Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Tribunal judiciaire, j.l.d. ceseda, 22 juin 2026 — n° 26/06064

Mainlevée de la mesure de placement en zone d'attente

Synthèse de la décision

Question juridique

Quelles sont les conditions de prolongation du maintien en zone d'attente d'un étranger ?

Principe retenu

Le maintien en zone d'attente au-delà de quatre jours peut être autorisé par le juge des libertés et de la détention, sous réserve de justifications de l'autorité administrative concernant l'impossibilité de rapatriement ou d'admission de l'étranger. Le juge ne peut remettre en cause la décision administrative de refus d'entrée.

Faits clés

  • Madame [D] [T] [H] [I] a été maintenue en zone d'attente pour une durée initiale de 96 heures.
  • L'autorité administrative a demandé une prolongation du maintien pour huit jours.
  • Madame [D] [T] [H] [I] n'a pas été admise sur le territoire français.
  • Elle a été entendue en audience publique avec son avocat.
  • Le procureur de la République n'était pas présent à l'audience.

Articles cités

article L.342-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L.342-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

AFFAIRE N° RG 26/06064 - N° Portalis DB3S-W-B7K-5I5P COUR D’APPEL DE [Localité 1] ANNEXE DU TRIBUNAL JUDICIAIRE DE BOBIGNY J.L.D. CESEDA AFFAIRE N° RG 26/06064 - N° Portalis DB3S-W-B7K-5I5P MINUTE N° RG 26/06064 - N° Portalis DB3S-W-B7K-5I5P ORDONNANCE sur demande de prolongation du maintien en zone d'attente (ART L342-1 du CESEDA) Le 22 Juin 2026, Nous, Catherine D'HERIN, magistrat du siège du tribunal judiciaire de BOBIGNY, assisté(e) de Christelle PICHON, Greffière Vu les dispositions des articles L.342-1 à L.342-11 et R.342-1 à R.342-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Vu les dispositions des articles L. 350-1, L.352-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Vu le décret n° 2026-453 du 6 juin 2026 relatif à la mise en œuvre de la procédure d'asile à la frontière prévue par le règlement (UE) 2024/1348 « Procédure », PARTIES : REQUERANT : Le directeur de la Police aux Frontières de l'aéroport [Etablissement 1] représenté par Me Géraldine LESIEUR (CABINET), avocat au barreau de PARIS, avocat plaidant, vestiaire : PERSONNE MAINTENUE EN ZONE D'ATTENTE : Madame [D] [T] [H] [I] née le 07 Juillet 2003 à [Localité 2] de nationalité Vénézuélienne assisté(e) de Me Zakia BEY, avocat au barreau de SEINE-SAINT-DENIS, avocat plaidant, vestiaire : 72 avocat commis d’office en présence de l’interprète : M [O], en langue espagnole qui a prêté serment à l’audience Monsieur le procureur de la République, préalablement avisé, n'est pas présent à l'audience. DEROULEMENT DES DEBATS A l'audience publique, le président a procédé au rappel de l'identité des parties. Madame [D] [T] [H] [I] a été entendue en ses explications ; Me Géraldine LESIEUR (CABINET), avocat plaidant représentant l'autorité administrative a été entendu en sa plaidoirie ; Me Zakia BEY, avocat plaidant, avocat de Madame [D] [T] [H] [I], a été entendu en sa plaidoirie ; Le défendeur a eu la parole en dernier,

