Tribunal judiciaire, juge libertés détention, 23 juin 2026 — n° 26/03062
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conditions de prolongation de la rétention administrative d'un étranger en situation irrégulière ?
Principe retenu
La prolongation de la rétention administrative d'un étranger doit être justifiée par des éléments concrets relatifs à la situation de l'individu, notamment en cas de non-respect des obligations de quitter le territoire.
Faits clés
- Monsieur [S] [T] est de nationalité algérienne et a été placé en rétention administrative.
- Il a été condamné à trois reprises entre 2021 et 2025.
- Il a fait l'objet de 13 signalements entre 2017 et 2025.
- Il s'est soustrait à trois obligations de quitter le territoire entre 2018 et 2021.
- Il n'a pas de documents en cours de validité.
Articles cités
article L. 743-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L. 141-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Exposé du litige
COUR D'APPEL DE NÎMES
TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NÎMES
MAGISTRAT DU SIEGE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE NIMES
Requête: N° RG 26/03062 - N° Portalis DBX2-W-B7K-LTIL
ORDONNANCE DU 23 Juin 2026 SUR [J] DEMANDE DE TROISIEME PROLONGATION DE RÉTENTION ADMINISTRATIVE
Nous, Elodie DUMAS, vice-présidente, magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES, assisté de Julie EZQUERRA, siégeant publiquement conformément à l’article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
Vu les articles L. 742-1 à L. 743-25 et les articles R. 743-1 à R. 743-9 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Vu l'article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
En vertu de l'article L. 743-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, une visio-conférence a été organisée entre le tribunal judiciaire de Nîmes et le centre de rétention de Nîmes pour la tenue de l'audience.
Les avis prévus par les articles R. 743-3 et R . 743-4 du CESEDA ayant été donnés par le greffier ;
Vu la requête reçue au greffe le 21 Juin 2026 à 18h19 enregistrée sous le numéro N° RG 26/03062 - N° Portalis DBX2-W-B7K-LTIL présentée par Madame [K] DE [J] HAUTE CORSE concernant :
Monsieur [S] [T]
né le 27 Septembre 1993 à [Localité 1]
de nationalité Algérienne ;
Vu l'arrêté préfectoral ordonnant une obligation de quitter le territoire français en date du 6 janvier 2025 et notifié le 6 janvier 2025 ayant donné lieu à une décision de placement en rétention en date du 23 avril 2026 notifiée le même jour à 16h30 ;
Vu l'ordonnance du 29 avril 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de BASTIA autorisant la prolongation de la mesure de rétention pour une durée de 26 jours et confirmée par ordonnance du Premier président de la Cour d’appel de BASTIA ;
Vu l'ordonnance du 23 mai 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de NIMES autorisant la prolongation de la mesure de rétention pour une durée de 30 jours et confirmée par ordonnance du Premier président de la Cour d’appel de NIMES le 26 mai 2026 ;
Attendu que Monsieur le Préfet requérant, régulièrement avisé, est représenté par Monsieur [V] [R], fonctionnaire administratif assermenté ;
Attendu que la personne concernée par la requête est assistée de Me Anaïs LOPES , avocat commis d'office, désigné par Madame le Bâtonnier du Barreau de NÎMES, qui a pris connaissance de la procédure et s'est entretenu librement avec son client ;
Attendu qu'en application de l'article L. 141-2 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile la personne étrangère présentée a déclaré au début de la procédure comprendre et savoir lire la langue arabe et a donc été entendue avec l'assistance d'un interprète en cette langue, Madame [L] [C] [D] inscrit sur une des listes des experts de la Cour d'Appel
DEROULEMENT DES DEBATS
La personne étrangère déclare: Je parle un petit peu français. Je suis Algérien. C'est vous qui décidez Madame. Oui, j'ai besoin d'une traduction Je n'ai pas de passeport, j'ai été victime d'un cambriolgae, on m'a volé toutes mes affaires. Je n'ai pas refusé d'être entendu, j'étais malade.
Me [F] [P] ne soulève aucune nullité de procédure ;
Le représentant de la Préfecture : OQTF du 06/01/25, il n'a pas respecté son assignation à résidence. Il a été condamné à trois reprises entre 2021 et 2025. Il fait l'objet de 13 signalisations entre 2017 et 2025. Il s'est soustrait à 3 OQTF entre 2018 et 2021. Il n'a pas de documents en cours de validité. Il a refusé de se présenter à l'audition devant le autorités le 03/06.
Sur le fond, le représentant de la Préfecture demande la prolongation de la rétention administrative de Monsieur [S] [T].
***
Sur le fond, Me [F] [P] s'en rapporte, il honorera sans difficulté un prochain rendez-vous sauf difficulté médicale.
La personne étrangère déclare : Je n'ai pas refusé de rencontrer les autorités, j'étais malade, je ne pouvais pas marcher.
Motivations de la décision
MOTIFS DE [J] DECISION
- sur le fond
Attendu que le dernier alinéa de l’article L. 742-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, prévoit que le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de soixante jours, dans les cas suivants :
1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ;
2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ;
3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison :
a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ;
b) de l'absence de moyens de transport.
