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Tribunal judiciaire, jld, 24 juin 2026 — n° 26/02392

Maintien de la mesure de rétention administrative

Synthèse de la décision

Question juridique

Dans quelles conditions peut-on prolonger la rétention administrative d'un étranger en France ?

Principe retenu

La prolongation de la rétention administrative d'un étranger peut être accordée si l'administration a respecté ses obligations de diligence et si l'intéressé ne présente pas de garanties suffisantes pour la mise à exécution de la mesure d'éloignement.

Faits clés

  • Monsieur [R] [G] [E] est de nationalité éthiopienne et a été placé en rétention administrative.
  • Une obligation de quitter le territoire français a été prononcée à son encontre.
  • La préfecture a demandé une prolongation de la rétention pour une durée de 26 jours.
  • L'intéressé a exprimé des craintes de retourner dans son pays en raison de la guerre civile.
  • L'administration a effectué une demande de laissez-passer consulaire pour exécuter la mesure d'éloignement.

Articles cités

article L.742-1 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.743-4 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.743-6 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.743-8 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.743-20 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article L.743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile article R.213-12-2 du code de l’organisation judiciaire

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE Au nom du Peuple Français TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOULOGNE SUR MER ORDONNANCE STATUANT SUR UNE DEMANDE DE MAINTIEN EN RETENTION Appel des causes le 24 Juin 2026 à 10h00 en visioconférence Div\étrangers N° étr\N° RG 26/02392 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76TU3 Nous, Monsieur RUBIO GULLON Manuel, Président du Tribunal judiciaire de BOULOGNE SUR MER, juge chargé du contrôle des mesures restrictives et privatives de libertés en droit des étrangers, assisté de Mme CHAIB Samira, cadre greffier, statuant en application des articles L.742-1, L.743-4, L.743-6 à L.743-8, L. 743-20 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile; Vu l’article R. 213-12-2 du code de l’organisation judiciaire ; En présence de Monsieur [L] [M], interprète en langue amharique, serment préalablement prêté; En présence de Maître Antoine PATINIER représentant M. LE PREFET DU NORD ; Vu le Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile notamment en ses articles L. 741-1 et suivants ; Monsieur [R] [G] [E] de nationalité Ethiopienne né le 24 Octobre 1993 à [Localité 1] (ETHIOPIE), a fait l’objet : - d’une obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, fixant le pays de destination de la reconduite, lui faisant interdiction de retour sur le territoire français et ordonnant son placement en rétention administrative pour une durée de quatre-vingt seize heures, prononcé le 19 juin 2026 par M. LE PREFET DU NORD , qui lui a été notifié le 19 juin 2026 à 13h00. Par requête du 23 Juin 2026 reçue au greffe à 08h52, M. LE PREFET DU NORD invoquant devoir maintenir l’intéressé au-delà de quatre-vingt-seize heures, demande l’autorisation de prolonger ce délai pour une durée de VINGT SIX jours maximum. En application des articles L.743-9 et L. 743-24 du Code de l’Entrée et du Séjour des Etrangers et du Droit d’Asile il a été rappelé à l’intéressé, assisté de Me Claire TRIQUET, avocat au Barreau de BOULOGNE-SUR-MER et commis d’office, les droits qui lui sont reconnus pendant la rétention et a été informé des possibilités et des délais de recours contre toutes les décisions le concernant ; qu’il a été entendu en ses observations. L’intéressé déclare : Je souhaite être assisté d’un avocat. Dans mon pays, il y a la guerre civile. Je ne peux pas retourner dans mon pays, c’est pour cela que j’ai demandé l’asile. Je souhaite rester en France. L’avocat de la Préfecture entendu en ses observations ; sollicite la prolongation de la rétention administrative de l’intéressé. La procédure est régulière. L’administration a pris toutes les diligences nécessaires. Me Claire TRIQUET entendue en ses observations : je n’ai pas relevé d’irrégularité de procédure. Je m’en rapporte.

Motivations de la décision

MOTIFS Conformément au droit communautaire, en l’absence de moyen soulevé dans le cadre d’un recours déposé en application de l’article L 741-10 du Ceseda, aucun moyen susceptible d’être relevé d’office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. Il résulte des éléments de la procédure que l’administration a effectué une demande de laissez-passer consulaire auprès des autorités éthiopiennes le 20 juin 2026 pour permettre l’exécution forcée de la mesure d’éloignement dont fait l’objet l’intéressé ; qu’une demande de routing a également été adressée au pôle central d’éloignement le 19 juin 2026. La préfecture du Nord a donc satisfait à l’obligation de diligences qui lui incombe en application de l’article L741-3 du CESEDA. La procédure est régulière. L’intéressé ne présente pas de garanties suffisantes pour la mise à exécution de la mesure de reconduite à la frontière, des mesures de surveillance sont nécessaires. Eu égard aux nécessités invoquées par M. LE PREFET DU NORD, il convient d’accorder la prolongation demandée.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Autorisons l’autorité administrative à retenir : Monsieur [R] [G] [E] dans les locaux ne relevant pas de l’Administration pénitentiaire pour une prolongation de rétention administrative d’une durée maximale de VINGT SIX JOURS à compter de l’expiration du délai de quatre-vingt-seize heures fixé à l’article L 742-1 du CESEDA NOTIFIONS sur le champ la présente ordonnance par mail au CRA pour remise à l’intéressé qui, en émargeant ci-après, atteste avoir reçu copie et l’avisons de la possibilité de faire appel, devant la première présidente de la cour d’appel de Douai ou son délégué, de la présente ordonnance dans les vingt quatre heures de son prononcé ; l’informons que la déclaration d’appel doit être motivée et peut être transmise par tout moyen (notamment par mail via la boîte structurelle : [Courriel 1] ) au greffe de la Cour d’Appel de DOUAI ; lui indiquons que seul l’appel formé par le ministère public peut être déclaré suspensif par la première présidente de la cour d’appel de Douai ou son délégué. L’avocat de la Préfecture, L’Avocat, Le Greffier, Le Juge, décision rendue à 10h26 L’ordonnance a été transmise ce jour par mail à M. LE PREFET DU NORD et au Tribunal administratif de LILLE N° étr\N° RG 26/02392 - N° Portalis DBZ3-W-B7K-76TU3 Décision notifiée à ...h... L’intéressé, L’interprète,

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la rétention administrative ?
La rétention administrative est une mesure qui permet de maintenir un étranger en détention pour faciliter son éloignement du territoire français.
Quels sont mes droits pendant la rétention administrative ?
Vous avez le droit d'être assisté par un avocat, d'être informé des raisons de votre rétention et de contester la décision devant le tribunal.
Comment se déroule la procédure de prolongation de rétention ?
La préfecture doit justifier la nécessité de prolonger la rétention et respecter les délais et procédures prévues par la loi.
Que faire si je crains de retourner dans mon pays ?
Vous pouvez demander l'asile en France, ce qui vous permettra de bénéficier d'une protection si vous pouvez prouver des risques dans votre pays d'origine.

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