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Tribunal judiciaire, referes 2ème section, 22 juin 2026 — n° 26/00176

Désigne un expert ou un autre technicien

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de désignation d'un expert judiciaire en matière de construction ?

Principe retenu

La désignation d'un expert judiciaire est possible lorsque des difficultés techniques nécessitent une expertise pour évaluer les dommages. L'expert doit établir un devis prévisionnel et ajuster les coûts en fonction de l'évolution de l'expertise.

Faits clés

  • Monsieur [D] [K] est propriétaire d'un appartement à [Localité 1].
  • Des problèmes de moisissures et d'humidité sont apparus depuis août 2023.
  • Les travaux de rénovation ont été réalisés par la société AQUITAINE TECHNOLOGIE en 2021.
  • Monsieur [D] [K] a assigné plusieurs sociétés pour désigner un expert judiciaire.
  • Les défendeurs ont accepté l'expertise sous réserves.

Articles cités

article 145 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE Monsieur [D] [K] a, par actes des 14, 15 et 21 janvier 2026, en l’instance enrôlée sous le RG n°26/00176 fait assigner la SAS [W] [E], la société AQUITAINE TECHNOLOGIE, la société MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES et la SA MMA IARD devant le Juge des Référés du Tribunal Judiciaire de Bordeaux afin de voir désigner un expert au visa de l’article 145 du Code de procédure civile. L’affaire a été appelée à l’audience du 11 mai 2026. Monsieur [D] [K] a exposé être propriétaire d’un appartement situé [Adresse 6] [Adresse 7] à [Localité 1], acquis auprès de la société [W] [E] ayant fait l’objet de travaux de rénovation réalisés en 2021 par la société AQUITAINE TECHNOLOGIE, assurée auprès de MMA IARD Assurances Mutuelles et MMA IARD SA. Toutefois le requérant a indiqué rencontrer depuis le mois d’août 2023 des difficultés avec l’ensemble des locataires ayant pris possession des lieux à cause de problèmes de types moisissures et humidité dans l’appartement. La société AQUITAINE TECHNOLOGIE a indiqué ne pas s’opposer aux opérations d’expertise, sous toutes protestations et réserves d’usage. La SAS [W] [E] a indiqué ne pas s’opposer aux opérations d’expertise, sous toutes protestations et réserves d’usage. Elle a également sollicité un complément de mission d’expertise présent sur ses conclusions. La société AQUITAINE TECHNOLOGIE a, par acte du 25 février 2026, en l’instance enrôlée sous le RG n°26/00482 fait assigner la société MIC INSURANCE COMPANY afin de lui voir étendre les opérations d’expertise à venir au visa de l’article 145 du Code de procédure civile. Elle a également sollicité : - Ordonner la jonction de la présente instance avec l’instance pendante devant le juge des référés et inscrite au rôle sous le numéro 26/00176. La société AQUITAINE TECHNOLOGIE a exposé être assurée auprès de la société MIC INSURANCE COMPANY et qu'il est donc nécessaire qu'elle soit attraite à la cause afin que le rapport d'expertise à intervenir lui soit opposable. La société MIC INSURANCE COMPANY a indiqué ne pas s’opposer à ce que les opérations d’expertise lui soient déclarées communes et opposables, sous toutes protestations et réserves d’usage. Les deux procédures ont été jointes par mention au dossier le 11 mai 2026 sous le n° RG n°26/00176. Bien que régulièrement assignées la société MMA IARD ASSURANCES MUTUELLES et la SA MMA IARD n'ont pas constitué avocat. Il y a dès lors lieu de statuer par décision réputée contradictoire.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION Selon l’article 145 du Code de procédure civile, s’il existe un motif légitime de conserver et d’établir avant tout procès la preuve des faits dont pourrait dépendre la solution d’un litige, des mesures d’instruction légalement admissibles peuvent être ordonnées à la demande de tout intéressé, notamment en référé. La mise en oeuvre de cette disposition suppose l’existence d’un litige dont l’objet et le fondement sont suffisamment caractérisés. En l’espèce, il résulte des pièces produites aux débats par Monsieur [D] [K], et notamment le PV de constat de commissaire de justice du 01 décembre 2025, que la demande d’expertise est fondée sur un motif légitime puisque le litige revêt des aspects techniques qui nécessitent le recours à une telle mesure. En