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Tribunal judiciaire, jld, 24 juin 2026 — n° 26/02402

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de prolongation de la rétention administrative d'un étranger en situation irrégulière ?

Principe retenu

Le magistrat peut prolonger la rétention administrative au-delà de trente jours en cas d'urgence absolue, de menace pour l'ordre public, ou lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte de documents de voyage ou d'obstruction à l'éloignement.

Faits clés

  • Monsieur [P] [I] [N] est de nationalité vietnamienne et a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français.
  • Il a été placé en rétention administrative pour une durée initiale de quatre-vingt-seize heures.
  • La préfecture a demandé une prolongation de la rétention pour une durée maximale de trente jours.
  • Les conditions de l'article L.742-4 du CESEDA sont remplies pour justifier cette prolongation.
  • L'intéressé a été informé de ses droits et des possibilités de recours.

Articles cités

article L.742-1 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.742-4 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-4 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-6 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-8 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-20 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile article L.743-24 du Code de l'Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d'Asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Au nom du Peuple Français TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER ORDONNANCE STATUANT SUR UNE DEMANDE DE PROLONGATION DE RETENTION Appel des causes le 24 Juin 2026 à 10h00 en visioconférence Div\étrangers N° étr\N° RG 26/02402 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76TVK Nous, Monsieur RUBIO GULLON Manuel, Président du Tribunal judiciaire de BOULOGNE SUR MER, juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers, assisté de Mme Samira CHAIB, Cadre greffier, statuant en application des articles L.742-1, L.743-4, L.743-6 à L.743-8, L. 743-20 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile; Vu l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire ; En présence de Madame [J] [A] [R], interprète en langue vietnamienne, serment préalablement prêté ; En présence de Maître Antoine PATINIER représentant de M. LE PREFET DU NORD ; Vu le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile notamment en ses articles L. 741-1 et suivants ; Monsieur [P] [I] [N] de nationalité Vietnamienne né le 28 Décembre 1985 à [Localité 1] (VIETNAM), a fait l’objet : - d’une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite, lui faisant interdiction de retour sur le territoire français et d’un arrêté ordonnant son placement en rétention administrative pour une durée de quatre-vingt seize heures prononcée le 25 mai 2026 par M. PREFET DU NORD , qui lui a été notifié le 25 mai 2026 à 16h30. Par requête du 23 Juin 2026, arrivée par courrier électronique à 08h50 M. LE PREFET DU NORD invoquant devoir maintenir l’intéressé au-delà de quatre-vingt-seize heures, prolongé par un délai de VINGT-SIX JOURS selon l’ordonnance du 29 mai 2026, demande l’autorisation de prolonger ce délai pour une durée de TRENTE JOURS maximum. En application des articles L.743-9 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile il a été rappelé à l’intéressé, assisté de Me Claire TRIQUET, avocat au Barreau de BOULOGNE-SUR-MER et commis d’office, les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention et a été informé des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant ; qu’il a été entendu en ses observations L’intéressé déclare : Je souhaite être assisté d’un avocat. J’ai bien eu connaissance de la décision de rejet d’asile par L’OFPRA. Je n’ai rien à dire. L’avocat de la Préfecture entendu en ses observations ; sollicite la prolongation de la rétention administrative de l’intéressé. Les diligences de l’administration ont été effectuées. Les conditions de l’article L742-4 du CESEDA sont remplies. Me Claire TRIQUET entendue en ses observations : je n’ai pas d’observation. Je m’en rapporte. L’intéressé : je voudrais être libre le plus tôt possible.

