Tribunal judiciaire, j.l.d., 23 juin 2026 — n° 26/04640
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conditions et procédures de prolongation d'une mesure de rétention administrative ?
Principe retenu
La prolongation d'une mesure de rétention administrative doit être justifiée par des motifs légaux et respecter les droits de l'individu retenu. En cas de désistement du recours par la personne retenue, celui-ci devient sans objet.
Faits clés
- Monsieur [S] [N] a été placé en rétention administrative par le préfet du Bas-Rhin.
- La décision de placement a été notifiée le 17 juin 2026.
- Monsieur [S] [N] a demandé l'annulation de cette décision le 20 juin 2026.
- Le préfet a demandé la prolongation de la rétention pour 26 jours le 21 juin 2026.
- Monsieur [S] [N] a exprimé son souhait de quitter rapidement le territoire français.
Articles cités
article L.614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L.742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article R.743-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article R.741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L.743-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
article L.744-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile
Exposé du litige
Tribunal judiciaire
de Strasbourg
--------------
[Adresse 1]
[Adresse 1]
[Localité 1]
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Juge des Libertés et de la Détention
Ordonnance statuant sur la contestation de l’arrêté de placement en rétention et sur la première requête en prolongation d’une mesure de rétention administrative
N° RG 26/04640 - N° Portalis DB2E-W-B7K-OM6O
Affaire jointe N°RG 26/4641
Le 23 Juin 2026
Devant Nous, Gaëlle TAILLE, juge des libertés et de la détention au tribunal judiciaire de Strasbourg, statuant en qualité de magistrat du siège en audience publique, au palais de justice, assistée de Zénaïde WAECKERLE, Greffier,
Vu les articles L.614-1 et suivants, L. 742-1 et suivants, R 743-1 et suivants et R 741-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Vu l’arrêté pris le 18 octobre 2024 par le préfet du Bas-Rhin faisant obligation à Monsieur [S] [N] de quitter le territoire français ;
Vu la décision de placement en rétention administrative prise le 16 juin 2026 par MONSIEUR LE PRÉFET DU BAS-RHIN à l’encontre de M. [S] [N], notifiée à l’intéressé le 17 juin 2026 à 14h20 ;
1) Vu le recours de M. [S] [N] daté du 20 juin 2026 , reçu le 20 juin 2026 à 14h43 au greffe du tribunal, par lequel il demande au tribunal d’annuler la décision de placement en rétention administrative pris à son encontre ;
2) Vu la requête de MONSIEUR LE PRÉFET DU BAS-RHIN datée du 21 juin 2026, reçue le 21 juin 2026 à 13h06 au greffe du tribunal, tendant à la prolongation de la rétention administrative pour une durée de vingt-six jours de :
M. [S] [N]
né le 12 Novembre 1991 à [Localité 2] (TURQUIE), de nationalité Turque
Vu l’extrait individualisé du registre prévu par l’article L. 744-2 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
Vu l’avis d’audience à la préfecture et au parquet par courrier électronique en date du 22 juin 2026 ;
En présence de [K] [V], interprète en langue turque, assermenté auprès de la cour d’appel de Colmar
Dossier N° RG 26/04640 - N° Portalis DB2E-W-B7K-OM6O
Après avoir, en audience publique, rappelé à la personne retenue, présente par visioconférence, les droits qui lui sont reconnus par le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, puis entendu en leurs observations, moyens et arguments :
- Me Sarah LAGHA, avocat de permanence au barreau de Strasbourg désigné d’office à la demande de la personne retenue pour l’assister ;
- M. [S] [N] ;
- Maître Beril MOREL, agissant pour le compte du cabinet CENTAURE Avocats, avocat représentant la préfecture ;
Motivations de la décision
MOTIFS DE LA DÉCISION
SUR LA JONCTION DES PROCEDURES :
