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Tribunal judiciaire, chambre procédure écrite, 24 juin 2026 — n° 26/00545

Fait droit à l'ensemble des demandes du ou des demandeurs en accordant des délais d'exécution au défendeur

Synthèse de la décision

Question juridique

La résolution de la vente d'un véhicule d'occasion pour vices cachés peut-elle être prononcée lorsque le véhicule présente des dysfonctionnements graves et antérieurs à la vente, et quels sont les préjudices indemnisables ?

Principe retenu

Le vendeur professionnel est tenu de la garantie des vices cachés (articles 1641 et 1643 du code civil). Il est présumé connaître les vices affectant la chose vendue. La résolution de la vente peut être prononcée si le vice est inhérent, caché, grave et antérieur à la vente. L'acheteur peut obtenir restitution du prix et indemnisation des préjudices subis, notamment de jouissance et d'assurance.

Faits clés

  • Acquisition d'un véhicule BMW d'occasion le 6 mars 2024 au prix de 11 080 euros
  • Dysfonctionnements constatés après la livraison, devis établis les 3 et 15 avril 2024
  • Expertise amiable contradictoire le 27 juin 2024, puis expertise judiciaire ordonnée le 6 mars 2025
  • Rapport d'expertise judiciaire déposé le 19 janvier 2026 concluant à des vices cachés
  • Vendeur professionnel (SARL Autos-Occasions) n'ayant pas constitué avocat

Articles cités

article 1641 du code civil article 1643 du code civil article 472 du code de procédure civile article 473 du code de procédure civile article 514 du code de procédure civile article 700 du code de procédure civile

Exposé du litige

Exposé du litige et procédure Suivant bon de commande du 6 mars 2024 et certificat de cession du 25 mars 2024, M. [X] [Q] a acquis auprès de la SARL Autos-Occasions un véhicule BMW immatriculé BS 437 WB, pour un prix de 11 080 euros. COPIE EXÉCUTOIRE à Me [W] [V] Constatant divers dysfonctionnements après la livraison, il a fait établir deux devis les 3 et 15 avril 2024, transmis au vendeur sans qu’un accord n’intervienne sur l’ensemble des réparations. Une expertise amiable contradictoire s’est tenue le 27 juin 2024 en présence des experts mandatés par les parties. Faute d’accord, une expertise judiciaire a été ordonnée par ordonnance de référé du 6 mars 2025 dont le rapport a été déposé le 19 janvier 2026. Selon exploit de commissaire de justice du 11 février 2026, M. [Q] a fait assigner la SARL Autos-Occasions devant le tribunal judiciaire de Caen aux fins de voir prononcer la résolution de la vente du véhicule BMW immatriculé BS 437 WB, conclue avec la SARL Autos- Occasions et, par voie de conséquence,la reprise du véhicule par le vender sous astreinte, la restitution du prix d’achat fixé à 11 080 euros, ainsi que l’indemnisation des préjudices qu’il estime avoir subis du fait des désordres affectant le véhicule, soient 1900 euros arrêtés au 31 janvier 2026, puis 100 €/mois), ainsi que des frais d’assurance (1 775,55 € arrêtés au 31 janvier 2026, puis 93,45 €/mois) ; La société Autos-Occasions, régulièrement assignée, n’a pas constitué avocat. Conformément à l’article 473 du code de procédure civile, la décision sera réputée contradictoire. L’instruction a été clôturée le 8 avril 2026, l’affaire plaidée le 11 mai 2026 et mise en délibéré au 17 juin 2026, délibéré prorogé à ce jour.

