Tribunal judiciaire, j.l.d., 22 juin 2026 — n° 26/02101
Synthèse de la décision
Question juridique
Le refus de prolongation du maintien en zone d'attente est-il justifié en raison d'une irrégularité dans la notification des droits de l'étranger ?
Principe retenu
La notification des droits d'un étranger lors d'un refus d'entrée doit être conforme aux dispositions légales. Une irrégularité dans cette notification, notamment l'absence de mention du droit au jour franc, entraîne la nullité de la procédure de placement en rétention.
Faits clés
- Refus d'entrée sur le territoire national de [B] [U] le 18 juin 2026 à l'aéroport de [Localité 5]
- Notification des droits effectuée avec mention d'un réacheminement immédiat
- Absence de mention du droit au jour franc en vertu de l'article L 333-2 du CESEDA
- Demande de prolongation du maintien en zone d'attente formulée le 21 juin 2026
- Irrégularité soulevée par le conseil de [B] [U] concernant la notification des droits
Articles cités
article L 333-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Motivations de la décision
Attendu que le Conseil de [B] [U] soulève par conclusions écrites soutenues oralement à l’audience une irrégularité de la notification des droits relatifs au refus d’entrée sur le territoire national en ce que le formulaire pré-rempli par l’agent de police faisait état de de son réacheminement et de l’absence de bénéfice du froit au jour franc en vertu de l’article L 333-2 du CESEDA en référence à la frontière terrestre ; que cette irrégularité a nécessairement fait grief à sa cliente et entraîne ipso facto la nullité de la procédure de placement en rétention et qu’il ne peut y avoir lieu à son maintien en zone d’attente ;
Attendu que le Conseil de M. le COMMISSAIRE DE LA POLICE AUX FRONTIERES fait valoir que le formulaire rempli par le fonctionnaire est entâché d’une erreur de plume qui n’a en rien fait grief à l’intéressée qui a été en mesure de formaliser, dès le 19 juin 2026, une demande d’asile ;
Attendu qu’il résulte des dispositions de l’article L 333-2 du CESEDA que: “L’étranger peut refuser d’être rapatrié avant l’expiration du délai d’un jour franc.
.../...
Le présent article n’est pas applicable aux refus d’entrée notifiés à la frontière terrestre de la France” ;
Attendu en l’espèce, que [B] [U] en provenance d’[Localité 4], le 18 juin 2026 à 18 heures 40 s’est vue refuser le droit d’entrer sur le territoire national, ses droits lui ayant été notifiés, avec la mention de son réacheminement dès que possible sans qu’elle ne puisse bénéficier en vertu de l’article L 333-2 du CESEDA, en frontière terrestre, du droit au jour franc ;
Attendu qu’il est toutefois incontestable que le refus opposé à [B] [U] d’entrer sur le territoire national est intervenu à l’aéroport de [Localité 5] qui ne constitue pas une frontière terrestre mais un point de passage frontalier aérien pour lequel le droit de refuser d’être rapatrié avant l’expiration du délai d’un jour franc en application de l’article L333-2 du CESEDA trouve sa pleine application ; qu’il ne peut être considéré qu’il s’agisse d’une erreur “de plume” en ce que ce formulaire de notification des droits a été rempli par un major de police nécessairement aguerri par ces procédures ;
Attendu que cette absence de notification du droit à un jour franc porte nécessairement grief à l’intéressée, cette irrégularité entraînant la nullité de la procédure de placement en rétention sans qu’il y ait lieu d’examen les autres moyens soulevés ;
Qu’en conséquence, il ne sera pas fait droit à la demande de prolongation du maintien en zone d’attente de [B] [U] ;
Dispositif
PAR CES MOTIFS
Statuant par mise à disposition au greffe, après débat en audience publique, en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire ;
REFUSONS la prolongation à titre exceptionnel du maintien de l’aéroport de [Localité 6] de [B] [U],
Informons l’intéressé(e) que cette décision est notifiée au Procureur de la République et qu’à cette fin, il est maintenu à la disposition de la justice pendant un délai de 6 heures à compter de la notification. L’appel formée par le Procureur de la République est suspensif
LE GREFFIER LE JUGE
NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE
AUX PARTIES
NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par courriel avec accusé de réception à l’avocat du retenu et à l’avocat du commissaire de police de la police aux frontières ( Maître Cherryne RENAUD AKNI, avocat au barreau de LYON, substituant Maître Jean-Paul TOMASI, avocat au barreau de LYON)
NOTIFIONS la présente ordonnance à la PAF de [Localité 7] par courriel avec accusé de réception pour notification à [B] [U], lequel est informé de la possibilité de faire appel, devant le Premier Président de la cour d’appel ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt-quatre heures de sa notification ; lui notifions aussi que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par télécopie n° 04.72.40.89.56) au greffe de la cour d’appel de [Localité 1], et que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par le Premier président de la cour d’appel ou son délégué.
Disons qu’un procès-verbal de notification sera établi à cet effet par les services de police, et nous sera retourné sans délai.
Information est donnée à [B] [U] qu'il est maintenu à disposition de la justice pendant un délai de six heures à compter de la notification de la présente ordonnance au procureur de la République , lorsqu'il est mis fin à son maintien en zone d’attente, conformément à la décision du Conseil Constitutionnel rendue le 12 septembre 2025.
LE GREFFIER
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le maintien en zone d'attente ?
Le maintien en zone d'attente est une mesure administrative qui permet de retenir un étranger à un point de passage frontalier pendant l'examen de sa situation.
Quels sont les droits d'un étranger lors d'un refus d'entrée ?
Un étranger a le droit d'être informé de ses droits, y compris le droit au jour franc, qui lui permet de ne pas être rapatrié immédiatement.
Comment contester un refus de prolongation de maintien en zone d'attente ?
La contestation peut être faite par voie d'appel devant le Premier Président de la cour d'appel dans les 24 heures suivant la notification de la décision.
Quelles sont les conséquences d'une irrégularité dans la notification des droits ?
Une irrégularité dans la notification des droits peut entraîner la nullité de la procédure de placement en rétention et le refus de prolongation du maintien en zone d'attente.
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