Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, jld, 19 juin 2026 — n° 26/00611

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions légales pour l'hospitalisation sous contrainte d'une personne atteinte de troubles mentaux ?

Principe retenu

Une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée sans son consentement que si ses troubles nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte à l'ordre public. Les certificats médicaux doivent justifier la nécessité de l'hospitalisation.

Faits clés

  • Monsieur [J] [R] a été admis en soins psychiatriques sous contrainte le 9 juin 2026.
  • L'hospitalisation a été ordonnée par arrêté préfectoral.
  • Des certificats médicaux ont été établis par des médecins de l'établissement d'accueil.
  • Monsieur [J] [R] a exprimé par écrit que sa présence à l'audience était inutile.
  • Le procureur de la République a émis un avis favorable à la poursuite de l'hospitalisation.

Articles cités

article L.3213-1 du code de la santé publique

Exposé du litige

EXPOSE DE LA DEMANDE ET DE LA PROCÉDURE : Monsieur [J] [R] a été admis en soins psychiatriques sous contrainte le 9 juin 2026 sur le fondement de l'article L. 3213-1 du code de la santé publique, suivant arrêté préfectoral du même jour à l'établissement psychiatrique du Var EPSYVAR de [Localité 4]. Le juge du tribunal judiciaire de TOULON est saisi par Monsieur le Préfet du Var du contrôle de la mesure à 12 jours. Figurent notamment au dossier les pièces médicales suivantes : - un certificat médical d'admission du 9 juin 2026, régulièrement établi par un médecin n'exerçant pas en tant que psychiatre au sein de l'établissement d'accueil, - un certificat médical des 24 heures du 10 juin 2026, régulièrement établi par un psychiatre de l'établissement d'accueil qui n'est pas le signataire du certificat d'admission, - un certificat médical des 72 heures du 12 juin 2026, régulièrement établi par un psychiatre de l'établissement d'accueil qui n'est pas le signataire du certificat d'admission et du certificat médical des 24 heures, - un avis médical motivé du 15 juin 2026, régulièrement établi par un psychiatre de l'établissement d'accueil, Monsieur le procureur de la République a émis un avis favorable à la poursuite de l'hospitalisation sous contrainte. Monsieur [J] [R] n’a pas comparu ayant indiqué par écrit que sa présence à l’audience était inutile s’agissant, selon lui, d’un programme de soins abusif et illégal. Le conseil de Monsieur [J] [R] s'en rapporte à la décision à intervenir. Les débats ont eu lieu en audience publique ;

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION : En application des articles L.3213-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être hospitalisée sans son consentement par arrêté préfectoral que si ses troubles mentaux nécessitent des soins et compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte, de façon grave, à l'ordre public. Il résulte des pièces versées à la procédure que Monsieur [J] [R] a présenté, au vu des certificats d'admission, des 24 heures et des 72 heures, des troubles nécessitant, au vu de la qualification régulièrement retenue par les décisions préfectorales, des soins et compromettant la sûreté des personnes ou portant une atteinte grave à l'ordre public. Le certificat des 72 heures a régulièrement proposé une prise en charge au regard de l'état de santé de Monsieur [J] [R] et de l'expression de ses troubles mentaux. L'avis médical motivé se prononce en faveur de la nécessité de poursuivre l'hospitalisation complète sous contrainte. Il décrit les troubles dont souffre Monsieur [J] [R], ainsi que les circonstances particulières qui rendent nécessaire la poursuite de l'hospitalisation complète au regard des conditions qui ont présidé à son admission en ce que le patient, connu de l'établissement pour avoir été hospitalisé sous contrainte le 16 février 2022 et bénéficié d'un programme de soins avant d'être détenu ; qu'il a été admis en hospitalisation complète à l'issue de l'exécution de sa peine afin de permettre une réévaluation de son état psychique ainsi que la mise en place d'un programme de soins adapté ; Monsieur [J] [R] se présente calme et correctement accessible ; le contact est possible mais le discours demeure toutefois marqué par des interprétations, une méfiance importante ainsi qu'une surestimation de la valeur de ses convictions personnelles ; il n'est pas retrouvé d'autres manifestations délirantes caractérisées ni de phénomènes hallucinatoires objectivables au cours de l'examen clinique actuel ; sur le plan thymique, il n'est pas observé de syndrome maniaque ou dépressif franc, néanmoins, il persiste une implication affective importante autour des idées exprimées ; depuis l'admission de Monsieur [J] [R], aucun trouble du comportement ni aucune transgression du cadre de soins n'ont été observés ; le patient reste par ailleurs dans le déni des troubles ayant motivé la mesure de soins ; l'adhésion aux traitements et à la prise en charge apparaît correcte mais demeure essentiellement passive ; dans ces conditions, l'état clinique nécessite la poursuite de l'hospitalisation complète afin de permettre la poursuite de l'évaluation psychiatrique, la consolidation de l'adhésion aux soins ainsi que l'élaboration d'un projet thérapeutique adapté. Il y a lieu de rappeler que l'office du juge se limite - pour l'appréciation du contenu des pièces médicales - à s'assurer qu'il répond aux exigences légales, ce qui est le cas en l'espèce. Il ne lui appartient pas de confronter le contenu des pièces médicales à sa propre appréciation du trouble psychiatrique, et donc de se substituer au médecin dans l'examen de l'état mental d'un patient. L'absence de stabilisation de l'état de santé de Monsieur [J] [R] est acquise à défaut de tout élément probant de nature à remettre en cause la teneur des certificats et avis médicaux transmis et suffisamment circonstanciés. La mesure de soins sous la forme d'une hospitalisation à temps plein en service spécialisé apparaît ainsi toujours nécessaire, adaptée et proportionnée à l'état de santé de Monsieur [J] [R]. Son maintien sera donc ordonné ; PAR CES MOTIFS Statuant par ordonnance contradictoire et en premier ressort, ORDONNONS la poursuite de l'hospitalisation complète de Monsieur [J] [R] ; DISONS que cette mesure emporte effet jusqu'à levée médicale ou décision médicale de placement sous soins ambulatoires sans consentement et, à défaut, jusqu'à un délai de six mois suivant le prononcé de cette décision. Rappelons que la présente ordonnance est immédiatement exécutoire de plein droit par application de l’article R3211-16 du code de la santé publique ; ADMETTONS M. [J] [R] au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire, mais rappelons que pour être définitivement accepté, le dossier de demande d’aide juridictionnelle devra impérativement être présenté conformément aux textes en vigueur ;

