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Tribunal judiciaire, référés, 19 juin 2026 — n° 26/00528

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Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions pour ordonner une expertise judiciaire en référé ?

Principe retenu

Le juge peut ordonner une expertise judiciaire en référé lorsque cela est justifié par un motif légitime de conserver ou d'établir la preuve des faits susceptibles d'influer sur la solution d'un litige. Il doit s'assurer que la mesure sollicitée correspond à un juste motif.

Faits clés

  • Mme [D] [Q] et M. [V] [I] ont saisi le tribunal pour demander une expertise concernant des désordres de décoloration d'une piscine.
  • Les désordres sont survenus après des travaux de rénovation de la piscine.
  • La S.E.L.A.S. EGIDE et la S.A. RENOLIT FRANCE n'ont pas constitué avocat.
  • La S.A.S. ENTORIA a demandé à être mise hors de cause.
  • La S.A.S. [Y] [C] a contesté l'expertise et demandé des frais sur le fondement de l'article 700 du code de procédure civile.

Articles cités

article 145 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile article 278 du code de procédure civile

Exposé du litige

FAITS, PROCÉDURE ET PRÉTENTIONS Suivant les termes d’une assignation en date du 05 mars 2026 à laquelle il convient de se reporter pour plus ample exposé, la partie requérante, en l’occurrence Mme [D] [Q], M. [V] [I], a saisi la juridiction des référés, au visa de l'article 145 du code de procédure civile, au contradictoire de la S.E.L.A.S. EGIDE, prise en la personne de Maître [N] [P] [E], en sa qualité de liquidateur de l’EURL [X] [L] suivant jugement rendu le 5 novembre 2024 par le tribunal de commerce d’ALBI, la S.A.S. ENTORIA, la S.A. RENOLIT FRANCE, et la S.A.S. [Y] [C] pour solliciter une expertise du fait de désordres de décoloration de la membrane armée, affectant une piscine sise [Adresse 7], et ce à la suite de travaux de rénovation de celle-ci. LA S.E.L.A.S. EGIDE, prise en la personne de Maître [N] [P] [E], en sa qualité de liquidateur de l’EURL [X] [L] suivant jugement rendu le 5 novembre 2024 par le tribunal de commerce d’ALBI, et S.A. RENOLIT FRANCE n’ont pas constitué avocat. LA S.A.S. ENTORIA réclame mise hors de cause et à ce que l’intervention volontaire de la société PROTECT soit reçue. Elle souhaite ensuite que la mission soit complétée. La S.A.S. [Y] [C], réclame que l’expertise soit déclarée irrecevable et sollicite 2 000 euros sur le fondement de l’article 700 du code de procédure civile.

