une atteinte à ma vie privée ?
Pour prouver une atteinte à votre vie privée, vous devez démontrer que des informations personnelles ont été collectées ou diffusées sans votre consentement.
Quels recours ai-je si un drone filme ma propriété ?
Vous pouvez demander la cessation de l'utilisation du drone, obtenir des preuves de l'atteinte à votre vie privée et éventuellement demander des dommages-intérêts.
La société peut-elle refuser de me donner les vidéos d'un drone ?
Oui, si elle justifie qu'il n'y a pas de motif légitime pour la communication de ces vidéos, elle peut refuser.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.