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Tribunal judiciaire, j.l.d., 20 juin 2026 — n° 26/01321

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de prolongation de la rétention administrative d'un étranger ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger doit respecter les dispositions du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment en ce qui concerne la motivation et l'actualisation du registre des personnes retenues.

Faits clés

  • Monsieur [P] [L] est de nationalité algérienne et a été placé en rétention administrative.
  • Une requête a été déposée pour prolonger sa rétention administrative.
  • Le signataire de la requête avait une délégation de signature valide.
  • Le registre des personnes retenues n'était pas à jour, mais cela n'a pas été jugé comme un motif d'irrecevabilité.
  • La décision de prolongation a été prise par le tribunal judiciaire de Toulouse.

Articles cités

article L742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R743-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L744-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Motivations de la décision

Attendu que l’intéressé et son conseil ont pu prendre connaissance de la requête et de ses pièces annexes ; ************ Vu les observations du représentant de la Préfecture qui a sollicité la prolongation de la mesure de rétention administrative ; Vu les observations de l’intéressé ; Vu les observations de Maître Téta AGBE, avocat au barreau de TOULOUSE ; ************ Sur les fins de non-recevoir, Le conseil de M. [P] [L] soulève deux fins de non-recevoir tirées de l’incompétence du signataire de la requête et du défaut d’actualisation du registre du centre de rétention administrative. *Sur le signataire de la requête, En l’espèce, le signataire de la requête en prolongation de la rétention est M. [M] [D], lequel a reçu délégation de signature par arrêté préfectoral en date du 20 mars 2026 (art. 3) régulièrement publié au recueil des actes administratifs le 20 mars 2026. Dans la mesure où aucune condition rationae temporis n’est prévue au titre de cette délégation, et notamment où la requête a été présentée en semaine, l’autorité préfectorale n’a pas à produire devant notre juridiction de document probant quant aux circonstances spécifiques dans lesquelles M. [M] [D] aurait été amené à signer la requête, à savoir selon la défense un calendrier de permanence. La fin de non-recevoir sera rejetée. *Sur le défaut d’actualisation du registre, L’article R.743-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose qu’à peine d'irrecevabilité, la requête est motivée, datée, signée et accompagnée de toutes pièces justificatives utiles, notamment une copie du registre prévu à l'article L. 744-2 de ce même code. Aux termes de l’article L.744-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, il est tenu, dans tous les lieux de rétention, un registre mentionnant l'état civil des personnes retenues, ainsi que les conditions de leur placement ou de leur maintien en rétention. Le registre mentionne également l'état civil des enfants mineurs accompagnant ces personnes ainsi que les conditions de leur accueil. L'autorité administrative tient à la disposition des personnes qui en font la demande les éléments d'information concernant les date et heure du début du placement de chaque étranger en rétention, le lieu exact de celle-ci ainsi que les date et heure des décisions de prolongation. Il résulte de l’article L. 743-9 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le juge des libertés et de la détention s'assure, lors de l'examen de chaque demande de prolongation d'une mesure de rétention d'un étranger, que, depuis sa précédente présentation, celui-ci a été placé en mesure de faire valoir ses droits, notamment d'après les mentions du registre de rétention. En l'espèce, si la copie du registre n’est pas actualisée pour ne pas mentionner que l’intéressé a fait l’objet d’une audition consulaire le 20 mai 2026 et se référer à une précédente audition du 11 février 2025, il n’en demeure pas moins que cette information figure en procédure d’une part, de sorte qu’il a été mis en mesure de faire valoir ses droits, d’autre part que les services de la préfecture n’ont toujours pas eu de retour des autorités algériennes sur le résultat de cette audition en vue de son identification et, enfin, que cette audition est en tout état de cause antérieure à son arrivée au centre de rétention. Le moyen sera donc rejeté. *Sur l’insuffisance de motivation de la requête, L’article R.743-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose qu’à peine d'irrecevabilité, la requête en prolongation de la rétention est motivée. En l’espèce, la requête fait référence aux éléments suivants : - l’intéressé est arrivé irrégulièrement sur le territoire français avant d’être condamné à une peine d’interdiction définitive du territoire français prononcée le 3 février 2025 par le tribunal correctionnel de Toulon, - il s’est déclaré de nationalité algérienne en détention et des démarches ont été effectuées auprès des autorités compétentes, qui l’ont entendu le 20 mai dernier, - la préfecture attend donc une réponse pour solliciter un laissez-passer, - il présenterait en outre une menace à l’ordre public au regard de ses antécédents judiciaires et des faits signalés, dont le détail est donné, de sorte que le maintien de sa rétention serait nécessaire ; Les éléments concernant son état de santé n’ont pas nécessairement à figurer dans la requête, celle-ci étant limitée à exposer les raisons pour lesquelles la prolongation est sollicitée au regard de l’article L.742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. L’état de vulnérabilité doit en revanche être exposé dans l’arrêté de placement en rétention, qui ne peut plus être contesté en l’espèce. La requête est ainsi motivée en fait et en droit. La fin de non-recevoir sera rejetée et la requête déclarée recevable. Sur la prolongation de la rétention, Aux termes de l'article L741-3 du CESEDA un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ. L'administration exerce toute diligence à cet effet. Par ailleurs, en application de l'article L. 742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours. La prolongation de la rétention peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours. Ainsi, au stade de la deuxième prolongation, il incombe non seulement à l'administration de démontrer que l’une des circonstances mentionnées aux 1°, 2° ou 3° est caractérisée, mais encore au juge d'apprécier concrètement l'existence de perspectives raisonnables d'éloignement au regard des données de chaque situation à la date où il statue, en tenant compte notamment de la durée maximale de rétention restant applicable à l'intéressé mais également des circonstances de fait permettant d'établir qu'il existe toujours une probabilité significative que l'éloignement puisse être mené à bien dans le temps de ce délai, laquelle ne saurait se déduire des seules diligences de l'administration, qui doivent néanmoins présenter un caractère suffisant. Au cas présent, la demande de prolongation est fondée notamment sur le critère du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l’intéressé. Il convient de rappeler que les cas visés par l'article L.

