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Tribunal judiciaire, jld, 22 juin 2026 — n° 26/00626

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions légales pour maintenir une hospitalisation sans consentement en cas de péril imminent ?

Principe retenu

L'hospitalisation sans consentement d'une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe de nécessité de l'entrave à la liberté individuelle. Les conditions pour une telle hospitalisation sont définies par l'article L3212-1 du Code de la santé publique, qui stipule que l'état mental du patient doit rendre impossible son consentement et nécessiter des soins immédiats.

Faits clés

  • Monsieur [R] [O] est hospitalisé pour péril imminent depuis le 12 juin 2026.
  • Une requête a été déposée par la directrice de l'établissement pour contrôler l'hospitalisation.
  • Les certificats médicaux indiquent des idées suicidaires et un discours centré sur des idées de ruine.
  • L'hospitalisation est jugée indispensable pour la prise en charge thérapeutique du patient.
  • L'audience s'est tenue publiquement au Centre Psychothérapique de [Localité 6].

Articles cités

article L.3211-12-1 du Code de la santé publique article L.3212-1 du Code de la santé publique article L.3216-1 du Code de la santé publique

Motivations de la décision

Cour d'Appel de nancy Tribunal Judiciaire de Nancy Juge Philippe LAVAL hospitalisation pour péril imminent Procédure de contrôle ordinaire d'une hospitalisation complete (L3211-12-1 C.S.P) ORDONNANCE de MAINTIEN de la mesure d'hospitalisation complète N° RG 26/00626 - N° Portalis DBZE-W-B7K-J6VY ORDONNANCE du 22 juin 2026 REQUÉRANT : Mme LA DIRECTRICE DU [Localité 1] [Localité 2] [Adresse 1] [Adresse 1] [Localité 3] Non Comparante - Non Représentée PERSONNE HOSPITALISÉE : Monsieur [R] [O] né le 31 Décembre 1971 à [Localité 4] (VOSGES) [Adresse 2] [Localité 5] Comparant - Assisté de Me Maud-vanna MARTEL PARTIE JOINTE : M. le procureur de la République près le Tribunal Judiciaire de Nancy, Non Comparant - Non Représenté (réquisitions écrites) Vu les articles L.3211-12-1 et suivants du Code de la santé publique ; Vu les articles L.3212-1 et suivants du Code de la santé publique ; Monsieur [R] [O] fait l'objet d'une hospitalisation pour péril imminent au Centre Psychothérapique de [Localité 6] à [Localité 2] depuis le 12 juin 2026 ; Par requête en date du 18 juin 2026, Mme LA DIRECTRICE DU [Localité 1] [Localité 2] a saisi le juge en charge des hospitalisations sans consentement sur le fondement de l'article L.3211-12-1 du Code de la santé publique pour contrôler l'hospitalisation de Monsieur [R] [O] ; Les parties à la procédure : Monsieur [R] [O], Mme LA DIRECTRICE DU [Localité 1] [Localité 2], Monsieur le Procureur de la République, Me Maud-vanna MARTEL, avocate de la personne hospitalisée, ont été avisées de la date et des modalités de tenue de l'audience ; Vu le procès-verbal d'audience de ce jour duquel il résulte que l'audience s'est tenue publiquement au Centre Psychothérapique de [Localité 6] ; L’hospitalisation sans son consentement d’une personne atteinte de troubles mentaux doit respecter le principe, résultant de l’article 66 de la constitution, selon lequel la liberté individuelle ne saurait être entravée par une rigueur qui ne soit pas nécessaire (Conseil Constitutionnel décision 2010/70 du 26 novembre 2010). La protection de la liberté individuelle peut notamment trouver sa limite dans la protection de la sécurité des personnes objets des soins, et des tiers auxquels elle pourrait porter atteinte. L’article L3212-1 du code de la santé publique dispose qu’une personne atteinte de troubles mentaux ne peut être admise en soins psychiatriques sans son consentement sur la décision du directeur d’un établissement psychiatrique que si : 1° Ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; 2° Son état mental impose des soins immédiats assortis soit d'une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d'une surveillance médicale régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2° du I de l'article L. 3211-2-1. En application de l’article L3216-1 du code de la santé publique, le