Motivations de la décision

MOTIFS A titre liminaire,il y alieu de rappeler qu’aux termes de l’article 472 du code de procédure civile, en cas de défaut de comparution du défendeur, il est statué sur le fond, le juge ne faisant droit à la demande que s’il l’estime recevable et bien fondée. 1. Sur la demande en résolution de la vente L’article 1641 du code civil énonce que le vendeur est tenu de la garantie des vices cachés rendant la chose impropre à l’usage auquel on la destine ou diminuant tellement cet usage que l’acheteur ne l’aurait pas acquise ou en aurait donné un moindre prix. L’article 1643 ajoute que le vendeur est tenu des vices cachés même s’il ne les connaissait pas. Le vendeur professionnel est présumé connaître les vices affectant la chose vendue. Le vice doit être cumulativement inhérent à la chose, caché, grave et antérérieur à la vente. Le véhicule a été vendu en l’espèce par un professionnel, de sorte que la présomption de connaissance du vice s’applique. L’expert judiciaire a relevé plusieurs désordres affectant notamment le volet d’admission, le filtre à particules, le boîtier de préchauffage, une poignée de porte, la poulie Damper, et l’huile moteur. Il souligne une défectuosité majeure du volet d’admission et du filtre à particules. Le procès- verbal du 12 septembre 2025 établit la présence du défaut du volet d’admission à 250 506 km et la saturation du filtre à particules à 243 593 km, alors que le véhicule a été vendu avec 254 300 km. Ces défauts sont donc antérieurs à la vente. L’expert précise que le véhicule n’est plus en état de circuler sans réparation, caractérisant une impropriété à l’usage attendu; Les défauts affectant des organes internes du moteur et du système antipollution, non accessibles sans démontage ou diagnostic électronique, étaient indécelables pour un acheteur profane; La gravité est confirmée par l’expert amiable, qui indique que la défaillance du volet d’admission peut conduire à une casse moteur. Les conditions de l’article 1641 du code civil étant réunies, il y a lieu de prononcer la résolution de la vente. II. Sur les demandes en paiement 1. Restitution du prix contre restitution du véhicule En application de l’article 1644 du code civil, l’acheteur peut rendre la chose et obtenir restitution du prix. Le prix d’achat étant de 11 080 euros, la société Autos- Occasions sera condamnée à le restituer à M.[Q] et devra reprendre le véhicule à son lieu de stationnement à [Localité 3] dans un délai de deux mois à compter de la signification du jugement ài ntervenir. Compte tenu de l’absence de la société Autos-Occasions à l’expertise et de son défaut de constitution, des difficultés d’exécution sont prévisibles. Il convient donc de prononcer une astreinte provisoire de 50 euros par jour pendant 6 mois, conformément à l’article L. 131 2 du code des procédures civiles d’exécution. 2. Sur le préjudice de jouissance Bien que M. [Q] soutienne une immobilisation depuis juin 2024, les relevés kilométriques démontrent une utilisation jusqu’en septembre 2025. Il a par ailleurs acquis un second véhicule dès mars 2025 pour pouvoir se déplacer et se rendre à son travail. L’ impossibilité de jouissance par M.[Q] à partir du mois de juin 2024 est ainsi démontrée par les pièces produites et l’expertise, en raison notamment du défaut d’actionneur EGR apparu 4 km après l’achat, du éfaut du filtre à particule et du volet d’admission apparus respectivement à 243 593 km et 250 506 km avant l’acquistion. La société AUTOS-OCCASIONS sera par conséquent condamnée à lui régler la somme de 1 9000 euros correspondant à 100 euros par mois à cet titre jusqu’au 31 janvier 2026, et 100 euros par mois jusqu’à la significatin du jugement à intervenir. 3. Sur la demande de remboursement des cotisations d’assurance M.[Q] justifie avoir débuorsé la somme mensuelle de 93, 45 euros pour satisfaire àl’obligation d’assurance du véhicule , soit la somme de 1775,55 euros jusqu’au 31 janvier 2026. La société AUTOS-OCCASIONS sera par conséquent condamnée à lui régler lasomme de 1775,55 euros à ce titre correspondant au montant des cotisations jusqu’au 31 janvier 2026 , outre le montant des cotisations à intervenir jusqu’qu’à signification du jugement à intervenir. III. Sur les demandes accessoires * Sur les dépens: Succombant à l’instance, la société Autos- Occasions sera condamnée à en supporter les dépens, en application de l’article 696 du code de procédure civile, *Surles frais irrépétibles, l’article 700 du code de procédure civile énonce que le juge condamne la partie tenue aux dépens ou qui perd son procès à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans tous les cas, le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à ces condamnations. Il n’apparaît pas inéquitable de condamner la société AUTOS- OCCASIONS à verser 2 000 euros à M. [Q] à ce titre. * Sur l’exécution provisoire du jugement à intervenir,c onformément aux articles 514 et suivants du code de procédure civile, le jugement est exécutoire de droit.

