Tribunal judiciaire, j.l.d., 21 juin 2026 — n° 26/02084
Synthèse de la décision
Question juridique
Dans quelles conditions peut-on prolonger une mesure de rétention administrative d'un étranger ?
Principe retenu
La prolongation de la rétention administrative d'un étranger est justifiée par l'impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement, notamment en cas d'obstruction volontaire de l'intéressé. L'administration doit démontrer avoir effectué toutes les diligences nécessaires pour assurer l'éloignement.
Faits clés
- Placement de [V] [F] en rétention administrative le 23 avril 2026
- Prolongation de la rétention pour 26 jours le 27 avril 2026
- Prolongation de la rétention pour 30 jours le 22 mai 2026
- Refus de [V] [F] d'embarquer sur deux vols de réacheminement
- Nouvelle date de vol prévue le 21 juillet 2026
Articles cités
article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L. 742-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L. 742-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L. 743-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L. 743-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L. 743-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L. 743-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L. 743-19 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L. 743-25 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article R. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Exposé du litige
COUR D'APPEL
de [Localité 1]
TRIBUNAL JUDICIAIRE
DE [Localité 1]
N° RG 26/02084 - N° Portalis DB2H-W-B7K-4KMB
ORDONNANCE STATUANT SUR UNE TROISIEME DEMANDE DE PROLONGATION D'UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE
Le 21 juin 2026 à 14 heures 40
Nous, Noémie MARCEL, Juge au tribunal judiciaire de LYON, assistée de Ingrid JENDRZEJAK, greffier.
Vu la loi n° 2025-796 du 11 août 2025 ;
Vu les articles L. 742-1 à L. 742-10 et notamment les articles L. 742-1, L. 742-2, L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, les articles L. 743-3 à L. 743-18 et notamment les articles L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, les articles L. 743-19, L. 743-20, L. 743-24, L. 743-25, et R. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ;
Vu la décision de placement en rétention de l'autorité administrative prise le 23 avril 2026 par PREFECTURE DE L’ISERE à l’encontre de [V] [F] ;
Vu l’ordonnance rendue le 27/04/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours ;
Vu l’ordonnance rendue le 22/05/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de trente jours ;
Vu la requête de l'autorité administrative en date du 20 Juin 2026 reçue et enregistrée le 20 Juin 2026 à 14 heures 54 (cf. timbre du greffe) tendant à la prolongation exceptionnelle de la rétention de [V] [F] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée supplémentaire de trente jours ;
Vu l'extrait individualisé du registre prévu à l'article L. 741-3 du CESEDA émargé par l'intéressé ;
PARTIES
LA PREFECTURE DE L’ISERE préalablement avisé, représenté par Maître Eddy PERRIN, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON,
[V] [F]
né le 25 Novembre 1986 à [Localité 2] (ALGERIE)
préalablement avisé,
actuellement maintenu, en rétention administrative
présent à l'audience, assisté de son conseil Me Marie HOUPPE, avocat au barreau de LYON, de permanence,
LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE n’est ni présent ni représenté,
DEROULEMENT DES DEBATS
A l'audience publique, le juge a procédé au rappel de l'identité des parties ;
Maître Eddy PERRIN, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON représentant le préfet a été entendu en sa plaidoirie ;
[V] [F] a été entendu en ses explications ;
Me Marie HOUPPE, avocat au barreau de LYON, avocat de [V] [F], a été entendu en sa plaidoirie ;
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DECISION
Attendu qu'une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d’une interdiction de retour de deux ans a été notifiée à [V] [F] le 09 février 2026 ;
Attendu que par décision en date du 23 avril 2026 notifiée le 23 avril 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [V] [F] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire à compter du 23 avril 2026;
Attendu que par décision en date du 27/04/2026, le juge du tribunal judiciaire de LYON a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [V] [F] pour une durée maximale de vingt-six jours ;
Attendu que par décision en date du 22/05/2026 le juge du tribunal judiciaire de LYON a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [V] [F] pour une durée maximale de trente jours ;
Attendu que, par requête en date du 20 Juin 2026, reçue le 20 Juin 2026, l'autorité administrative nous a saisi aux fins de voir ordonner la prolongation exceptionnelle de la rétention pour une durée de trente jours ;
RECEVABILITE DE LA REQUETE
Attendu que la requête de l'autorité administrative est motivée, datée, signée et accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles dont la copie du registre prévu à l'article L. 744-2 du CESEDA ;
REGULARITE DE LA PROCEDURE
Attendu qu’il ressort de l’examen des pièces jointes à la requête et des mentions figurant au registre prévu à l’article L. 744-2 du CESEDA que la personne retenue, pleinement informée de ses droits lors la notification de son placement, n’a cessé d’être placée en état de les faire valoir depuis son arrivée au lieu de rétention ;
PROLONGATION DE LA RETENTION
Attendu, en application des articles L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, L. 743-19, L. 743-25 et R. 743-1 du CESEDA, que la requête de l'autorité administrative en prolongation de la rétention de l'étranger est motivée par l'impossibilité d'exécuter la mesure d'éloignement résultant de l'obstruction volontaire faite à l'éloignement de l'intéressé ;
Qu’en l’espèce, Monsieur [F] a refusé d’embarquer sur deux vols de réacheminement prévus les 23/04/2026 et 9/06/2026; qu’il ressort des éléments du dossier qu’un nouveau vol est prévu le 21/07/2026; qu’il est dès lors démontré que l’administration a bien effectué l’ensemble des diligences afin d’assurer l’exécution la plus rapide possible de l’éloignement de l’intéressé et de limiter le temps de privation de liberté que constitue la mesure de rétention;
Attendu que la troisième prolongation de la rétention étant de nature à permettre l’exécution de la mesure d’éloignement, il convient, par conséquent, de faire droit à la requête en date du 20 Juin 2026 de LA PREFECTURE DE L’ISERE et de prolonger la rétention de [V] [F] pour une durée supplémentaire de trente jours ;
PAR CES MOTIFS
Statuant par mise à disposition au greffe, après débat en audience publique, en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire ;
DECLARONS la requête en prolongation de la rétention administrative de LA PREFECTURE DE L’ISERE à l'égard de [V] [F] recevable ;
DÉCLARONS la procédure diligentée à l'encontre de [V] [F] régulière ;
Dispositif
ORDONNONS LA PROLONGATION DE LA RÉTENTION de [V] [F] au centre de rétention de [Localité 1] pour une durée de trente jours supplémentaires ;
LE GREFFIER LE JUGE
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure qui permet de maintenir un étranger sur le territoire français en vue de son éloignement.
Comment se déroule la prolongation d'une rétention administrative ?
La prolongation nécessite une demande motivée de l'autorité administrative, qui doit prouver l'impossibilité d'exécuter l'éloignement.
Quels sont les droits d'un étranger en rétention ?
L'étranger a le droit d'être informé de ses droits et de contester la mesure devant le juge.
Que se passe-t-il si l'étranger refuse d'embarquer ?
Un refus d'embarquer peut justifier une prolongation de la rétention si l'administration démontre avoir pris toutes les mesures nécessaires pour l'éloigner.
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