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Tribunal judiciaire, 3.1 chb sociale du tass, 16 juin 2026 — n° 25/00487

Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs sans accorder de délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

La contrainte émise par l'URSSAF pour le paiement des cotisations sociales est-elle valide ?

Principe retenu

La contrainte émise par l'URSSAF pour le recouvrement des cotisations sociales est valide si elle respecte les conditions légales de notification et de montant dû. Les cotisations doivent être payées dans les délais impartis, sous peine de majorations de retard.

Faits clés

  • L'URSSAF Rhône Alpes a mis en demeure Monsieur [H] [B] de payer 191 euros de cotisations dues.
  • Une contrainte a été signifiée par acte d'huissier le 26 mars 2025.
  • Monsieur [H] [B] a formé opposition à la contrainte le 9 avril 2025.
  • L'audience a eu lieu le 7 mai 2026, mais Monsieur [H] [B] n'a pas comparu.
  • Le tribunal a validé la contrainte et condamné Monsieur [H] [B] à payer les sommes dues.

Articles cités

article L.131-6 du code de la sécurité sociale

Exposé du litige

PROCEDURE : Date de saisine : 09 avril 2025 Convocation(s) : Cité le 10 mars 2026 à personne Débats en audience publique du : 07 mai 2026 MISE A DISPOSITION DU : 16 juin 2026 L’affaire a été appelée à l’audience du 07 mai 2026, date à laquelle sont intervenus les débats. Le Tribunal a ensuite mis l’affaire en délibéré au 16 juin 2026, où il statue en ces termes : EXPOSÉ DU LITIGE Par courrier du 15 janvier 2025, l’URSSAF Rhône Alpes a mis en demeure Monsieur [H] [B] de payer la somme de 191 euros, correspondant aux cotisations dues au titre des échéances des mois de mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre et décembre 2023, majorations de retard incluses. Le 25 mars 2025, le Directeur de de l’URSSAF Rhône Alpes a établi une contrainte portant sur ce montant. Ladite contrainte a été signifiée par acte de commissaire de justice (huissier) en date du 26 mars 2025. Selon courrier recommandé expédié le 9 avril 2025, Monsieur [H] [B] a saisi le Pôle social du tribunal judiciaire de Grenoble afin de former opposition à la contrainte signifiée. À défaut de conciliation, le dossier a été appelé en dernier lieu à l’audience du 7 mai 2026. A l’audience, l’URSSAF Rhône Alpes, dûment représentée, a développé ses écritures auxquelles il est renvoyé pour un plus ample exposé des faits, moyens et prétentions et demande au tribunal de : valider la contrainte délivrée le 25 mars 2025 pour les échéances des mois de mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre et décembre 2023 en son entier montant s’élevant à 191 euros,condamner Monsieur [H] [B] à verser à l’URSSAF Rhône-Alpes la somme de 191 euros augmentée des frais de signification de 45,79 euros et des majorations de retard complémentaires telles qu’elles peuvent figurer sur la signification et à parfaire jusqu’au complet règlement des cotisations qui les génèrent,débouter Monsieur [H] [B] de ses demandes,condamner Monsieur [H] [B] aux dépens. En défense, Monsieur [H] [B], régulièrement cité par acte de commissaire de justice du 10 mars 2026 remis à sa personne, n’a pas comparu. L’affaire a été mise en délibéré au 16 juin 2026, par mise à disposition au greffe.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION Sur la créance invoquée L’article L.131-6 du code de la sécurité sociale dispose que : « I.-Les cotisations de sécurité sociale dues par les travailleurs indépendants non agricoles ne relevant pas du dispositif prévu à l'article L. 613-7 sont assises sur l'assiette définie à l'article L. 136-3. En sont toutefois déduites les sommes mentionnées aux articles L. 3312-4, L. 3324-5 et L. 3332-27 du code du travail qui leur sont versées. Cette assiette inclut également le montant des revenus de remplacement sans lien avec une affection de longue durée, au sens des 3° et 4° de l'article L. 160-14 du présent code, qui leur sont versés : 1° A l'occasion de la maladie, de la maternité, de la paternité et de l'accueil de l'enfant au titre des contrats mentionnés aux deux derniers alinéas du I de l'article 154 bis du code général des impôts ; 2° Par les organismes de sécurité sociale. II.