Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, j.l.d. ceseda, 22 juin 2026 — n° 26/06047

Mainlevée de la mesure de placement en zone d'attente

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de prolongation du maintien d'un étranger en zone d'attente au-delà de quatre jours ?

Principe retenu

Le maintien en zone d'attente au-delà de quatre jours peut être autorisé par le juge des libertés et de la détention, sous réserve que l'autorité administrative justifie les raisons pour lesquelles l'étranger n'a pu être rapatrié ou admis. La durée de prolongation ne peut excéder huit jours.

Faits clés

  • Monsieur [Y] [C] [H] [I], mineur, a été maintenu en zone d'attente à l'aéroport de [Etablissement 2].
  • Il a été maintenu en zone d'attente pour une durée initiale de 96 heures.
  • L'autorité administrative a demandé une prolongation de son maintien pour une durée de huit jours.
  • Monsieur [Y] [C] [H] [I] n'a pas été admis sur le territoire français ni rapatrié à l'issue de la période initiale.
  • La décision de prolongation a été prise par le juge des libertés et de la détention.

Articles cités

article L.342-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.342-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

COUR D’APPEL DE [Localité 1] ANNEXE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY [A] CESEDA AFFAIRE N° RG 26/06047 - N° Portalis DB3S-W-B7K-[Immatriculation 1] MINUTE N° RG 26/06047 - N° Portalis DB3S-W-B7K-[Immatriculation 1] ORDONNANCE sur demande de prolongation du maintien en zone d'attente (ART L342-1 du CESEDA) Le 22 Juin 2026, Nous, Catherine D'HERIN, magistrat du siège du tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté(e) de Christelle PICHON, Greffière Vu les dispositions des articles L.342-1 à L.342-11 et R.342-1 à R.342-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Vu les dispositions des articles L. 350-1, L.352-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Vu le décret n° 2026-453 du 6 juin 2026 relatif à la mise en œuvre de la procédure d'asile à la frontière prévue par le règlement (UE) 2024/1348 « Procédure », PARTIES : REQUERANT : Le directeur de la Police aux Frontières de l'aéroport [Etablissement 1] représenté par Me Géraldine LESIEUR (CABINET), avocat au barreau de PARIS, avocat plaidant, vestiaire : PERSONNE MAINTENUE EN ZONE D'ATTENTE : Monsieur [Y] [C] [H] [I] (mineur rep par Mme [W]) né le 29 Novembre 2018 à [Localité 2] de nationalité Ivoirienne assisté(e) de Me Lin BANOUKEPA , avocat au barreau de PARIS, avocat plaidant, avocat choisi Monsieur le procureur de la République, préalablement avisé, n'est pas présent à l'audience. DEROULEMENT DES DEBATS A l'audience publique, le président a procédé au rappel de l'identité des parties. Monsieur [Y] [C] [H] [I] (mineur rep par Mme [W]) a été entendu en ses explications ; Me Géraldine LESIEUR (CABINET), avocat plaidant représentant l'autorité administrative a été entendu en sa plaidoirie ; Me Lin BANOUKEPA , avocat plaidant, avocat de Monsieur [Y] [C] [H] [I] (mineur rep par Mme [W]), a été entendu en sa plaidoirie ; Le défendeur a eu la parole en dernier,

