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Tribunal judiciaire, contrôle hsc/ic, 23 juin 2026 — n° 26/00561

Maintien de la mesure de soins psychiatriques

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions pour poursuivre une hospitalisation complète sans consentement en matière de soins psychiatriques ?

Principe retenu

Une hospitalisation complète sans consentement peut être poursuivie si les troubles mentaux du patient rendent impossible son consentement et nécessitent des soins immédiats sous surveillance médicale constante. La procédure doit être régulièrement menée et justifiée par un avis motivé d'un psychiatre.

Faits clés

  • M. [A] [N] a été admis en soins psychiatriques contraints le 13 décembre 2025.
  • Le directeur de l'hôpital a saisi le tribunal pour poursuivre l'hospitalisation sans consentement.
  • Un avis motivé du psychiatre a été établi le 8 juin 2026, concluant à la nécessité de soins sous surveillance médicale.
  • M. [A] [N] présente des troubles rendant impossible son consentement.
  • Des antécédents de fugues et de voyages pathologiques ont aggravé son état clinique.

Articles cités

article L3213-1 du code de la santé publique article L3212-1 du code de la santé publique article L3211-12-1 du code de la santé publique

Exposé du litige

COUR D'APPEL D’ANGERS TRIBUNAL JUDICIAIRE D’ [Localité 1] Dossier : N° RG 26/00561 - N° Portalis DBY2-W-B7K-INBP Minute : N° RC 26/00561 ORDONNANCE EN PROCEDURE D’HOSPITALISATION SANS CONSENTEMENT DEMANDEUR : M. LE DIRECTEUR DU CESAME non comparant, ayant fait ses observations par écrit DÉFENDEUR : M. [A] [N] Comparant, assisté de Me Julien PIEDNOIR MJPM du CESAME en qualité de curateur non comparant Nous, Jean-Yves EGAL, Premier Vice-Président au Tribunal Judiciaire d'ANGERS, assisté de Amélie ROGER, greffier, Vu l’article L3213-1 du code de la santé publique, Vu la décision d’admission en soins psychiatriques contraints prise par M. LE DIRECTEUR DU CESAME le 13 décembre 2025, concernant : M. [A] [N] né le 01 Décembre 1979 à [Localité 2] Vu la saisine en date du 8 juin 2026 du directeur de l’hôpital et les pièces jointes à la saisine, tendant à la poursuite de l’hospitalisation sans consentement de M. [N] [A] . Vu l’avis de monsieur le Procureur de la République en date du 22 juin 2026 , Vu les débats tenus en audience publique le 23 juin 2026 . M. [N] [A] a comparu et indiqué que son hospitalisation ne se passait pas mal et le reste de son discours était incohérent. Madame la Mandataire Judiciaire à la Protection des Majeurs du CESAME, curatrice, a été avisée de l’audience. Maitre [M] [Q] a indiqué ne pas avoir d’observation sur la régularité de la procédure