Dispositif

PAR CES MOTIFS Le tribunal, statuant publiquement, par mise à disposition au greffe par jugement réputé contradictoire, en premier ressort : Prononce la résolution de la vente du véhicule BMW immatriculé BS 437 WB intervenue le 6 mars 2024 entre M. [X] [Q] et la SARL Autos- Occasions ; Ordonne la restitution du prix de vente de 11 080 euros; Ordonne la reprise du véhicule par la SARL AUTOS-OCCASIONS à son lieu de stationnement dans un délai de deux mois à compter de la signification du présent jugement, puis sous astreinte provisoire de 50 €/jour pendant 6 mois ; Condamne la SARL Autos- Occasions à verser à M. [X] [Q] la somme 1 9000 euros correspondant à 100 euros par mois en indemnisation de son préjudice de jouissance sur la période allant du mois d’octobre 2025, jusqu’àu 31 janvier 2026, puis jusqu’à la date de signification du présent jugement; Condamne la SARL Autos- Occasions à verser à M. [X] [Q] la somme de 1775,55 euros au titre des cotisations d’assurance jusqu’au 31 janvier 2026, somme à réactualiser à la date d’exécution du présent jugement; Condamne la SARL Autos- Occasions à verser à M. [X] [Q] la somme de 2 000 euros au titre de l’article 700 du code de procédure civile ; Condamne la SARL- Autos Occasions aux dépens ; Rappelle que le présent jugement est assorti de l’exécution provisoire de droit. Ainsi jugé le vingt quatre Juin deux mil vingt six, la minute est signée du Président et du Greffier. LA GREFFIERE LA PRESIDENTE Emmanuelle MAMPOUYA Florence LANGLOIS

Questions fréquentes

Puis-je annuler la vente d'une voiture d'occasion qui a des défauts cachés ?
Oui, si les défauts constituent des vices cachés (graves, antérieurs à la vente, cachés et rendant le véhicule impropre à l'usage). Dans cette affaire, le tribunal a prononcé la résolution de la vente d'un véhicule BMW pour vices cachés, ordonnant la restitution du prix et la reprise du véhicule.
Quels sont les recours contre un vendeur professionnel pour vice caché ?
Vous pouvez demander la résolution de la vente (annulation) ou une réduction du prix. Le vendeur professionnel est présumé connaître les vices, ce qui facilite votre action. Ici, l'acheteur a obtenu la résolution, le remboursement du prix, et une indemnisation pour préjudice de jouissance et frais d'assurance.
Comment prouver un vice caché sur un véhicule d'occasion ?
Il est conseillé de faire constater les défauts par un expert. Dans cette affaire, une expertise amiable puis judiciaire a été réalisée, concluant à des vices cachés. Le rapport d'expertise est une preuve déterminante.
Puis-je obtenir des dommages et intérêts pour le préjudice de jouissance ?
Oui, si le véhicule est immobilisé en raison des vices, vous pouvez réclamer une indemnité pour privation de jouissance. Dans ce jugement, l'acheteur a obtenu 100 euros par mois à compter d'octobre 2025 jusqu'à la signification du jugement.
Le vendeur professionnel est-il toujours responsable des vices cachés ?
Oui, le vendeur professionnel est tenu de la garantie des vices cachés même s'il ne les connaissait pas (article 1643 du code civil). Il est présumé connaître les vices. Dans cette affaire, la société Autos-Occasions a été condamnée bien qu'elle n'ait pas comparu.
Que faire si le vendeur ne répond pas à mes demandes ?
Vous pouvez assigner le vendeur en justice. Si le vendeur ne se présente pas, le tribunal peut statuer par jugement réputé contradictoire, comme dans cette affaire où le vendeur n'a pas constitué avocat et a été condamné.

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