Motivations de la décision

MOTIVATIONS Monsieur [Y] [C] [H] [I] (mineur rep par Mme [W]) non autorisé(e) à entrer sur le territoire français le 18/06/2026 à 13:45 heures, a suivant décision du Chef de Service de contrôle aux frontières ou d'un fonctionnaire désigné par lui, en date du 18/06/2026 à 13:45 heures, été maintenu(e) dans la zone d'attente de l'aéroport de [Etablissement 2] pour une durée de 96 heures ; A l'issue de cette période la personne maintenue en zone d'attente n'a pas été admise et n'a pas pu être rapatriée ; Par saisine du 22 Juin 2026 l'autorité administrative sollicite la prolongation du maintien de Monsieur [Y] [C] [H] [I] (mineur rep par Mme [W]) en zone d'attente pour une durée de huit jours ; Par saisine du 22 Juin 2026 l'autorité administrative sollicite la prolongation du maintien de Monsieur [Y] [C] [H] [I] (mineur rep par Mme [W]) en zone d'attente pour une durée de trois jours ; Sur la demande de maintien en zone d'attente Par application des dispositions de l'article L.342-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le maintien en zone d'attente au-delà de quatre jours à compter de la décision initiale peut être autorisé, par le juge des libertés et de la détention "statuant sur l'exercice effectif des droits reconnus à l'étrangers", pour une durée qui ne peut être supérieure à huit jours; Et en vertu de l’article L.342-2 du même code, l'autorité administrative expose dans sa saisine les raisons pour lesquelles l'étranger n'a pu être rapatrié ou, s'il a demandé l'asile, admis, et le délai nécessaire pour assurer son départ de la zone d'attente ; Par ailleurs, l'existence de garanties de représentation de l'étranger n'est pas à elle seule susceptible de justifier le refus de prolongation de son maintien en zone d'attente. Si le juge judiciaire a la faculté de ne pas autoriser la prolongation du maintien en zone d’attente de l’étranger, il ne peut remettre en cause la décision administrative de refus d’entrer et doit s’assurer que celui-ci ne tente pas de pénétrer frauduleusement sur le territoire fran0çais et présente des garanties sur les conditions de son séjour mais également de départ du territoire français. L’article 3.1 de la convention internationale des droits de l’enfant dispose que dans toutes les décisions qui concernent des enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale, et l'article 3.2 de cette même convention dispose que "Les Etats parties s'engagent à assurer à l'enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être, compte tenu des droits et des devoirs des parents, des tuteurs ou des autres personnes légalement responsables de lui, et ils prennent à cette fin toutes les mesures législatives et administratives appropriées"; L'article 3.3 dispose que "Les Etats parties veillent à ce que le fonctionnement des institutions, services et établissements qui ont la charge des enfants et assurent leur protection soit conforme aux normes fixées par les autorités compétentes, particulièrement dans le domaine de la sécurité et de la santé et en ce qui concerne le nombre et la compétence de leur personnel ainsi que l'existence d'un contrôle approprié " ; L’article 20 de ladite convention prévoit que tout enfant qui est temporairement ou définitivement privé de son milieu familial ou qui dans son propre intérêt ne peut être laissé dans ce milieu a droit à une protection de l’Etat ; qu’en outre, la privation de liberté d’un enfant, quelle que soit la forme, ne doit être qu’une mesure de dernier ressort et être aussi brève que possible; L'article L.332-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction résultant de l'article 18 de la loi n 2018-778 du 10 septembre 2018, est complété d'un alinéa requérant une exigence "d'attention particulière" à accorder "aux personnes vulnérables notamment aux mineurs accompagnés ou non d'un adulte" ; Le maintien de l'étranger en zone d'attente au-delà de 96 heures n'est qu'une faculté pour le juge judiciaire, qui, s'il n'est pas juge de la validité de la décision administrative de refus d'admission sur le territoire, est cependant compétent pour apprécier la nécessité d'une mesure restrictive de liberté. L'article L.342-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ne contredit pas cette analyse, ni n'exclut la possibilité pour ce magistrat de tenir compte d'une régularisation, au regard notamment des conditions posées par l'article L.311-1 dudit code ; Refuser toute régularisation des conditions d'entrée et de garantie de séjour et de départ de l'espace Schengen après la décision de non-admission reviendrait à priver le juge judiciaire de son pouvoir d'appréciation et de sa faculté de ne pas autoriser la prolongation de maintien en zone d'attente que la loi lui accorde et priverait l'étranger de son droit à un recours effectif. En l’espèce il résulte de la procédure que Monsieur [Y] [C] [H] [I] (mineur rep par Mme [W]) , qui voyageait avec sa mère, a été retenueen zone d'attente, et son maintien est sollicité en raison du fait que le viatique de sa mère serait insuffisant alors qu'elle ne dispose d'une réservation d'hotel que pour deux jours.. A l'audience ce jour, la mère Mme [W] pour elle-même et en sa qualité de représentant légal de son enfant, chargée de veiller au respect des droits de l'enfant mineur, que son enfant n'a pas compris vraiment où il se trouvait, et croit être à l'hôtel qui était réservé pour qu'elle puisse rendre visite à des membres de sa famille sans s'imposer chez eux. Il ne comprend pas pourquoi ils restent là et ne peuvent pas partir voir leurs cousins et tantes. Le besoin de protection du mineur âgé de sept ans est établi. Le maintien en zone d'attente, qui constitue un lieu de privation de liberté et ne peut que préjudicier à son développement, cause en l'espèce une atteinte disproportionnée à ses droits. Dans ces conditions, en raison de la nécessité de protéger l'intérêt supérieur de cet enfant, la demande de l'administration de prolonger le maintien en zone d'attente sera rejetée.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire Disons n'y avoir lieu de prolonger le maintien de Monsieur [Y] [C] [H] [I] (mineur rep par Mme [W]) en zone d'attente à l'aéroport de [Etablissement 2]. Rappelons que l'administration doit restituer à l'intéressé l'intégralité de ses affaires personnelles, y compris son passeport et ses documents de voyage. Fait à [Localité 3], le 22 Juin 2026 à heures LE GREFFIER LE PRÉSIDENT NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE AUX PARTIES : Reçu copie de la présente ordonnance et notification de ce qu'elle est susceptible d'appel devant le premier président de la cour d'appel de Paris dans un délai de 24 heures à compter de la présente ordonnance (déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe du service des etrangers du premier président de la cour d'appel de Paris. Fax n° 01-44-32-78-05 ou mail [Courriel 1]). Cet appel n'est pas suspensif de l'exécution de la mesure d'éloignement. Information est donnée à l'intéressé(e) qu'il est maintenu(e) à disposition de la justice pendant un délai de 10 heures à compter de la notification de la présente ordonnance au procureur de la République, lorsqu'il est mis fin à son maintien en zone d'attente. LE REPRÉSENTANT DE L'ADMINISTRATION L'INTÉRESSÉ(E) L'INTERPRÈTE L'ADMINISTRATEUR AD'HOC AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE : (De 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00) La présente ordonnance mettant fin au maintien de l'étranger en zone d'attente a été notifiée au procureur de la République, absent à l’audience, par voie dématérialisée, le ..22 Juin 2026...... à ..........h............. Le greffier (De 12h00 à 14h00 et de 18h00 à 9h00) Le procureur de la République, absent à l’audience, a été avisé de la présente ordonnance mettant fin au maintien de l'étranger en zone d'attente, par un appel téléphonique donné par le greffier au magistrat de permanence générale, le ..22 Juin 2026...... à ..........h............. Ce magistrat : ❑ a indiqué interjeter appel et demander au premier président de déclarer son recours suspensif ❑ a indiqué ne pas entendre user de ce droit, de sorte que l’intéressé peut être remis en liberté ❑ n’a pu être joint, un message lui ayant été laissé Le greffier