-En vue de l'établissement des comptes des travailleurs indépendants dont le bénéfice est déterminé en application des articles 38 et 93 A du code général des impôts, les organismes mentionnés aux articles L. 213-1 et L. 752-4 du présent code communiquent à l'issue de la déclaration des éléments énumérés à l'article L. 136-3 et au I du présent article le montant de cotisations et de contributions sociales dues selon les règles fixées à l'article L. 136-3 et au I du présent article. Ces organismes mettent en place, avec le concours des organismes mentionnés aux articles L. 641-2, L. 641-5 et L. 651-1, un téléservice permettant de procéder à tout moment à ce calcul ». L’article L.131-6-2 du code de la sécurité sociale dispose que : « Les cotisations des travailleurs indépendants non agricoles autres que ceux mentionnés à l'article L. 613-7 sont dues annuellement. Leurs taux respectifs sont fixés par décret. Elles sont calculées, à titre provisionnel, sur la base de l'assiette de cotisations prévue à l'article L. 131-6 pour l'avant-dernière année. Pour les deux premières années d'activité, les cotisations provisionnelles sont calculées sur la base d'une assiette forfaitaire fixée par décret après consultation des conseils d'administration des organismes de sécurité sociale concernés. Lorsque les éléments énumérés au I de l'article L. 131-6 et à l'article L. 136-3 sont définitivement connus pour la dernière année écoulée, les cotisations provisionnelles, à l'exception de celles dues au titre de la première année d'activité, sont recalculées sur la base de l'assiette résultant de ces éléments en application du I de l'article L. 131-6 et de l'article L. 136-3. Lorsque les éléments énumérés au I de l'article L. 131-6 et à l'article L. 136-3 sont définitivement connus pour de l'année au titre de laquelle elles sont dues, les cotisations font l'objet d'une régularisation sur la base de l'assiette résultant de ces éléments en application du I de l'article L. 131-6 et de l'article L. 136-3. Par dérogation au deuxième alinéa, sur demande du cotisant, les cotisations provisionnelles peuvent être calculées sur la base de l'assiette de cotisations estimée pour l'année en cours. Lorsque les données nécessaires au calcul des cotisations n'ont pas été transmises, celles-ci sont calculées dans les conditions prévues à l'article L. 242-12-1. ». Le gérant d’une société sans activité demeure affilié à l’URSSAF. Selon l'article R. 243-18 devenu R. 243-16 du code de la sécurité sociale, il est appliqué une majoration de retard de 5 % du montant des cotisations et contributions qui n'ont pas été versées aux dates limites d'exigibilité. A cette majoration s'ajoute une majoration complémentaire de 0,2 % du montant des cotisations et contributions dues, par mois ou fraction de mois écoulé, à compter de la date d'exigibilité des cotisations et contributions. En outre, il est rappelé que la preuve du caractère infondé de la créance dont le recouvrement est poursuivi par l’organisme social incombe à l’opposant à contrainte (Cass. 2ème Civ., 19 déc. 2013, n°12-28.075). En l’espèce, Monsieur [H] [B] est affilié auprès de l'URSSAF Rhône-Alpes en qualité de gérant de la société [1]. Il indique dans son opposition que cette société ne dégage aucun bénéfice et qu’elle n’a plus d’activité. Monsieur [H] [B] indique que la société qu’il dirige n’a plus d’activité, et qu’il rencontre des difficultés pour procéder à sa radiation. Cependant, l’affiliation à titre obligatoire résultant de sa seule qualité de gérant, il demeure tenu des cotisations obligatoires tant qu’il demeure gérant de la société. Par ailleurs, il résulte des explications