juge connaît des contestations à l’encontre des hospitalisations sans consentement. Il lui appartient ainsi de contrôler si le contenu des certificats médicaux caractérise les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique. Le magistrat ne peut toutefois porter aucune appréciation d’ordre médical (Cour de cassation, civile, Chambre civile 1, 27 septembre 2017, 16-22.544). Il résulte de l’article L3212-1 du code de la santé publique qu’en procédure d’admission en raison d’un péril imminent, les certificats de vingt-quatre heures et de soixante-douze heures, rédigés au cours de la période d'observation et de soins, doivent être établis par deux psychiatres distincts. En l’espèce, il résulte des certificats médicaux et de l’avis motivé rédigé le 18 juin 2026 par le docteur [D] que Monsieur [O], initialement hospitalisé dans un contexte de passage à l’acte suicidaire par phlébotomie, a été admis suite à une réitération d'idées suicidaires et une absence de confiance dans les soins proposés. Au jour de la rédaction de l’avis motivé, il est relevé que le patient est ralenti et présente un discours pauvre centré sur des idées de ruine et d’incurabilité. La thymie reste effondrée et le patient présente des idées suicidaires actives contenues par le cadre de l’hospitalisation. Il est souligné que le patient reste inaccessible à la critique de ses troubles et reste focalisé sur sa situation financière. Il est évalué que la mesure reste indispensable poursuite de la prise en charge thérapeutique et sécurisation du patient. Ces éléments démontrent que les troubles mentaux affectant Monsieur [O] rendent impossible son consentement et que son état mental impose des soins immédiats assortis d'une surveillance médicale constante ou régulière. Il résulte des éléments précédemment exposés que les conditions posées par l’article L3212-1 du code de la santé publique sont remplies. En conséquence, la poursuite de l’hospitalisation sans consentement sera autorisée. PAR CES MOTIFS Statuant publiquement, contradictoirement et en premier ressort : MAINTENONS la mesure d'hospitalisation pour péril imminent dont fait l'objet Monsieur [R] [O] au Centre Psychothérapique de [Localité 6] à [Localité 2] ; RAPPELONS que la présente ordonnance est exécutoire par provision, sous réserve de l'appel du ministère public, lui seul pouvant être déclaré suspensif par le premier président de la Cour d'Appel (référé hospitalisation); qu'elle est susceptible d'appel par les seules parties à l'instance dans un délai de dix jours à compter de sa notification ; que l'appel doit être formé par déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe de la cour d'appel de Nancy ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'Etat ; Prononcée le 22 juin 2026 et signée par Philippe LAVAL, juge en charge des hospitalisations sans consentement. Fait à Nancy, le 22 juin 2026 Le juge Reçu copie intégrale le 22 Juin 2026 Monsieur [R] [O] Reçu copie intégrale le 22 Juin 2026 L'avocate Avis a été transmis à Monsieur le Procureur de la République et Copie de la présente ordonnance a été transmise par courriel à l'issue de l'audience : - à Mme LA DIRECTRICE DU [Localité 1] [Localité 2]. Le greffier

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une hospitalisation sans consentement ?
C'est une mesure qui permet d'admettre une personne en soins psychiatriques sans son accord, lorsque son état mental nécessite des soins immédiats.
Quels sont les critères pour une hospitalisation sans consentement ?
Les critères incluent l'impossibilité de consentement du patient et la nécessité de soins immédiats, justifiés par des certificats médicaux.
Comment se déroule une audience pour une hospitalisation sans consentement ?
L'audience se tient publiquement, et les parties sont avisées des modalités. Le juge examine les certificats médicaux et les circonstances de l'hospitalisation.
Quels recours existe-t-il contre une décision d'hospitalisation ?
Les parties peuvent faire appel de la décision dans un délai de dix jours, en transmettant une déclaration motivée au greffe de la cour d'appel.

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