Tribunal judiciaire, 4ème chambre, 22 juin 2026 — n° 26/02348
Synthèse de la décision
Question juridique
Madame [G] [J], gérante de l’entreprise ASFALT, est-elle responsable des désordres survenus suite aux travaux réalisés pour les époux [A] ?
Principe retenu
La responsabilité contractuelle peut être engagée en cas d'inexécution d'un contrat. Toutefois, pour établir cette responsabilité, il est nécessaire de prouver que les désordres sont directement imputables à l'exécution défaillante des travaux.
Faits clés
- Les époux [A] ont confié à l'entreprise ASFALT l'aménagement des abords de leur villa pour un montant de 9.613,89 euros.
- Un constat de commissaire de justice a été réalisé, établissant des défauts sur la voie d'accès à la villa.
- L'entreprise ASFALT a contesté sa responsabilité, évoquant un problème en sous-oeuvre.
- Madame [J] a été citée en tant que gérante, mais il a été établi qu'elle exerçait en tant qu'entrepreneur individuel.
- Les époux [A] ont assigné Madame [J] pour obtenir réparation des préjudices subis.
Articles cités
article 1217 du code civil
article 472 du code de procédure civile
article 696 du code de procédure civile
Exposé du litige
EXPOSE DU LITIGE
Par acte du 7 mars 2025, Madame [X] [W] épouse [A] et Monsieur [U] [A] ont assigné devant le tribunal de céans Madame [G] [J], en qualité de gérante de la société ASFALT, sur le fondement de l’article 1217 du code civil.
Ils demandent au tribunal de :
- juger que Madame [G] [J], gérante de l’entreprise ASFALT, n’a pas exécuté son engagement
- juger que les époux [Y] ont subi de nombreux désordres suite aux travaux réalisés par Madame [G] [J], gérante de l’entreprise ASFALT
A titre principal
- condamner Madame [G] [J], gérante de l’entreprise ASFALT, à payer aux époux [A] la somme de 36.288 € au titre du préjudice matériel subi, afin qu’ils puissent réaliser les travaux nécessaires
A titre subsidiaire
- condamner Madame [G] [J], gérante de l’entreprise ASFALT, à leur payer la somme de 9.613, 89 € au titre du préjudice matériel subi, qui correspondant à la somme versée par les époux [A] à la société ASFALT
En tout état de cause
- condamner Madame [G] [J], gérante de l’entreprise ASFALT, à payer aux époux [A] la somme de 2.000 € pour résistance abusive
- condamner Madame [G] [J], gérante de l’entreprise ASFALT, à payer aux époux [A] la somme de 1.800 € au titre de l’article 700 du code de procédure civile ainsi qu’aux entiers dépens.
Par ordonnance en date du 7 avril 2026, l’affaire a été radiée pour défait de diligence des demandeurs, ceux-ci n’ayant pas produit l’extrait Kbis de l’entreprise individuelle ASFALT sollicité.
Suite à la production de la pièce demandée, l’affaire a été rétablie au rôle.
La clôture a été fixée au 24 avril 2026.
L’affaire a été retenue à l’audience de plaidoirie du 27 avril 2026 et mise en délibéré au 22 juin 2026.
Madame [J], régulièrement citée à étude, n’a pas constitué avocat.
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DÉCISION
Sur l'absence de défendeur constitué
En application de l'article 472 du code de procédure civile, lorsque le défendeur ne comparaît pas, il est néanmoins statué sur le fond. Le juge ne fait droit à la demande que s'il l'estime régulière, recevable et bien fondée.
Sur la qualité de gérante de Madame [J]
Il y a lieu d’observer que les époux [A] formulent leurs demandes à l’encontre de “Madame [G] [J], gérante de l’entreprise ASFALT”.
Toutefois, il ressort de l’extrait INSEE concernant l’entreprise ASFALT qu’il s’agit d’une entreprise individuelle. De ce fait, Madame [J] ne peut avoir la qualité de gérante.