de l'URSSAF Rhône-Alpes que les sommes réclamées au titre des mois de mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre et décembre 2023, après calcul des cotisations à titre définitif prenant en compte les revenus à 0 euros de l’année 2023, sont bien dues. En conséquence, il sera fait droit à la demande de l’l'URSSAF Rhône-Alpes de validation de la contrainte émise. Sur les mesures accessoires L’article R.133-6 du code de la sécurité sociale dispose que « Les frais de signification de la contrainte faite dans les conditions prévues à l’article R.133-3, ainsi que de tous actes de procédure nécessaires à son exécution, sont à la charge du débiteur, sauf lorsque l’opposition a été jugée fondée ». Il en est de même lorsque l’opposition n’est que partiellement fondée (Civ. 2ème, 9 novembre 2006, n°05-15.932). En l’espèce, Monsieur [H] [B], dont l’opposition est mal fondée, sera condamné au paiement des frais de signification afférents à la contrainte litigieuse, dont il est justifié pour un montant de 45,79 euros. Monsieur [H] [B], partie succombant, sera condamné aux entiers frais et dépens. PAR CES MOTIFS Le tribunal judiciaire de Grenoble, Pôle social, statuant après en avoir délibéré conformément à la loi, publiquement par mise à disposition au greffe, par jugement réputé contradictoire, et en dernier ressort, VALIDE la contrainte émise le 25 mars 2025 et signifiée le 26 mars 2025 pour son entier montant de 191 euros représentant les cotisations et les majorations de retard au titre des échéances des mois de mai, juin, juillet, août, septembre, octobre, novembre et décembre 2023 et en conséquence, CONDAMNE Monsieur [H] [B] à payer à l’URSSAF Rhône-Alpes la somme de 191 euros ; CONDAMNE Monsieur [H] [B] à payer à l’URSSAF Rhône-Alpes la somme de 45,79 euros correspondant aux frais de signification de la contrainte ; CONDAMNE Monsieur [H] [B] aux entiers dépens de l’instance. Ainsi fait et prononcé par mise à disposition au greffe les jour, mois et an que dessus, en application de l’article 450 du Code de Procédure Civile et signé par Madame Isabelle PRESLE, Présidente, et Madame Laetitia GENTIL, greffière. Le Greffier La Présidente Il est rappelé, conformément aux dispositions de l’article 612 du Code de procédure civile, que la présente décision ne peut être attaquée que par la voie du pourvoi en cassation, dans les deux mois à compter de sa notification. Le pourvoi en cassation est formé par ministère d’un avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de Cassation : COUR DE CASSATION - GREFFE CIVIL - Service des Pourvois - [Adresse 3]

Dispositif

En conséquence, LA REPUBLIQUE FRANCAISE mande et ordonne à tous huissiers sur ce requis de mettre le présent à exécution, aux procureurs généraux et aux Procureurs de la République d'y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu'ils seront légalement requis. Pour copie exécutoire certifiée conforme en 4 pages. Délivré par le directeur des services de greffe judiciaires du Tribunal judiciaire de Grenoble le 16 juin 2026 Le Directeur des services de greffe judiciaires

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une contrainte de l'URSSAF ?
Une contrainte de l'URSSAF est un acte juridique qui permet de recouvrer des cotisations sociales dues par un travailleur indépendant, en cas de non-paiement.
Comment se défendre contre une contrainte de l'URSSAF ?
Il est possible de former opposition à la contrainte en saisissant le tribunal compétent, en respectant les délais de notification.
Quels sont les montants que l'on peut contester dans une contrainte ?
On peut contester le montant des cotisations dues ainsi que les majorations de retard qui y sont appliquées.
Que se passe-t-il si je ne paie pas la contrainte de l'URSSAF ?
Le non-paiement peut entraîner des poursuites judiciaires et des frais supplémentaires, ainsi que des saisies sur les comptes bancaires.

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