Attendu qu’en vertu de l’article L. 743-5 du CESEDA, lorsque le magistrat du siège du tribunal judiciaire est saisi par l'étranger aux fins de contestation de la décision de placement en rétention en application de l'article L. 741-10 et par l'autorité administrative aux fins de prolongation de la rétention en application de l'article L. 742-1, l'audience est commune aux deux procédures, sur lesquelles il est statué par ordonnance unique; qu’il convient, dès lors, de joindre les deux procédures à savoir, celle introduite par la requête de MONSIEUR LE PRÉFET DU BAS-RHIN enregistrée sous le N° RG 26/04640 - N° Portalis DB2E-W-B7K-OM6O et celle introduite par le recours de M. [S] [N] enregistré sous le N°RG 26/4641 ;
SUR LA CONTESTATION DE L’ARRETE DE PLACEMENT EN RETENTION :
Attendu qu’à l’audience, M. [N] a indiqué qu’il se désistait de son recours en contestation , son objectif étant de rejoindre le plus rapidement possible la Turquie ainsi qu’en témoignent ses démarches déjà engagées auprès de l’OFII en vue d’un départ volontaire ; que son Conseil a confirmé ce désistement ; qu’il convient donc d’en prendre acte et de constater que ce recours est devenu sans objet ;
SUR LA DEMANDE DE PROLONGATION DE LA RÉTENTION :
Attendu qu’il ressort de l’examen des pièces jointes à la requête et des mentions figurant au registre prévu à l’article L. 744-2 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile que M. [N] a été, dans les meilleurs délais suivant la notification de la décision de placement en rétention, pleinement informée de ses droits et placé en état de les faire valoir à compter de son arrivée au lieu de rétention ;
Attendu que M. [N] a été placé, à l’issue d’une garde-à-vue, en rétention administrative le 16 juin 2026 aux fins de mettre à exécution un arrêté portant obligation de quitter le territoire français en date du 18 octobre 2024 ;
Attendu que la mesure d’éloignement n'a pu être mise à exécution dans le délai de 96 heures qui s’est écoulé depuis la décision de placement en rétention ;
Attendu qu’il n’est émis aucune critique sur les diligences accomplies jusqu’à présent par l’Administration pour que, conformément aux exigences de l’article L.741-3 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, la rétention n’excède pas le temps strictement nécessaire au départ de la personne faisant l’objet de la mesure d’éloignement ; qu’il résulte en effet du dossier que M. [N] ayant remis son passeport turc en cours de validité, la préfecture a effectué une demande de routing vers la Turquie dès son placement en rétention ;
Attendu que M. [N] ne remplit pas les conditions d’une assignation à résidence en ce sens qu’il a certes préalablement remis à un service de police ou à une unité de gendarmerie un passeport en cours de validité, mais qu’il ne présente pas des garanties de représentation effectives à défaut de justifier d’un domicile fixe et certain sur le territoire français ; qu’en effet M. [N] déclare lui-même que le [Adresse 2] à [Localité 3] correspond au logement de son ex-épouse et qu’il ne souhaite pas y retourner ;
Qu’en conséquence, rien ne s’oppose à ce que soit ordonnée la prolongation de la rétention administrative de la personne visée par la requête du préfet ;
PAR CES MOTIFS
ORDONNONS la jonction de la procédure introduite par le recours de M. [S] [N] enregistré sous le N°RG 26/4641 et celle introduite par la requête de MONSIEUR LE PRÉFET DU BAS-RHIN enregistrée sous le N° RG 26/04640 - N° Portalis DB2E-W-B7K-OM6O ;
CONSTATONS le désistement de M. [S] [N] de son recours en contestation ;
DECLARONS le recours en contestation de M. [S] [N] sans objet ;
DÉCLARONS la requête du MONSIEUR LE PRÉFET DU BAS-RHIN recevable et la procédure régulière ;
Dispositif
ORDONNONS la prolongation de la rétention de M. [S] [N] au centre de rétention administrative de [Localité 4], ou dans tout autre centre ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire, pour une durée de vingt-six jours ;
DISONS avoir informé l’intéressé que la présente décision est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel de Colmar dans les 24 heures à compter du prononcé de la présente ordonnance par déclaration motivée faite ou remise par tous moyens au greffe de la cour d’appel et que le recours n’est pas suspensif, conformément aux articles R 743-10 et R 743-11 du CESEDA.