La responsabilité de celle-ci sera donc recherchée en sa qualité d’entrepreneur individuel.
Sur la responsabilité contractuelle
L’article 1217 du code civil dispose que :
“La partie envers laquelle l'engagement n'a pas été exécuté, ou l'a été imparfaitement, peut :
- refuser d'exécuter ou suspendre l'exécution de sa propre obligation ;
- poursuivre l'exécution forcée en nature de l'obligation ;
- obtenir une réduction du prix ;
- provoquer la résolution du contrat ;
- demander réparation des conséquences de l'inexécution.
Les sanctions qui ne sont pas incompatibles peuvent être cumulées ; des dommages et intérêts peuvent toujours s'y ajouter”.
En l’espèce, suivant devis du 13 juin 2020 et facture du 16 novembre 2020, les époux [Y] ont confié à l’entreprise ASFALT l’aménagement des abords de leur villa moyennant la somme de 9.613, 89 euros TTC.
Afin d’établir la mauvaise réalisation de l’enrobé, les demandeurs versent au débat un constat de commissaire de justice en date du 24 avril 2024.
Si cette pièce établit la présence de bosses et de creux sur la voie d’accès à la villa, elle ne permet pas d’en imputer la responsabilité à l’entreprise ASFALT dans la mesure où elle a été établie de façon non contradictoire, près de 3 ans et demi après les travaux réalisés par la dite entreprise.
Par ailleurs, dans son courrier en date du 10 juin 2024, l’entreprise ASFALT affirme n’avoir pas refusé de reprendre l’affaissement mais ne reconnaît pas explicitement sa responsabilité puisqu’elle relève que celui-ci “semble malgré tout provenir d’un problème en sous oeuvre (fuite d’eau ou autre désagrément)”.
Au regard de ces éléments, il n’y pas lieu de retenir la responsabilité de Madame [J], entrepreneur individuel exerçant sous l’enseigne ASFALT.
Les demandes des époux [A] seront donc rejetées.
Sur les demandes accessoires
Conformément à l’article 696 du code de procédure civile, les époux [A], succombants, conserveront la charge de leurs dépens.
Par ailleurs, rien ne justifie d’écarter l’exécution provisoire de droit. Son principe sera rappelé.
Dispositif
PAR CES MOTIFS
Le Tribunal, statuant publiquement, par jugement réputé contradictoire, en premier ressort, mis à la disposition des parties au greffe,
DÉBOUTE Madame [X] [W] épouse [A] et Monsieur [U] [A] de l’intégralité de leurs demandes ;
DIT que Madame [X] [W] épouse [A] et Monsieur [U] [A] conserveront la charge de leurs dépens ;
DIT n’y avoir lieu à écarter l’exécution provisoire.
AINSI JUGÉ ET PRONONCÉ PAR MISE À DISPOSITION AU GREFFE LES JOUR, MOIS ET AN SUSDITS,
LA GREFFIÈRE LA PRÉSIDENTE
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la responsabilité contractuelle ?
La responsabilité contractuelle est l'obligation pour une partie de réparer le préjudice causé à l'autre partie en raison d'une inexécution ou d'une mauvaise exécution d'un contrat.
Comment prouver que les travaux étaient mal réalisés ?
Il est nécessaire de fournir des preuves tangibles, comme des constats d'experts ou des rapports de commissaires de justice, qui démontrent les défauts et leur lien avec les travaux effectués.
Que faire si l'entrepreneur refuse de reconnaître sa responsabilité ?
Vous pouvez engager une procédure judiciaire pour faire valoir vos droits et demander réparation, en vous appuyant sur les preuves que vous avez collectées.
Quels sont les délais pour agir en justice en cas de litige sur des travaux ?
En général, le délai pour agir en responsabilité contractuelle est de cinq ans à compter de la découverte du dommage, mais il est conseillé de consulter un avocat pour des conseils spécifiques.
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