effet, la mesure d’instruction apparaît nécessaire, notamment pour connaître l’origine des désordres constatés. Dans ces conditions, et sans que la présente décision ne comporte de préjugement quant aux responsabilités et garanties encourues, il sera fait droit à l’expertise sollicitée, la mission de l’expert étant celle précisée au dispositif de la présente décision. À ce stade de la procédure, et alors que la question du fond reste entière, tant les frais de consignation que les dépens seront laissés à la charge de Monsieur [D] [K], sauf à les inclure dans son éventuel préjudice global. PAR CES MOTIFS Le Juge des Référés du Tribunal Judiciaire de Bordeaux, statuant publiquement, par ordonnance mise à disposition au greffe, réputée contradictoire, en premier ressort, Vu l'article 145 du Code de procédure civile, ORDONNE une mesure d'expertise, tous droits et moyens des parties réservés, et commet pour y procéder Monsieur [A] [N], [Adresse 8], [Localité 9]. : 06 62 09 38 60, [Courriel 1] ; DIT que l’expert répondra à la mission suivante : – se rendre sur les lieux en présence des parties et de leurs conseils ou après les avoir dûment convoquées ; se faire communiquer, dans le délai qu'il estimera utile de fixer, tous documents et pièces qu'il jugera nécessaires à l'exercice de sa mission, et notamment l'assignation, ainsi que tous documents contractuels, techniques et administratifs se rapportant aux travaux de construction litigieux; visiter les lieux et les décrire ; – déterminer la mission et le rôle effectif de chacun des intervenants à la construction ; – préciser le cas échéant, la date de début effectif des travaux, si un procès-verbal de réception a été établi, et dans la négative fournir à la juridiction les éléments propres à caractériser une réception tacite ou à déterminer à quelle date l'ouvrage était réceptionnable; – vérifier si les désordres allégués dans la liste visée dans l’assignation, les conclusions ultérieures, les constats ou expertises amiables auxquelles elles se réfèrent, existent et dans ce cas, les décrire en indiquant leur nature et la date de leur apparition ; préciser l'importance de ces désordres, en indiquant ce qui relève respectivement des malfaçons ou des travaux inachevés, indiquer les parties de l'ouvrage qu'ils affectent, en spécifiant tous éléments techniques permettant d'apprécier s'il s'agit d'éléments constitutifs ou d'éléments d'équipement faisant corps ou non, de manière indissociable avec des ouvrages de viabilité, de fondations, d'ossature, de clos ou de couvert ; – dire si les désordres étaient apparents ou non, lors de la réception ou de la prise de possession, pour un profane,dans le cas où ces désordres auraient été cachés, rechercher leur date d'apparition ; – dire si ces désordres apparents ont fait l'objet de réserves, si des reprises ont été effectuées, leur nature, leur date et leur utilité ou leur inefficacité pour remédier aux réserves et indiquer si les réserves ont été levées ; – pour chaque désordre, dire s’il affecte un élément du gros oeuvre ou un élément d’équipement indissociablement lié au gros oeuvre ; préciser si le désordre est de nature à rendre l’immeuble, actuellement ou à terme certain, impropre à son usage ou à compromettre sa solidité, et préciser en quoi ; – rechercher la cause des désordres en précisant, pour chacun des désordres, malfaçons ou non conformité, s'il y a eu vice du matériau, malfaçons dans l'exécution, vice de conception, défaut ou insuffisance dans la direction ou le contrôle ou la surveillance du chantier, défaut d'entretien ou de tout autre cause, ou préciser en quoi les travaux réalisés ne sont pas conformes aux prescriptions contractuelles ou aux termes du marché ; – donner tous éléments techniques et de fait permettant au juge de déterminer les responsabilités éventuelles encourues par les différents intervenants et, le cas échéant, déterminer, en précisant les motifs techniques présidant à son appréciation, qui a eu un rôle prépondérant, secondaire ou mineur ; – donner aux juges du fond tous éléments concernant la date de la construction et des éventuels travaux ayant pu être réalisés avant la vente par la SAS [W] [E]; – pour chacun des désordres constatés, donner aux juges du fond tous éléments techniques et de fait permettant de déterminer si, et