Motivations de la décision

MOTIVATIONS Madame [D] [T] [H] [I] non autorisé(e) à entrer sur le territoire français le 19/06/2026 à 09:30 heures, a suivant décision du Chef de Service de contrôle aux frontières ou d'un fonctionnaire désigné par lui, en date du 19/06/2026 à 09:30 heures, été maintenu(e) dans la zone d'attente de l'aéroport de [Etablissement 2] pour une durée de 96 heures ; A l'issue de cette période la personne maintenue en zone d'attente n'a pas été admise et n'a pas pu être rapatriée ; Par saisine du 22 Juin 2026 l'autorité administrative sollicite la prolongation du maintien de Madame [D] [T] [H] [I] en zone d'attente pour une durée de huit jours ; Sur la demande de maintien en zone d'attente En application des dispositions de l'article L.342-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, le maintien en zone d'attente au-delà de quatre jours à compter de la décision initiale peut être autorisé, par le juge des libertés et de la détention "statuant sur l'exercice effectif des droits reconnus à l'étrangers", pour une durée qui ne peut être supérieure à huit jours; En vertu de l’article L.342-2 du même code, l'autorité administrative expose dans sa saisine les raisons pour lesquelles l'étranger n'a pu être rapatrié ou, s'il a demandé l'asile, admis, et le délai nécessaire pour assurer son départ de la zone d'attente. L'existence de garanties de représentations de l'étranger n'est pas à elle seule susceptible de justifier le refus de prolongation de son maintien en zone d'attente. Si le juge judiciaire a la faculté de ne pas autoriser la prolongation du maintien en zone d’attente de l’étranger, il ne peut remettre en cause la décision administrative de refus d’entrer et doit s’assurer que celui-ci ne tente pas de pénétrer frauduleusement sur le territoire français et présente des garanties sur les conditions de son séjour et de son départ du territoire français. Refuser toute régularisation des conditions d'entrée et de garantie de séjour et de départ de l'espace Schengen après la décision de non-admission reviendrait à priver le juge judiciaire de son pouvoir d'appréciation et de sa faculté de ne pas autoriser la prolongation de maintien en zone d'attente que la loi lui accorde et priverait l'étranger de son droit à un recours effectif protégé par l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme. Il résulte de la procédure que Madame [D] [T] [H] [I] s'est vu refuser son entrée sur le territoire, au motif qu'elle disposerait d'un viatique inexistant, ne produirait pas d'attestation d'hébergement,.ni une attestation d'assurance garantissant les risques médicaux durant son séjour prévu jusqu'au 6 septembre 2026. A l'audience de ce jour, Madame [D] [T] [H] [I] a indiqué qu'elle venait rejoindre son petit ami et fêter avec lui son anniversaire le 7 juillet . Elle est étudiante en école d'infirmière. Elle produit à l'audience la preuve de son viatique suffisant, une réservation d'hôtel, et une attestation d'assurance. Elle produit la preuve de la réservation de son vol de retour, qu'elle a avancé au 8 juillet 2026 compte-tenu de la réglementation qu'elle ne connaisait pas. Ainsi, au vu des explications de l'intéressée corroborées par un ensemble de pièces, qui constituent des garanties sérieuses de représentation à l'étranger, - et dont la validité n'est pas contestée - de l'absence de démonstration objectivée d'un risque migratoire, il y a lieu de rejeter la requête de l’administration.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Statuant publiquement en premier ressort, par décision assortie de l'exécution provisoire Disons n'y avoir lieu de prolonger le maintien de Madame [D] [T] [H] [I] en zone d'attente à l'aéroport de [Etablissement 2]. Rappelons que l'administration doit restituer à l'intéressé l'intégralité de ses affaires personnelles, y compris son passeport et ses documents de voyage. Fait à [Localité 3], le 22 Juin 2026 à heures LE GREFFIER LE PRÉSIDENT NOTIFICATION DE L’ORDONNANCE AUX PARTIES : Reçu copie de la présente ordonnance et notification de ce qu'elle est susceptible d'appel devant le premier président de la cour d'appel de Paris dans un délai de 24 heures à compter de la présente ordonnance (déclaration motivée transmise par tous moyens au greffe du service des etrangers du premier président de la cour d'appel de Paris. Fax n° 01-44-32-78-05 ou mail [Courriel 1]). Cet appel n'est pas suspensif de l'exécution de la mesure d'éloignement. Information est donnée à l'intéressé(e) qu'il est maintenu(e) à disposition de la justice pendant un délai de 10 heures à compter de la notification de la présente ordonnance au procureur de la République, lorsqu'il est mis fin à son maintien en zone d'attente. LE REPRÉSENTANT DE L'ADMINISTRATION L'INTÉRESSÉ(E) L'INTERPRÈTE L'ADMINISTRATEUR AD'HOC AU PROCUREUR DE LA REPUBLIQUE : (De 9h00 à 12h00 et de 14h00 à 18h00) La présente ordonnance mettant fin au maintien de l'étranger en zone d'attente a été notifiée au procureur de la République, absent à l’audience, par voie dématérialisée, le ..22 Juin 2026...... à ..........h............. Le greffier (De 12h00 à 14h00 et de 18h00 à 9h00) Le procureur de la République, absent à l’audience, a été avisé de la présente ordonnance mettant fin au maintien de l'étranger en zone d'attente, par un appel téléphonique donné par le greffier au magistrat de permanence générale, le ..22 Juin 2026...... à ..........h............. Ce magistrat : ❑ a indiqué interjeter appel et demander au premier président de déclarer son recours suspensif ❑ a indiqué ne pas entendre user de ce droit, de sorte que l’intéressé peut être remis en liberté ❑ n’a pu être joint, un message lui ayant été laissé Le greffier

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un maintien en zone d'attente ?
Le maintien en zone d'attente est une mesure administrative qui permet de retenir un étranger à la frontière pendant l'examen de sa situation d'entrée sur le territoire.
Comment se passe la prolongation du maintien en zone d'attente ?
La prolongation doit être demandée par l'autorité administrative et autorisée par le juge des libertés, qui examine les raisons de l'impossibilité de rapatriement ou d'admission.
Quels sont les droits d'un étranger maintenu en zone d'attente ?
L'étranger a le droit d'être informé des raisons de son maintien, d'être assisté par un avocat et de faire valoir ses droits devant le juge.
Pourquoi un étranger peut-il être maintenu en zone d'attente ?
Un étranger peut être maintenu en zone d'attente s'il n'est pas autorisé à entrer sur le territoire français, notamment en raison d'un refus d'entrée ou d'une demande d'asile non examinée.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.