Dispositif

PAR CES MOTIFS : Statuant publiquement en premier ressort, par décision assortie de l’exécution provisoire, Prolongeons le placement de Monsieur [P] [L] dans les locaux du Centre de Rétention Administrative, ne dépendant pas de l’[Etablissement 1], Disons que l’application de ces mesures prendra fin au plus tard à l’expiration d’un délai de TRENTE JOURS à compter de l’expiration du précédent délai de VINGT-SIX JOURS imparti par l’ordonnance prise le 26 mai 2026 par le Vice-président du Tribunal judiciaire territorialement compétent. La Greffière Le 20 Juin 2026 à 21 heures 29. Le Président La Préfecture avisée par mail L’avocat avisé par RPVA (en cas d’appel, merci de bien vouloir privilégier PLEX) NOTIFICATION DU DISPOSITIF DU JUGE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE TOULOUSE PORTANT SUR UNE MESURE DE RETENTION ADMINISTRATIVE M. [P] [L] Vous avez été placé au centre de rétention administrative de [Localité 3]. Vous avez été entendu à l'audience de ce jour. Madame - Monsieur le Vice-Président, magistrat du siège du tribunal judiciaire de TOULOUSE a rendu ce jour, par ordonnnance, la décision suivante : □ PROLONGATION DE LA MESURE DE RETENTION POUR UNE DUREE DE 26 JOURS (maintien en rétention) art. L.742-3 du CESEDA □ PROLONGATION DE LA MESURE DE RETENTION POUR UNE DUREE DE 30 JOURS (maintien en rétention) art. L.742-4 du CESEDA Vous avez la possibilité de faire appel de cette décision, dans le délai de 24 heures à compter de l'heure de votre signature de la décision, auprès de la CIMADE ou directement auprès de la COUR D'APPEL ( [Courriel 1] ). art. L.743-21 à L.743-23 du CESEDA □ MAIN LEVEE DE LA MESURE DE RETENTION (sortie du centre de rétention) Vous allez pouvoir quitter le centre de rétention dans le délai maximum de 6 heures sauf si le Procureur de la République ou la Préfecture fait appel de cette décision. Art. L.743-19 du CESEDA (QPC du 12 septembre 2025) Vous avez l'obligation de quitter le territoire français. Art. L.611-1 du CESEDA Pris connaissance le : A heures Signature :

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure qui permet de maintenir un étranger sur le territoire français en attendant son expulsion ou la régularisation de sa situation.
Comment se déroule la procédure de prolongation de la rétention ?
La procédure de prolongation nécessite une requête motivée, qui doit être présentée par l'autorité préfectorale et examinée par le juge des libertés.
Quels sont les droits d'un étranger en rétention administrative ?
L'étranger en rétention a le droit d'être informé des raisons de sa rétention, de consulter un avocat et de contester la décision devant le juge.
Que faire si le registre de rétention n'est pas à jour ?
Un défaut d'actualisation du registre peut être soulevé comme un argument lors de la contestation de la prolongation, mais cela ne garantit pas l'irrecevabilité de la requête.

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