Tribunal judiciaire, jex, 24 juin 2026 — n° 25/01232
Synthèse de la décision
Question juridique
Quelles sont les conditions d'homologation d'un protocole d'accord transactionnel entre parties ?
Principe retenu
Les conventions légalement formées engagent leurs signataires. La transaction est un contrat par lequel les parties, par des concessions réciproques, terminent une contestation née ou préviennent une contestation à naître, et doit être rédigée par écrit.
Faits clés
- La SAS [X] a contracté quatre prêts auprès de la Caisse de Crédit Mutuel de Lannion.
- Un protocole d'accord a été régularisé le 6 juin 2023 en raison de difficultés de paiement.
- La Caisse de Crédit Mutuel a délivré un commandement aux fins de saisie-vente le 4 février 2025.
- Les parties ont finalisé un nouvel accord le 7 avril 2026.
- L'accord a été homologué par le tribunal de Saint-Brieuc.
Articles cités
article 1103 du Code civil
article 2044 du Code civil
article 514 du Code de Procédure Civile
Exposé du litige
RAPPEL DES FAITS, PROCÉDURE, PRÉTENTIONS ET MOYENS DES PARTIES:
La SAS [Z] devenue la SAS [X] exerce une activité de conseil en relations publiques et communication.
Suivant acte sous seing privé, la SAS [X] a notamment régularisé auprès de la Caisse de Crédit Mutuel de Lannion quatre contrats de prêts :
- le 7 novembre 2018 un contrat de prêt n°1 d’un montant de 25.475€,
- le 7 novembre 2018 un contrat de prêt n°2 d’un montant de 9.125€,
- le 22 décembre 2018 un contrat de prêt n°3 d’un montant de 23.000€,
- le 22 décembre 2018 un contrat de prêt n°4 d’un montant de 7.000€.
En raison de difficultés dans le règlement des échéances, un protocole d’accord a été régularisé entre les parties le 6 juin 2023. Ledit protocole a été homologué par le tribunal de commerce de Saint-Brieuc le 8 juin 2023.
Considérant que le protocole n’était pas respecté, la Caisse de Crédit Mutuel de Lannion a fait délivré à la SAS [X] un commandement aux fins de saisie-vente le 4 février 2025.
Suivant assignation délivrée le 28 mai 2025, la SAS [X] a saisi le juge de l’exécution de Saint-Brieuc afin à titre principal de solliciter le prononcé de la nullité du procès-verbal de saisie-vente et, à titre subsidiaire, obtenir des délais de paiement sur 24 mois.
Après plusieurs renvois à la demande des parties, l’affaire a été appelée et plaidée à l’audience du 13 mai 2026.
Lors de cette audience, la SAS [X] et la Caisse de Crédit Mutuel de Lannion, représentées par leurs conseils respectifs, ont fait valoir qu'un protocole d'accord transactionnel a été finalisé entre les parties le 7 avril 2026. Elles ont demandé l'homologation de l'accord intervenu entre les parties.
En cet état l’affaire a été mise en délibéré, la décision étant prononcée par mise à disposition au greffe le 24 juin 2026.
Motivations de la décision
MOTIFS DU JUGEMENT:
Sur le protocole d'accord transactionnel régularisé entre les parties :
Aux termes de l'article 1103 du Code civil, les conventions légalement formées engagent leurs signataires.
En application de l'article 2044 du même Code :
« La transaction est un contrat par lequel les parties, par des concessions réciproques, terminent une contestation née, ou préviennent une contestation à naître.
Ce contrat doit être rédigé par écrit ».
En l’espèce, les parties, assistées de leurs conseils respectifs, ont trouvé un accord régularisé le 26 mars 2026 par la Caisse de Crédit Mutuel de Lannion et le 7 avril 2026 par la SAS [X]. Elles produisent cet accord.
Dans ces conditions, il y a lieu d'homologuer l'accord intervenu entre les parties le 7 avril 2026 et il lui sera conféré force exécutoire.
Chaque partie conservera la charge de ses frais et dépens.
En application de l'article 514 du Code de Procédure Civile modifié par le décret du 11 décembre 2019, applicable aux instances introduites après le 1er janvier 2020, l'exécution provisoire est de droit.
Dispositif
PAR CES MOTIFS
La juge de l’exécution, statuant publiquement par mise à disposition au greffe, par jugement contradictoire en premier ressort,
HOMOLOGUE le protocole d'accord transactionnel intervenu le 7 avril 2026 entre la SAS [X] et la Caisse de Crédit Mutuel de Lannion ;
CONFERE force exécutoire à cet accord ;
CONSTATE l'extinction de l'instance ;
DIT qu'une ampliation originale de ce protocole d'accord sera jointe à la minute de la présente décision ;
DIT que chacune des parties supportera ses propres frais et dépens ;
RAPPELLE que l’exécution provisoire est de droit.
Ainsi jugé et prononcé le jour dit.
La présente décision a été signée par Madame ROUSSEL, juge de l’exécution, et par Madame GABILLARD, greffière présente lors de son prononcé.
LA GREFFIÈRE LA JUGE DE L’EXECUTION
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un protocole d'accord ?
Un protocole d'accord est un document qui formalise un accord entre deux parties, souvent utilisé pour résoudre des litiges ou des différends.
Comment se passe l'homologation d'un protocole d'accord ?
L'homologation d'un protocole d'accord se fait par un juge qui vérifie que l'accord respecte les conditions légales et qu'il est conforme à l'ordre public.
Quels sont les effets d'une homologation ?
L'homologation confère à l'accord une force exécutoire, ce qui signifie qu'il peut être appliqué comme une décision de justice.
Que faire en cas de non-respect d'un protocole d'accord ?
En cas de non-respect, la partie lésée peut demander l'exécution forcée de l'accord ou engager une procédure judiciaire pour faire valoir ses droits.
Une question similaire ? Posez-la à Justiweb
Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.
Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif.
Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique,
consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.