Motivations de la décision

MOTIFS Selon l’article L. 742-4 du CESEDA, le magistrat du siège du tribunal judiciaire peut, dans les mêmes conditions qu'à l'article L. 742-1, être à nouveau saisi aux fins de prolongation du maintien en rétention au-delà de trente jours, dans les cas suivants : 1° En cas d'urgence absolue ou de menace pour l'ordre public ; 2° Lorsque l'impossibilité d'exécuter la décision d'éloignement résulte de la perte ou de la destruction des documents de voyage de l'intéressé, de la dissimulation par celui-ci de son identité ou de l'obstruction volontaire faite à son éloignement ; 3° Lorsque la décision d'éloignement n'a pu être exécutée en raison : a) du défaut de délivrance des documents de voyage par le consulat dont relève l'intéressé ou lorsque la délivrance des documents de voyage est intervenue trop tardivement pour procéder à l'exécution de la décision d'éloignement ; b) de l'absence de moyens de transport. L'étranger peut être maintenu à disposition de la justice dans les conditions prévues à l'article L. 742-2. Si le juge ordonne la prolongation de la rétention, celle-ci court à compter de l'expiration de la précédente période de rétention et pour une nouvelle période d'une durée maximale de trente jours. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas soixante jours. La prolongation de la rétention peut être renouvelée une fois, dans les mêmes conditions. La durée maximale de la rétention n'excède alors pas quatre-vingt-dix jours. Il résulte des éléments de la procédure que l’administration a effectué une demande de laissez-passer consulaire auprès des autorités vietnamiennes le 26 mai 2026. En complément de cette demande, une demande de réadmission officielle a été adressée à l’ambassade du Viëtnam le 29 mai 2026. Des relances leur ont été adressées les 09 juin et 19 juin dernier ; qu’une demande de routing a été faite auprès du pôle central d’éloignement le 25 mai 2026. En outre, Monsieur [N] a fait une demande d’asile le 26 mai 2026. Un arrêté de maintien en rétention administrative a été notifié à l’intéressé le 26 mai 2026 à 13h45. L’OFPRA a rejeté sa demande d’asile le 29 mai 2026 qui lui a été notifiée le 04 juin 2026. La préfecture du Nord a donc satisfait à l’obligation de diligences qui lui incombe en application de l’article L 741-3 du CESEDA. Les conditions d’application de l’article susvisé sontdonc réunies dès lors que l’administration est dans l’attente de la délivrance du laissez-passer consulaire des autorités vietnamiennes pour permettre l’exécution forcée de la mesure d’éloignement dont fait l’objet l’intéressé. L’intéressé ne présente pas de garanties suffisantes pour la mise à exécution de la mesure de reconduite à la frontière, des mesures de surveillance sont nécessaires. Eu égard aux nécessités invoquées par Monsieur le Préfet, il convient d’accorder la prorogation demandée.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Autorisons l’autorité administrative à retenir Monsieur [P] [I] [N] dans les locaux ne relevant pas de l’Administration pénitentiaire pour une prolongation de rétention administrative d’une durée maximale de TRENTE JOURS à compter de l’échéance de la précédente période de prolongation de rétention administrative NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par mail au CRA pour remise à l’intéressé qui, en émargeant ci-après, atteste avoir reçu copie et avisons l’intéressé de la possibilité de faire appel, devant le Premier Président de la Cour d’Appel ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt quatre heures de son prononcé ; l’informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 1] ) au greffe de la Cour d’Appel de DOUAI (numéro de FAX du greffe de la Cour d’Appel: [XXXXXXXX01].) ; lui indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par le Premier Président de la Cour d’Appel ou son délégué. L’avocat de la Préfecture, L’Avocat, Le Greffier, Le Juge, décision rendue à 10h14 Ordonnance transmise ce jour à M. LE PREFET DU NORD Ordonnance transmise au Tribunal administratif de LILLE N° étr\N° RG 26/02402 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76TVK Décision notifiée à ...h... L’intéressé, L’interprète,

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure qui permet de maintenir un étranger en détention dans l'attente de son éloignement du territoire français.
Quels sont les motifs de prolongation de la rétention administrative ?
La prolongation peut être justifiée par des raisons d'urgence, des menaces pour l'ordre public, ou des difficultés à exécuter la décision d'éloignement.
Quels droits ai-je pendant ma rétention administrative ?
Vous avez le droit d'être assisté par un avocat et d'être informé des possibilités de recours contre la décision de rétention.
Comment contester une décision de rétention administrative ?
Vous pouvez faire appel de la décision devant le Premier Président de la Cour d'Appel dans les vingt-quatre heures suivant sa notification.

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