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le maintien en zone d'attente ?
Le maintien en zone d'attente est une mesure administrative qui permet de retenir un étranger à la frontière pendant une durée déterminée, en attendant de décider de son admission sur le territoire ou de son rapatriement.
Comment se passe la prolongation du maintien en zone d'attente ?
La prolongation du maintien en zone d'attente doit être demandée par l'autorité administrative et autorisée par le juge des libertés, qui examine les raisons justifiant cette prolongation.
Quels sont les droits d'un mineur maintenu en zone d'attente ?
Un mineur maintenu en zone d'attente a des droits spécifiques, notamment le droit d'être assisté par un avocat et le droit à des conditions de détention adaptées à son âge.
Que se passe-t-il si l'étranger n'est pas rapatrié ?
Si l'étranger n'est pas rapatrié à l'issue de la période de maintien, l'administration doit justifier les raisons de ce non-rapatriement et peut demander une prolongation du maintien en zone d'attente.
Quels recours existent contre une décision de maintien en zone d'attente ?
L'étranger peut contester la décision de maintien en zone d'attente devant le juge des libertés et de la détention, qui peut décider de mettre fin à cette mesure.
Quels documents doivent être restitués à l'étranger à la fin de son maintien ?
À la fin de son maintien en zone d'attente, l'administration doit restituer à l'étranger l'intégralité de ses affaires personnelles, y compris son passeport et ses documents de voyage.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.