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Tribunal judiciaire, j.l.d., 21 juin 2026 — n° 26/01312

Mainlevée de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de prolongation d'une mesure de rétention administrative ?

Principe retenu

La prolongation d'une mesure de rétention administrative doit respecter les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment en ce qui concerne l'information du procureur de la République dès le début de la mesure.

Faits clés

  • M. X, de nationalité algérienne, a été placé en rétention administrative le 17 juin 2026.
  • Une requête a été déposée pour contester la régularité de cette décision le 18 juin 2026.
  • Le préfet a demandé la prolongation de la rétention pour une durée de 26 jours.
  • Des irrégularités ont été soulevées concernant l'horodatage des procès-verbaux de notification.
  • Le procureur de la République n'était pas présent à l'audience.

Articles cités

article L731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L741-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L743-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L813-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

TJ TOULOUSE - rétentions administratives RG N° RG 26/01312 - N° Portalis DBX4-W-B7K-VH4Z Page COUR D’APPEL DE TOULOUSE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULOUSE ────────── LE VICE-PRESIDENT ──── Dossier n° N° RG 26/01312 - N° Portalis DBX4-W-B7K-VH4Z ORDONNANCE STATUANT SUR LE CONTRÔLE DE LA RÉGULARITÉ D’UNE DÉCISION DE PLACEMENT EN RÉTENTION ET SUR LA PROLONGATION D’UNE MESURE DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE Nous, Thibault CUDENNEC, Président, désigné par le président du tribunal judiciaire de TOULOUSE, assisté de Emeline LEJUSTE, greffière ; Vu les dispositions des articles L731-1, L741-1, L741-10, L742-1 à L742-3, L743-1 à L743-17, R743-1 à R743-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA) ; Vu l’arrêté de M. LE PREFET DE LA HAUTE-GARONNE en date du 17 juin 2026 portant obligation de quitter le territoire français pour M. X se disant [E] [H], né le 14 septembre 1990 à [Localité 1] (ALGÉRIE) de nationalité algérienne ; Vu la décision de placement en rétention de l’autorité administrative concernant M. X se disant [E] [H] né le 14 septembre 1990 à [Localité 1] ([Localité 2]) de nationalité algérienne prise le 17 juin 2026 par M. LE PREFET DE LA HAUTE-GARONNE notifiée le 17 juin 2026 à 14h30 ; Vu la requête de M. X se disant [E] [H] en contestation de la régularité de la décision de placement en rétention administrative en date du 18 juin 2026 réceptionnée par le greffe du vice-président le 18 juin 2026 à 13h57 ; Vu la requête de l’autorité administrative en date du 20 juin 2026 reçue et enregistrée le 20 juin 2026 à 10h22 tendant à la prolongation de la rétention de M. X se disant [E] [H] dans les locaux ne relevant pas de l’administration pénitentiaire pour une durée de vingt-six jours ; Vu l’extrait individualisé du registre prévu à l’article L744-2 du CESEDA émargé par l’intéressé ; DÉROULEMENT DES DÉBATS A l’audience publique, le vice-président a procédé au rappel de l’identité des parties ; En présence de M. [M] [F], interprète en arabe, assermenté ; Le Procureur de la République, préalablement avisé, n’est pas présent à l’audience ; Le représentant du Préfet a été entendu ; La personne retenue a été entendue en ses explications ; TJ TOULOUSE - rétentions administratives RG N° RG 26/01312 - N° Portalis DBX4-W-B7K-VH4Z Page Me Guillaume LEGUEVAQUES, avocat de M. X se disant [E] [H], a été entendu en sa plaidoirie.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DECISION En application de l’article L.743-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il convient de statuer par une ordonnance unique sur la requête en contestation du placement en rétention et sur la requête en prolongation de la rétention administrative. Sur les exceptions de nullités, Le conseil de M. [E] [H] soulève deux moyens de nullité relatifs au procès-verbal de saisine et à l’avis fait au procureur de la République du début de la retenue, fondés sur une difficulté d’horodatage des procès-verbaux. *Sur le caractère tardif de l’avis du procureur de la République L’article L.813-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose que le procureur de la République est informé dès le début de la mesure. En l’espèce, le procès-verbal de saisine des policiers de [Localité 3] ayant interpellé M. [E] [H] est daté du 16 juin 2026 à 15h55. Le procès-verbal de notification du placement en retenue pour vérification du droit au séjour de l’intéressé est horodaté à 14h35 le même jour, mais fait référence à un contrôle d’identité effectué à 16h00, heure retenue pour le début de la mesure. L’avis à interprète a lieu quant à lui à 16h05. Un procès-verbal d’avis au parquet du placement en retenue de M. [E] [H] est horodaté à 14h43, mais visant un début de retenue à 16h00, soit l’heure du contrôle d’identité dont il aurait fait l’objet. Est joint un mail par lequel le procureur de la République est avisé de la retenue, envoyé à 16h43 le 16 juin 2026. En outre, la procédure révèle un procès-verbal de notification de l’arrêté de placement en rétention administrative à l’intéressé le 16 juin 2026 à 14h30, alors que la décision préfectorale est prise le 17 juin 2026 à 14h30. Eu égard à ces incohérences répétées affectant les pièces de procédure, la juridiction est placée dans l’impossibilité de déterminer avec exactitude l’heure à laquelle M. [E] [H] a été contrôlé puis privé de sa liberté, et d’apprécier si le délai entre le début de la retenue administrative et l’avis à l’autorité judiciaire ait été suffisant au sens de l’article précité. Si le commissariat de police a été confronté à un problème technique d’horodatage des procès-verbaux, il appartient à la Préfecture d’apporter des explications et de le démontrer, non à la juridiction de le présumer et de pallier sa carence dans l’administration de la preuve. En l’état, il existe un doute réel et sérieux quant à l’heure à laquelle M. [E] [H] a été effectivement interpellé et placé en retenue. Ce doute doit nécessairement lui profiter. Ainsi, dans ces conditions, il n’est pas démontré par la Préfecture que le procureur de la République ait bien été informé du placement en retenue de l’intéressé dès le début de la mesure, ce qui fait nécessairement grief à ce dernier. Dans ces conditions, la procédure sera déclarée irrégulière et il n’y aura pas lieu à prolongation de la rétention administrative de M. [E] [H] dont la mise en liberté sera ordonnée. PAR CES MOTIFS : Statuant publiquement en premier ressort, par décision assortie de l’exécution provisoire, PRONONÇONS la jonction de la requête en contestation du placement en rétention et de la requête en prolongation de la rétention administrative ; DECLARONS la procédure irrégulière ;