Dispositif

Laissons les dépens à la charge du Trésor Public. AINSI JUGE ET PUBLIQUEMENT PRONONCE LES JOUR MOIS ET AN QUE DESSUS ET ONT SIGNE A LA MINUTE LE PRÉSIDENT ET LE GREFFIER. LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, Copie conforme adressée par voie électronique (PLEX) à M. [J] [R] ce jour Copie conforme adressée par voie électronique (PLEX) au Conseil de M. [J] [R] ce jour Copie conforme adressée par voie électronique (PLEX) à M. [M] (AGENCE REGIONALE DE SANTE) ce jour Copie conforme transmise au parquet ce jour Le greffier Conformément aux articles 490, 931, 932, 933 du code de procédure civile et R3211-18 et suivants, vous avez le droit de faire appel de la présente ordonnance dans le délai de 10 jours à partir de sa notification, par une déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’appel d’[Localité 1] ( [Adresse 3] 1 - Télécopie : 04.42.33.81.32). Vous serez assisté(e) ou représenté(e) par un avocat. Cette déclaration, avec mention de la date et de l’heure, doit comporter vos nom , prénom, profession et domicile et désigner la décision dont il est fait appel et le cas échéant le nom et l’adresse de votre représentant devant la Cour ; elle doit être accompagnée d’une copie de la décision. COUR D’APPEL D’[Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE [Adresse 4] [Adresse 5] [Localité 5] Service du Juge des Libertés et de la Détention Tél : [XXXXXXXX01] mail : [Courriel 1] NOTIFICATION D’ORDONNANCE M. le Procureur de la République près le Tribunal judiciaire de [Localité 6] Requête N° RG 26/00611 - N° Portalis DB3E-W-B7K-N77H Monsieur le Procureur, J’ai l’honneur de vous notifier l’ordonnance rendue ce jour par le Juge des libertés et de la détention, concernant : M. [M] (AGENCE REGIONALE DE SANTE) et M. [J] [R]. Fait à [Localité 6] le 19 Juin 2026 Le greffier, Conformément aux articles 490, 931, 932, 933 du code de procédure civile et R3211-18 et suivants, vous avez le droit de faire appel de la présente ordonnance dans le délai de 10 jours à partir de sa notification, par une déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’appel d’[Localité 1] ( [Adresse 6] - Télécopie : 04.42.33.81.32). Vous serez assisté(e) ou représenté(e) par un avocat. Cette déclaration, avec mention de la date et de l’heure, doit comporter vos nom , prénom, profession et domicile et désigner la décision dont il est fait appel et le cas échéant le nom et l’adresse de votre représentant devant la Cour ; elle doit être accompagnée d’une copie de la décision. Pris connaissance le Le Procureur de la République COUR D’APPEL D’[Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Adresse 7] [Adresse 5] [Localité 5] Service du Juge des Libertés et de la Détention Tél : [XXXXXXXX01] mail : [Courriel 1] NOTIFICATION D’ORDONNANCE Le greffier du Juge des libertés et de la détention à M. [M] (AGENCE REGIONALE DE SANTE) Requête N° RG 26/00611 - N° Portalis DB3E-W-B7K-N77H Monsieur, Je vous prie de bien vouloir trouver en copie l’ordonnance rendue ce jour par le Juge des libertés et de la détention, concernant M. [J] [R]. Fait à [Localité 6] le 19 Juin 2026 Le greffier, Conformément aux articles 490, 931, 932, 933 du code de procédure civile et R3211-18 et suivants, vous avez le droit de faire appel de la présente ordonnance dans le délai de 10 jours à partir de sa notification, par une déclaration d’appel motivée transmise par tout moyen au greffe de la Cour d’appel d’[Localité 1] ( [Adresse 3] 1 - Télécopie : 04.42.33.81.32). Vous serez assisté(e) ou représenté(e) par un avocat.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une hospitalisation sous contrainte ?
L'hospitalisation sous contrainte est une mesure permettant d'admettre une personne atteinte de troubles mentaux en soins psychiatriques sans son consentement, lorsque sa condition nécessite des soins urgents et compromet la sécurité des personnes.
Quels sont les critères pour une hospitalisation sous contrainte ?
Les critères incluent la nécessité de soins pour des troubles mentaux qui compromettent la sûreté des personnes ou portent atteinte à l'ordre public, justifiés par des certificats médicaux.
Qui peut initier une hospitalisation sous contrainte ?
L'initiative peut venir du Préfet, sur la base d'avis médicaux, et doit être validée par un juge des libertés.
Comment un patient peut-il contester son hospitalisation ?
Le patient peut contester son hospitalisation en faisant appel de la décision dans un délai de 10 jours, en soumettant une déclaration d'appel motivée au greffe de la Cour d'appel.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.