Motivations de la décision

SUR QUOI, La mesure sollicitée est conforme au fondement de l’article 145 du code de procédure civile qui dispose que peuvent être ordonnées en référé toutes mesures légalement admissibles chaque fois qu’il existe un motif légitime de conserver ou d’établir avant tout procès la preuve des faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige. Il appartient au juge de s'assurer souverainement que la mesure correspond à un juste motif dont la pertinence se trouve dans l'établissement d'une preuve dont la production est susceptible d'influer sur la solution d'un litige futur, concernant des prétentions qui, dans leurs fondements, ne doivent pas apparaître comme manifestement irrecevables ou vouées à l'échec. La partie requérante produit dans ce cadre des justificatifs suffisants (rapport d’expertise, bon de livraison) établissant les éléments de fait et de droit d'un litige possible et la nécessité de l’expertise demandée qui, en tout état de cause, rejoint l’intérêt de chacune des parties dans la perspective d’une défense loyale de leurs droits respectifs, sans préjudicier au fond. Le problème de décoloration peut manifestement être en lien avec le béton fourni par la société [Y] qui a été utilisé pour réaliser la dalle et la réhausse du fond du bassin, suivant le rapport d’expertise amiable fourni au dossier. Dès lors l’assignation est légitime. Il sera par ailleurs fait droit à l’intervention volontaire de la société PROTECT SA en lieu et place de la société ENTORIA. Les dépens seront provisoirement à la charge de la partie requérante afin d'assurer l'efficacité de la mesure, rappelant en outre que le fondement de l'action s'analyse comme une recherche probatoire au bénéfice de la partie qui en prend l'initiative, justifiant qu'elle en assume la charge dans un premier temps. Toute demande, fondée sur l’article 700 du Code de Procédure Civile, est prématurée. PAR CES MOTIFS Nous, Carole LOUIS, Vice-Président, statuant en référé, par ordonnance réputée contradictoire en premier ressort et exécutoire par provision, rendue publiquement par mise à disposition au greffe, VU l’article 145 du code de procédure civile, VU les articles 263 et suivants du code de procédure civile, VU l'ordonnance de jonction des procédures en date du Tous droits et moyens étant réservés sur le fond, Rejetant toutes autres conclusions contraires ou plus amples, Recevons l’intervention volontaire de la société PROTECT SA en lieu et place de la SAS ENTORIA, Donnons acte aux parties défenderesses de leurs protestations et réserves. Au principal, renvoyons les parties à se pourvoir ainsi qu’elles aviseront, Ordonnons en tant que de besoin la production aux débats de tous justificatifs d'assurances, Ordonnons l’organisation d’une mesure d’expertise à l’endroit des demandeurs et de l’ensemble des défendeurs et commettons pour y procéder un expert inscrit sur la liste de la Cour d’Appel de [Localité 1], en la personne de : [G] [M] [Adresse 8] [Localité 2] Port. : 06.38.64.76.07 Mèl : [Courriel 1] ou en cas d’indisponibilité [R] [M] [Adresse 9] [Localité 3] Port. : 06.02.23.66.41 Mèl : [Courriel 2] avec mission de : décrire les ouvrages, dire si les travaux effectués par les divers intervenants sont conformes quantitativement et qualitativement aux engagements contractuels pris et s’ils sont achevés, dire si l’immeuble présente les désordres et malfaçons précisément invoqués dans l'assignation ou tout document de renvoi à l'exclusion de tous autres non définis, dans l'affirmative, en indiquer la nature et l'étendue en précisant s'ils peuvent compromettre la stabilité ou la solidité de l'immeuble ou le rendre impropre à l'usage auquel il est destiné en l’affectant dans l’un de ses éléments constitutifs ou l’un de ses éléments d’équipement, dire quelles sont les causes de ces désordres et malfaçons en précisant s'ils sont imputables à une erreur de conception, à une faute d'exécution, à la mauvaise qualité des matériaux mis en œuvre, à une erreur d'utilisation de l'ouvrage, à un défaut d'entretien par son propriétaire, ou à toute autre cause qui sera indiquée, notamment une catastrophe naturelle reconnue par l'administration, dans l’hypothèse d’un caractère évolutif des désordres, préciser à quel terme et dans quelle mesure l’ouvrage sera affecté, dire si les désordres et malfaçons identifiés sont apparus avant ou après la réception de l'ouvrage et s'ils étaient ou non apparents lors de la réception, rechercher tous les éléments techniques qui permettront à telle juridiction de déterminer les responsabilités respectives éventuellement encourues, indiquer les travaux nécessaires pour remédier aux désordres, malfaçons ou non conformités, en apprécier le coût et la durée d’exécution au vu des devis remis par les parties, préciser si après exécution des travaux de remise en état, les locaux seront affectés d’une moins-value et la quantifier dans l’affirmative, indiquer les préjudices éventuellement subis, présenter les éléments chiffrés permettant l'apurement des comptes entre parties A l'issue de la première réunion d'expertise sur les lieux, rédiger une note succincte : - en indiquant les premières constatations opérées, les questions à traiter et notamment les travaux confortatifs urgents - énumérant les travaux de remise en l'état sans incidence sur le déroulement de l'expertise, - donnant un premier avis, non définitif, sur l'existence, la nature, les causes de désordres ainsi qu'une première approximation du coût des éventuels frais de remise en conformité, - présenter les éléments chiffrés permettant l'apurement des comptes entre parties MODALITES TECHNIQUES Rappelons à l’expert qu’il doit, dès sa saisine, adresser au greffe de la juridiction l’acceptation de sa mission et un engagement d'impartialité. Tout refus ou tout motif d’empêchement devra faire l’objet d’un courrier circonstancié, adressé dans les 8 jours de sa saisine. Demandons à l'expert de s'adresser à la boite structurelle de la juridiction dédiée à l'expertise ([Courriel 3]), Indiquons à l’expert qu’il devra procéder à la première réunion dans un délai maximum de 45 jours, à charge pour les parties de lui adresser spontanément leurs pièces et conclusions. Pour les dossiers complexes, et obligatoirement en matière de construction, patrimoniale ou comptable, l'expert adressera à son issue au juge chargé de la surveillance des expertises, une fiche récapitulative établie et adressée en la forme simplifiée, reprenant tous les points ci-dessous visés, en vue d’assurer un déroulement efficace de ses opérations. Invitons instamment les parties à adresser, spontanément et dans les délais les plus brefs, et dès avant la première réunion, à l'expert les pièces répertoriées suivant bordereau d'accompagnement Ordonnons par ailleurs en tant que de besoin la communication de renseignements et le versement de toutes pièces utiles à l'expertise judiciaire, détenus par des tiers ou organismes de gestion, et notamment en application de l'article L 143 du livre des procédures fiscales. Fixons à l’expert un délai maximum de NEUF MOIS à compter de sa saisine (date figurant sur l’avis de consignation du greffe) pour déposer son rapport accompagné seulement des pièces complémentaires recueillis par ses soins ou auprès de tiers, sauf prorogation accordée. Ordonnons à la partie requérante, Mme [D] [Q], M. [V] [I], de consigner à la régie du tribunal une somme de 3 000, 00 € dans le mois de l'avis d'appel de consignation notifié par le greffe (sauf à justifier qu’elle est bénéficiaire de l’aide juridictionnelle), sous peine de caducité de la présente désignation conformément à l’article 271 du code de procédure civile.

Dispositif

Laissons les dépens à la charge de Mme [D] [Q], M. [V] [I] Ainsi rendu les jour, mois et an indiqués ci-dessus, et signé du président et du greffier. Le Greffier, Le Président,

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une expertise judiciaire ?
Une expertise judiciaire est une évaluation technique ordonnée par un juge pour établir des faits ou des éléments de preuve dans le cadre d'un litige.
Comment se déroule une procédure d'expertise en référé ?
La procédure d'expertise en référé se déroule rapidement, le juge examine la demande et peut ordonner une expertise si les conditions sont remplies.
Quels sont les droits des parties lors d'une expertise ?
Les parties ont le droit d'être informées de la mission de l'expert et de participer aux échanges contradictoires avec lui.
Quelles sont les conséquences d'une expertise judiciaire ?
Les conclusions de l'expertise peuvent influencer la décision finale du tribunal sur le litige en cours.

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