Dispositif

ORDONNONS que M. X se disant [E] [H] soit remis en liberté à l’expiration d’un délai de six heures suivant la notification au Procureur de la République de la présente ordonnance, sauf disposition contraire prise par ce Magistrat. INFORMONS M. X se disant [E] [H] qu’il est maintenu à disposition de la justice pendant un délai de six heures (conformément à la QPC n°2025-1158 du 12 septembre 2025) à compter de la notification de la présente ordonnance au procureur de la République, lorsqu’il est mis fin à sa rétention ou lors d’une assignation à résidence. INFORMONS M. X se disant [E] [H] qu’il peut, pendant ce délai de six heures, contacter un avocat et un tiers, rencontrer un médecin et s’alimenter. RAPPELONS que l’intéressé à l’obligation de quitter le territoire français conformément à la mesure d’éloignement applicable. Fait à TOULOUSE Le 21 juin 2026 à LE GREFFIER LE PRÉSIDENT La Préfecture avisée par mail L’avocat avisé par RPVA (en cas d’appel, merci de bien vouloir privilégier PLEX) (à remplir par le CRA) ☐ Traduction faite via ISM, par téléphone le ….......................... à.........................heures.................. avec ....................................................., interprète en langue ............................................................ MERCI DE FAIRE RETOUR DE CE FORMULAIRE AU GREFFE DU JLD : [Courriel 1] TJ TOULOUSE - rétentions administratives RG N° RG 26/01312 - N° Portalis DBX4-W-B7K-VH4Z Page NOTIFICATION AU PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE La présente ordonnance mettant fin à la rétention ou assignant l’étranger à résidence, a été notifiée au procureur de la République, absent à l’audience, Le 21 Juin 2026 à LE GREFFIER LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE Ce magistrat : ☐ notifiera directement sa décision, ☐ a indiqué ne pas entendre user de ce droit, de sorte que l’intéressé peut être remis en liberté. LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE NOTIFICATION DU DISPOSITIF DU JUGE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULOUSE PORTANT SUR UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE M. X se disant [E] [H] Vous avez été placé au centre de rétention administrative de [Localité 4]-[Localité 5]. Vous avez été entendu à l'audience de ce jour. Madame - Monsieur le Vice-Président, magistrat du siège du tribunal judiciaire de TOULOUSE a rendu ce jour, par ordonnnance, la décision suivante : □ PROLONGATION DE LA MESURE DE RETENTION POUR UNE DUREE DE 26 JOURS (maintien en rétention) art. L.742-3 du CESEDA □ PROLONGATION DE LA MESURE DE RETENTION POUR UNE DUREE DE 30 JOURS (maintien en rétention) art. L.742-4 du CESEDA Vous avez la possibilité de faire appel de cette décision, dans le délai de 24 heures à compter de l'heure de votre signature de la décision, auprès de la CIMADE ou directement auprès de la COUR D'APPEL ( [Courriel 2] ). art. L.743-21 à L.743-23 du CESEDA □ MAIN LEVEE DE LA MESURE DE RETENTION (sortie du centre de rétention) Vous allez pouvoir quitter le centre de rétention dans le délai maximum de 6 heures sauf si le Procureur de la République ou la Préfecture fait appel de cette décision. Art. L.743-19 du CESEDA (QPC du 12 septembre 2025) Vous avez l'obligation de quitter le territoire français. Art. L.611-1 du CESEDA Pris connaissance le : A heures Signature :

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une mesure de rétention administrative ?
Une mesure de rétention administrative est une décision prise par l'autorité administrative pour maintenir un étranger sur le territoire français en vue de son éloignement.
Comment contester une décision de rétention ?
Pour contester une décision de rétention, l'intéressé doit déposer une requête auprès du tribunal judiciaire dans un délai de 48 heures suivant la notification de la décision.
Quels sont les droits d'un étranger en rétention ?
L'étranger en rétention a le droit d'être informé des raisons de sa rétention, de consulter un avocat et de contester la mesure devant le juge.
Quelle est la durée maximale d'une rétention administrative ?
La durée maximale d'une rétention administrative est généralement de 45 jours, mais peut être prolongée dans certaines conditions.

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