Qu'en l"espèce il ressort de la procédure que Monsieur [S] [T] ne disposait au moment de son interpellation d'aucun document d'identité ni d'aucun document de voyage et n'en a pas davantage communiqué depuis aux autorités administratives, de sorte qu'il est nécessaire de l'identifier formellement avant de pouvoir procéder à son éloignement effectif ; que l'administration justifie avoir accompli les diligences utiles et effectives en saisissant le 24 avril 2026 le consulat algérien d'une demande d'identification, l'étranger déclarant être ressortissant de ce pays ; qu'une présentation consulaire a été programmée le 3 juin 2026 ; qu'à cette date, l'intéressé a refusé d'être extrait du centre de rétention au motif qu'il était malade ; qu'il ne justifie cependant pas de cet empêchement par la production d'une attestation du service médical par exemple, de sorte que son comportement peut être caractérisé d'obstruction volontaire à son éloignement justifiant une prolongation de la mesure ; qu'en outre, du fait de son positionnement, la demande d'identification a été tranmsise aux autorités centrales d'[Localité 2] ce qui a pour effet d'allonger la procédure d'identification ; que l'administration est dans l'attente d'un retour des autorités algériennes ;
qu'ainsi, la prolongation de la mesure demeure justifiée et nécessaire aux fins qu’il puisse être procédé effectivement à son éloignement.
qu’en conséquence, il sera fait droit à la requête préfectorale ;
PAR CES MOTIFS
DECLARONS la requête recevable ;
Dispositif
ORDONNONS pour une durée maximale de 30 jours commençant à l’expiration du délai de 30 jours précédemment accordé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire, le maintien dans des locaux ne relevant pas de l'administration pénitentiaire de Monsieur [S] [T]
né le 27 Septembre 1993 à [Localité 1]
de nationalité Algérienne
et DISONS que la mesure de rétention prendra fin à l’expiration d’un délai de 30 jours à compter du 22 juin 2026 ;
RAPPELONS à la personne étrangère que, pendant toute la période de la rétention, elle peut demander l’assistance d’un interprète, d’un conseil ainsi que d’un médecin et communiquer avec son consulat et avec une personne de son choix et qu’un espace permettant aux avocats de s’entretenir confidentiellement avec les étrangers retenus est prévu au Centre de Rétention de [Localité 3] ;
AVISONS cette personne de ce que la présente décision est susceptible d'être frappée d'appel devant le Premier Président de la Cour d'Appel de Nîmes, dans les 24 heures de son prononcé, que ce délai est susceptible d'être prorogé jusqu'au premier jour ouvrable suivant s'il expire normalement un samedi, un dimanche, ou un jour férié ou chômé ;
AVISONS cette personne que l'appel doit être formé par une déclaration motivée transmise par tout moyen au Greffe de la Cour d'Appel de Nîmes (mail : [Courriel 1])
AVISONS la personne concernée que la même faculté appartient à Monsieur le [Etablissement 1] demandeur et à Monsieur le Procureur de la République près ce Tribunal ;
LUI INDIQUONS en outre que Monsieur le procureur de la République a seul la possibilité, dans un délai de 6 heures à compter de la notification de demander la suspension de l’exécution de la présente ordonnance et à cette fin de la maintenir à la disposition de la justice pendant ce délai et jusqu’à décision de Monsieur le Premier Président ou si celui-ci donne un effet suspensif à l’appel du ministère public, jusqu’à ce qu’il soit statué sur le fond.
Fait à [Localité 3], en audience publique, le 23 Juin 2026 à
LE GREFFIER [J] PRESIDENTE
Reçu notification le 23 Juin 2026 à
LE PRÉFET L’INTÉRESSÉ L’AVOCAT L’INTERPRÈTE
Pris connaissance ce jour à heures
☐ de l’ordonnance de maintien en rétention de Monsieur [S] [T]
☐ de l’ordonnance ayant assigné à résidence Monsieur [S] [T]
☐ de l’ordonnance ayant mis fin à la rétention de Monsieur [S] [T]
et déclare :
☐ Faire appel de la présente ordonnance assorti d’une demande d’effet suspensif devant Monsieur le Premier Président
☐ Ne pas faire appel de la présente ordonnance
Le Procureur de la République
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Madame [K] DE [J] HAUTE CORSE
le 23 Juin 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée au Centre de Rétention Administrative de [Localité 3];
le 23 Juin 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée par le Centre de Rétention Administrative de [Localité 3] au retenu, accompagnée du récépissé de notification ;
le 23 Juin 2026 à par mail Le Greffier
☐ Notification de la présente ordonnance a été donnée à Me Anaïs LOPES ;
le 23 Juin 2026 à par mail Le Greffier
PROCÈS VERBAL DES OPÉRATIONS TECHNIQUES
UTILISATION D’UN MOYEN DE TÉLÉCOMMUNICATION AU [Localité 4] D’UNE AUDIENCE TENUE EN MATIERE DE RETENION ADMINISTRATIVE
(art L743-7 du CESEDA)
Visio conférence tenue le 23 Juin 2026 entre le Tribunal Judiciaire de NIMES et le Centre de rétention de NIMES
dans la procédure suivie contre :
Madame [K] DE [J] HAUTE CORSE contre Monsieur [S] [T]
Procès verbal établi par Julie EZQUERRA greffier
La communication a été établie à 9h51
Les tests de vérification du caractère correct de la liaison ont été effectués
La communication a été interrompue à 9h56
x La liaison n’a pas été perturbée par un incident technique
☐ La liaison a été perturbée par l’incident technique suivant :
Fait à [Localité 3], le 23 Juin 2026
RÉCÉPISSÉ A REMPLIR PAR L’INTERMÉDIAIRE DU…
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure qui permet de maintenir un étranger en détention dans l'attente de son expulsion du territoire français.
Comment se passe la prolongation de la rétention administrative ?
La prolongation de la rétention administrative doit être demandée par la Préfecture et justifiée par des éléments concrets relatifs à la situation de l'individu.
Quels sont les droits d'un étranger en rétention ?
L'étranger en rétention a le droit d'être assisté par un avocat et de contester la décision de rétention devant le tribunal compétent.
Comment contester une décision de rétention administrative ?
La contestation doit être faite par une déclaration motivée au greffe de la cour d'appel dans un délai de 24 heures suivant la notification de la décision.
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