pour quelles raisons, ce désordre pouvait ou non être ignoré de la SAS [W] [E] au moment de la vente, – donner son avis sur les travaux propres à remédier aux désordres constatés, en évaluer le coût hors-taxes et TTC, et la durée, désordre par désordre, à partir des devis que les parties seront invitées à produire, chiffrer le coût des travaux nécessaires pour remédier aux désordres, en préciser la durée, et préciser leur incidence sur la jouissance de l'immeuble; – donner son avis, en cas d’urgence pour la sécurité des personnes ou la préservation des biens, sur les mesures nécessaires pour remédier au péril ; cet avis sera donné dans une note préalable au rapport d’expertise et communiqué immédiatement et par tous moyens aux parties ; – donner au juge tous éléments techniques et de fait de nature à lui permettre de déterminer la nature et l'importance des préjudices subis par Monsieur [D] [K] et proposer une base d'évaluation; – constater l'éventuelle conciliation des parties sans manquer dans ce cas d'en aviser le Magistrat chargé du Contrôle des Expertises; – Établir un pré rapport et le communiquer aux parties en leur enjoignant de formuler, avant la date qu’il estimera nécessaire de fixer, et dans tous les cas dans le délai d’un mois suivant cette communication, toutes les observations utiles, et répondre aux observations qui auraient été formulées dans ce délai; DIT  que l’Expert judicaire devra procéder à l’établissement à l’issue de la première réunion d’expertise, d’une note faisant état de l’identité des tiers à la procédure, susceptibles d’être concernés par les doléances émises par Monsieur [D] [K] , et dont la mise en cause apparait ainsi opportune ; DIT que  l’expert judiciaire  devra notamment recueillir l’identité des assureurs de responsabilité l’ensemble des intervenants à l’acte de construire concernés par ces doléances, d’une part au moment de l’ouverture de chantier, et d’autre part au moment où une réclamation a été formée à leur encontre au titre de ces doléances ; que l’expert judiciaire devra également recueillir l’identité des assureurs de responsabilité des intervenants à l’acte de construire mis en cause au cours des opérations d’expertise, ce dès l’établissement de la première note d’expertise suivant cette mise en cause ; AUTORISE Monsieur [D] [K] à effectuer, à ses frais avancés, les mesures conservatoires utiles et nécessaires préconisées par l’ expert judiciaire DIT qu’au stade du pré-rapport, l’intégralité des chefs de mission doit avoir été traitée par l’expert judiciaire, dont la problématique des imputabilités  RAPPELLE QUE, en application de l'article 276 du Code de procédure civile, les observations et dires précédents dont les termes ne seraient pas sommairement repris dans les dires récapitulatifs, seront réputés abandonnés par les parties, INVITE l'expert à signaler aux parties dans le dél…

Dispositif

En conséquence, la République française mande et ordonne à tous commissaires de justice, sur ce requis, de mettre ladite ordonnance à exécution, aux procureurs généraux et aux procureurs de la République près les tribunaux judiciaires d’y tenir la main, à tous commandants et officiers de la force publique de prêter main-forte lorsqu’ils en seront légalement requis. En foi de quoi, la présente ordonnance a été signée par le greffier.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une expertise judiciaire en matière de construction ?
Une expertise judiciaire est une évaluation technique ordonnée par un juge pour déterminer l'origine et l'étendue des dommages liés à des travaux de construction.
Quels sont les frais associés à une expertise judiciaire ?
Les frais d'expertise doivent être consignés par le demandeur, et un devis prévisionnel est établi par l'expert pour ajuster les coûts en fonction de l'évolution de l'expertise.
Comment se déroule la désignation d'un expert judiciaire ?
La désignation d'un expert judiciaire se fait par ordonnance du juge, qui précise les missions de l'expert et les parties impliquées dans la procédure.
Quels recours en cas de désaccord sur le rapport d'expertise ?
En cas de désaccord sur le rapport d'expertise, les parties peuvent contester les conclusions devant le juge, qui peut ordonner une nouvelle expertise.

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