Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, j.l.d., 21 juin 2026 — n° 26/02085

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de prolongation de la rétention administrative d'un étranger en France ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger peut être ordonnée si l'autorité administrative justifie de diligences effectuées pour l'exécution de la mesure d'éloignement. La durée maximale de la rétention ne doit pas excéder quatre-vingt-dix jours.

Faits clés

  • Placement en rétention administrative de [E] [D] [T] [Y] le 23 mai 2026
  • Obligation de quitter le territoire français notifiée le 10 août 2025
  • Prolongation de la rétention administrative demandée le 20 juin 2026
  • Diligences effectuées par les services préfectoraux depuis le 4 mai 2026
  • Prise d'empreinte de l'intéressé le 1er juin 2026

Articles cités

article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

COUR D'APPEL de [Localité 1] TRIBUNAL JUDICIAIRE DE [Localité 1] N° RG 26/02085 - N° Portalis DB2H-W-B7K-4KMC ORDONNANCE STATUANT SUR UNE SECONDE DEMANDE DE PROLONGATION D'UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE Le 21 juin 2026 à 14 heures 30 Nous, Noémie MARCEL, Juge au Tribunal judiciaire de LYON, assistée de Ingrid JENDRZEJAK, greffier. Vu les articles L. 742-1 à L. 742-10 et notamment les articles L. 742-1, L. 742-2, L. 742-4, L. 742-6, L. 742-7, les articles L. 743-3 à L. 743-18 et notamment les articles L. 743-4, L. 743-6, L. 743-7, L. 743-9, les articles L. 743-19, L. 743-20, L. 743-24, L. 743-25, et R. 743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA) ; Vu la décision de placement en rétention de l'autorité administrative prise le 23 mai 2026 par PREFECTURE DE L’ISERE à l’encontre de [E] [D] [T] [Y] ; Vu l’ordonnance rendue le 27/05/2026 par le juge du tribunal judiciaire de LYON prolongeant la rétention administrative pour une durée maximale de vingt-six jours ; Vu la requête de l'autorité administrative en date du 20 Juin 2026 reçue et enregistrée le 20 Juin 2026 à 14 heures 54 (cf. timbre du greffe) tendant à la prolongation de la rétention de [E] [D] [T] [Y] dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire pour une durée supplémentaire de trente jours ; Vu l'extrait individualisé du registre prévu à l'article L. 741-3 du CESEDA émargé par l'intéressé ; PARTIES PREFECTURE DE L’ISERE préalablement avisé, représenté par Maître Eddy PERRIN, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON, [E] [D] [T] [Y] né le 14 Février 1995 à [Localité 2] - CAMEROU préalablement avisé, actuellement maintenu, en rétention administrative, présent à l'audience, assisté de son conseil Me Camille DACHARY, avocat au barreau de LYON, de permanence, LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE n’est ni présent ni représenté, DEROULEMENT DES DEBATS A l'audience publique, le juge a procédé au rappel de l'identité des parties ; Maître Eddy PERRIN, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON représentant le préfet a été entendu en sa plaidoirie ; [E] [D] [T] [Y] a été entendu en ses explications ; Me Camille DACHARY, avocat au barreau de LYON, avocat de [E] [D] [T] [Y], a été entendu en sa plaidoirie ;

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Attendu qu'une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d’une interdiction de retour d’un an a été notifiée à [E] [D] [T] [Y] le 10 août 2025 ; Attendu que par décision en date du 23 mai 2026 notifiée le 23 mai 2026, l'autorité administrative a ordonné le placement de [E] [D] [T] [Y] en rétention dans les locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire à compter du 23 mai 2026; Attendu que par décision en date du 27/05/2026, le juge de [Localité 1] a ordonné la prolongation de la rétention administrative de [E] [D] [T] [Y] pour une durée maximale de vingt-six jours ; Attendu que, par requête en date du 20 Juin 2026 , reçue le 20 Juin 2026, l'autorité administrative nous a saisi aux fins de voir ordonner la prolongation de la rétention pour une durée de trente jours ; RECEVABILITE DE LA REQUETE  Attendu que la requête de l'autorité administrative est motivée, datée, signée et accompagnée de toutes les pièces justificatives utiles dont la copie du registre prévu à l'article L. 744-2 du CESEDA ; REGULARITE DE LA PROCEDURE  Attendu qu'en application de l’article L. 743-11 du CESEDA, à peine d’irrecevabilité prononcée d’office, aucune irrégularité antérieure à l’audience relative à la première prolongation de la rétention ne peut être soulevée lors de l’audience relative à la seconde prolongation ; Attendu qu’il ressort de l’examen des pièces jointes à la requête et des mentions figurant au registre prévu à l’article L. 744-2 du CESEDA que la personne retenue, pleinement informée de ses droits lors la notification de son placement, n’a cessé d’être placée en état de les faire valoir depuis son arrivée au lieu de rétention ; PROLONGATION DE LA RETENTION Attendu qu’aux termes de l’article L741-3 du CESEDA Un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet. Attendu qu’aux termes de l’article L742-4 du CESEDA, le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ;b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours. La prolongation de la rétention peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours. Qu’en l’espèce, il ressort des élements du dossiers que les services préfectoraux justifient de diligences effectuées dès le 4/05/2026 par l’envoi d’une demande de délivrance d’un laissez-passer consulaire au profit de Monsieur [T] [Y] via le consulat du Cameroun à [Localité 3] suivie d’une demande de relance par courriel du 18 mai 2024; que depuis la première prolongation prononcée par ordonnance de la Cour d’appel de [Localité 1] du 29 mai 2026, l’administration justifie avoir procédé à la prise d’empreinte de l’intéressé le 1 juin 2026, à l’envoi de l’original des empreintes le 8 juin 2026 puis avoir relancé les autorités consulaires par courriel du 15 juin 2026; qu’ainsi le défaut de délivrance des documents de voyage n’est pas imputable à l’autorité préfectorale qui justifie de ses diligences ; qu’en raison de ce défaut de délivrance, la décision d’éloignement exécutoire à l’encontre de Monsieur [T] [Y] n’a pu être exécutée; Attendu que la seconde prolongation de la rétention étant de nature à permettre l’exécution de la mesure d’éloignement, il convient, par conséquent, de faire droit à la requête en date du 20 Juin 2026 de PREFECTURE DE L’ISERE et de prolonger la rétention de [E] [D] [T] [Y] pour une durée supplémentaire de trente jours ; PAR CES MOTIFS Statuant par mise à disposition au greffe, après débat en audience publique, en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire ; DECLARONS la requête en prolongation de la rétention administrative du préfet du PREFECTURE DE L’ISERE à l'égard de [E] [D] [T] [Y] recevable ; DÉCLARONS la procédure diligentée à l'encontre de [E] [D] [T] [Y] régulière ;

Dispositif

ORDONNONS LA PROLONGATION DE LA RÉTENTION de [E] [D] [T] [Y] au centre de rétention de [Localité 1] pour une durée de trente jours supplémentaires ; LE GREFFIER LE JUGE

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure permettant de maintenir un étranger en vue de son éloignement du territoire français.
Quels sont les motifs de prolongation de la rétention ?
La prolongation peut être justifiée par des diligences administratives en cours pour l'exécution de la mesure d'éloignement.
Combien de temps peut durer la rétention administrative ?
La durée maximale de la rétention administrative ne doit pas excéder quatre-vingt-dix jours, incluant les prolongations.
Comment se déroule une audience pour prolongation de rétention ?
L'audience permet aux parties de présenter leurs arguments, après quoi le juge décide de la recevabilité et de la régularité de la procédure.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.