Prononcé publiquement au tribunal judiciaire de Strasbourg, le 23 juin 2026 à h .
Le greffier, Le juge des libertés et de la détention,
qui ont signé l’original de l’ordonnance.
Pour information de la personne retenue:
- La présente ordonnance est susceptible d’appel devant le premier président de la cour d’appel de COLMAR dans les 24 heures de son prononcé. Le délai d’appel qui expirerait normalement un samedi, un dimanche ou un jour férié ou chômé, est prorogé jusqu’au premier jour ouvrable suivant. Le premier président est saisi par une déclaration écrite motivée, transmise par tout moyen au greffe de la cour d’appel de COLMAR, par courriel à l’adresse [Courriel 1]. Cet appel n’est pas suspensif. L’intéressé est maintenu à disposition de la justice jusqu’à l’audience qui se tiendra à la cour d’appel.
- Vous pouvez, pendant toute la durée de votre rétention, demander l’assistance d’un interprète, d’un avocat ainsi que d’un médecin, et communiquer avec votre consulat ou toute personne de votre choix.
- Vous avez également le droit de contacter toute organisation et nationale, internationale ou non gouvernementale compétente pour visiter les lieux de rétention, notamment :
• le Contrôleur général des lieux de privation de liberté ([Adresse 3] ; www.cglpl.fr ; tél. : [XXXXXXXX01] ; fax : [XXXXXXXX02]) ;
• le Défenseur des droits ([Adresse 4] ; tél. : [XXXXXXXX03]) ;
• France Terre d’Asile ([Adresse 5] ; tél. : [XXXXXXXX04]) ;
• Forum Réfugiés Cosi ([Adresse 6] ; tél. : [XXXXXXXX05]) ;
• Médecins sans frontières - MSF ([Adresse 7] ; tél. : [XXXXXXXX06]).
- ASSFAM – Groupe SOS Solidarités est à votre disposition, sans formalité, pour vous aider dans l’exercice effectif de vos droits, aux heures d’accueil précisées par le règlement intérieur.
- Vous pouvez aussi demander, à tout moment, qu’il soit mis fin à votre rétention par simple requête, motivée et signée, adressée au juge des libertés et de la détention par tout moyen, accompagnée de toutes les pièces justificatives.
Reçu le 23 juin 2026, dans une langue comprise, notification de la présente ordonnance avec remise d’une copie intégrale, information du délai d’appel et des modalités d’exercice de cette voie de recours, ainsi que le rappel des droits en rétention.
La personne retenue, présente par visioconférence,
Copie intégrale de la présente ordonnance a été transmise par l’intermédiaire d’un moyen de télécommunication comportant un accusé de réception, le 23 juin 2026, à l’avocat du MONSIEUR LE PRÉFET DU BAS-RHIN, absent au prononcé de la décision.
Copie intégrale de la présente ordonnance a été transmise par l’intermédiaire d’un moyen de télécommunication comportant un accusé de réception, le 23 juin 2026, à l’avocat de la personne retenue, absent au prononcé de la décision.
La présente décision a été adressée le 23 Juin 2026 courrier électronique à Madame le procureur de la République
Le greffier,
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure qui permet à l'administration de maintenir une personne sur le territoire français en attendant son expulsion.
Quels sont mes droits en rétention ?
En rétention, vous avez le droit d'être assisté par un avocat, de communiquer avec votre consulat et de demander l'assistance d'un interprète.
Comment demander la prolongation de ma rétention ?
La prolongation de la rétention doit être demandée par l'autorité administrative, et vous pouvez contester cette demande devant le tribunal.
Que faire si je souhaite quitter la France rapidement ?
Vous pouvez exprimer votre souhait de quitter le territoire à l'administration et engager des démarches pour un départ volontaire.
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