Motivations de la décision

MOTIFS DE L’ORDONNANCE: Selon l’article L. 3212-1 du code de la santé publique, une personne atteinte de troubles mentaux ne peut faire l’objet de soins psychiatriques sur la décision du directeur d’un établissement mentionné à l’article L. 3222-1 que lorsque les deux conditions suivantes sont réunies : - ses troubles mentaux rendent impossible son consentement ; - son état mental impose des soins immédiats assortis soit d’une surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète, soit d’une surveillance régulière justifiant une prise en charge sous la forme mentionnée au 2 de l’article L. 3211-2-1 ; Le directeur de l'établissement prononce la décision d'admission : 1° Soit lorsqu'il a été saisi d'une demande présentée par un membre de la famille du malade ou par une personne justifiant de l'existence de relations avec le malade antérieures à la demande de soins et lui donnant qualité pour agir dans l'intérêt de celui-ci, à l'exclusion des personnels soignants exerçant dans l'établissement prenant en charge la personne malade. Lorsqu'il remplit les conditions prévues au présent alinéa, le tuteur ou le curateur d'un majeur protégé peut faire une demande de soins pour celui-ci. En cas d’urgence lorsqu’il existe un risque grave d’atteinte à l’intégrité du malade le directeur de l’Etablissement peut à titre exceptionnel, prononcer à la demande d’un tiers l’admission en soins psychiatriques d’une personne malade au vu d’un seul certificat émanant le cas échéant d’un médecin exerçant dans l’établissement; dans ce cas les certificats médicaux mentionnés aux 2e et 3e alinéas de l’article L 3211-2-2 sont établis par deux psychiatres distincts. Selon l’article L. 3211-12-1 du même code, l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge du Tribunal Judiciaire , préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission puis de six mois à compter de la dernière décision du juge. Cette saisine est accompagnée d’un avis motivé du psychiatre. M. [N] [A] bénéficie d’une mesure de curatelle renforcée renouvelée par jugement du 9 septembre 2013 pour une durée de 240 MOIS dont l’exercice est confié à la Mandataire Judiciaire à la Protection des Majeurs du CESAME. M. [N] [A] 1er décembre 1979 à [Localité 1] a été admis le 13 decembre 2025 en soins psychiatriques sous la forme de l’hospitalisation complète . Par ordonnance du 23 decembre 2025 le Juge du Tribunal Judiciaire de Paris a autorisé la poursuite de l’hospitalisation complète sous contrainte de M. [N] [A] . Il n’y a des lors pas lieu à l’occasion de la présente instance d’apprécier la régularité de la procédure antérieure. Selon l’article L. 3211-12-1 du même code, l’hospitalisation complète d’un patient ne peut se poursuivre sans que le juge du Tribunal Judiciaire , préalablement saisi par le directeur de l’établissement, n’ait statué sur cette mesure avant l’expiration d’un délai de douze jours à compter de l’admission puis de six mois à compter de la dernière décision du juge, lorsque le patient a été maintenu en hospitalisation complète de manière continue depuis cette décision. Toute décision du Juge prise avant l’expiration de ce délai en application du 2° du présent I ( sur décision de modification de la forme de prise en charge du patient), ou de l’un des mêmes articles L 3211-12( saisine à tout moment d’une demande de main levée), L 3213-3, L 3213-8 ou L 3213-9-1, ou toute nouvelle décision judiciaire prononçant l’hospitalisation en application de l’article 706-135 du Code de Procédure Pénale, fait courir à nouveau ce délai. Cette saisine est accompagnée d’un avis motivé du psychiatre ( II de l’article L 3211-12-1). En application des dispositions de l’article L 3211-12-1 I 3° le Juge est alors saisi 15 jours au moins avant l’expiration du délai de six mois . En l’espèce la procédure comporte les avis médicaux mensuels prévus par l’article L 3212-7 AL 2 du Code de la Santé Publique , les décisions mensuelles de maintien des soins ( article L 3212-7 alinéa 1) ainsi que les informations données à M. [N] [A] , conformement aux dispositions de l’article L 3211-3 AL 2 à 5 relativement aux décisions prises à son égard depuis la dernière Ordonnance du Juge . La saisine du Juge du Tribunal Judiciaire est intervenue dans les délais légaux. L’évaluation médicale approfondie prévue par l’article L 3212-7 AL3 réalisée par le collège mentionné à l’article [Etablissement 1] 3211-9 n’est pas nécessaire en l’espèce la durée des soins n’excédant pas une période continue d’un an au moins. L’ avis motivé en date du 8 juin 2026 , dressé par le DR [V] conclut à la nécessité d’une poursuite des soins en hospitalisation complète sans consentement en relevant notamment que de multiples fugues et voyages pathologiques antérieurs à la présente hospitalisation avaient aggravé la chimiorésistance et l’état clinique du patient, qui était de nouveau admis à la suite d’une rupture de soins et de voyage pathologique, que le dernier mois avait été marqué par de nécessaires ajustements thérapeutiques en raison de signes de décompensation et d’une majoration de l’agitation, que le patient reconnaissait très partiellement son besoin de soins . Il résulte de l’ensemble de ces éléments que d'une part, la procédure a été menée régulièrement et que d'autre part M. [N] [A] présente toujours des troubles rendant impossible son consentement et imposant des soins sous surveillance médicale constante justifiant une hospitalisation complète. Par conséquent, la mesure d’hospitalisation sous contrainte qui apparaît adaptée, nécessaire et proportionnée, doit être poursuivie.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement par ordonnance contradictoire et en premier ressort, Autorisons la poursuite de l’hospitalisation complète de M. [A] [N], Rappelons qu’appel peut être interjeté de cette décision dans un délai de dix jours de sa notification, par déclaration transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel. Ainsi rendu le 23 juin 2026. Le greffier Le juge du tribunal judiciaire chargé du contrôle des mesures privatives ou restrictives de liberté dans le domaine des soins sans consentement, Mentions de notification : Copie de la présente ordonnance transmise à M. [A] [N] par l’intermédiaire du directeur de l’hôpital Copie de la présente ordonnance transmise à M. le directeur de l’hôpital, Copie de la présente ordonnance transmise au MJPM du CESAME Copie de la présente ordonnance transmise à Me Julien PIEDNOIR le 23 juin 2026 le greffier

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une hospitalisation sans consentement ?
L'hospitalisation sans consentement est une mesure qui permet de prendre en charge un patient atteint de troubles mentaux lorsque son état ne lui permet pas de donner son accord pour des soins.
Quels sont les droits d'un patient hospitalisé sans consentement ?
Un patient hospitalisé sans consentement a le droit d'être informé de son état, de bénéficier d'un suivi médical et de contester la décision devant un juge.
Comment se passe la procédure d'hospitalisation sans consentement ?
La procédure commence par une demande du directeur de l'établissement, suivie d'une évaluation par un psychiatre et d'une décision du juge du tribunal judiciaire.
Quels sont les critères pour prolonger une hospitalisation sans consentement ?
Pour prolonger une hospitalisation, il faut prouver que le patient présente toujours des troubles rendant impossible son consentement et nécessitant des soins immédiats.

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