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Cour d'appel, etrangers, 21 juin 2026 — n° 26/00949

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'administration a-t-elle accompli les diligences nécessaires dès le placement en rétention pour justifier la prolongation de la rétention administrative ?

Principe retenu

En application des articles L. 741-1 et L. 731-1 du CESEDA, l'autorité administrative peut placer en rétention un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. La prolongation de la rétention est subordonnée à la réalisation de diligences suffisantes par l'administration en vue de l'éloignement.

Faits clés

  • M. [D] [P], ressortissant indien né le 17 mars 2001, a fait l'objet d'un arrêté de placement en rétention administrative le 16 juin 2026.
  • La mesure d'éloignement sous-jacente est une obligation de quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour d'un an, prise le 11 février 2026.
  • Le juge du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer a autorisé une première prolongation de la rétention pour 26 jours le 20 juin 2026.
  • L'appelant conteste la prolongation en soulevant l'irrecevabilité de la requête préfectorale pour défaut de diligences nécessaires dès le placement.
  • Aucun recours en annulation de l'arrêté de placement n'a été formé.

Articles cités

article L. 741-1 du CESEDA article L. 731-1 du CESEDA article L. 742-1 du CESEDA article L. 741-10 du CESEDA article L. 743-8 du CESEDA article L. 922-3 du CESEDA article R. 743-18 du CESEDA article R. 743-19 du CESEDA article 455 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE M. [D] [P], né le 17 mars 2001 à [Localité 4] (Inde), de nationalité indienne, a fait l'objet d'un arrêté portant placement en rétention administrative ordonné par M. le préfet du Nord le 16 juin 2026 notifié à 16h30 pour l'exécution d'une mesure portant obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire et avec interdiction de retour pendant le délai d'un an pris par la même autorité le 11 février 2026 et notifiée à l'intéressé le même jour à 18h30. Aucun recours en annulation de l'arrêté de placement en rétention administrative n'a été déposé au visa de l'article L. 741-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Vu l'article 455 du code de procédure civile, Vu l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer en date du 20 juin 2026 à 12h00 autorisant une première prolongation du placement en rétention administrative de M. [D] [P] pour une durée de 26 jours à l'expiration du délai de quatre-vingt-seize heures fixé à l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, Vu la déclaration d'appel de M. [D] [P] du 20 juin 2026 à 13h30 sollicitant la réformation de l'ordonnance dont appel et de dire n'y avoir lieu au maintien en rétention. Au soutien de sa déclaration d'appel, l'appelant soulève le moyen nouveau tiré de l'irrecevabilité de la requête de la préfecture en l'absence de réalisation par l'administration des diligences nécessaires dès son placement en rétention.

Motivations de la décision

MOTIFS DE LA DÉCISION En vertu des articles L. 741-1 et L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'autorité administrative peut placer en rétention, pour une durée de quatre jours, l'étranger qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français prise moins de trois ans auparavant, lorsqu'il ne présente pas de garanties de représentation effectives propres à prévenir un risque de soustraction à l'exécution de la décision d'éloignement et qu'aucune autre mesure n'apparaît suffisante à garantir. En application des articles L. 742-1 et L. 742-3 du même code le maintien en rétention au-delà de quatre jours à compter de la notification de la décision de placement initial peut être autorisé par le magistrat du siège du tribunal judiciaire saisi à cette fin et la prolongation court pour une période de vingt-six jours à compter de l'expiration du délai de quatre jours mentionné à l'article L. 741-1. Selon l'article L. 741-3, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ, l'administration exerçant toute diligence à cet effet. L'appelant se borne à alléguer dans sa déclaration d'appel que « l'administration n'a pas effectué les diligences nécessaires dès son placement en rétention » sans autre précision. L'administration a effectué une demande de laissez-passer consulaire le 17 juin 2026 à 10h28 soit le lendemain de la notification de l'arrêté de placement de l'appelant en rétention. Une demande de routing a été effectuée le même jour. Aussi, aucun défaut de diligence ne peut valablement être reproché à l'autorité administrative. Le moyen est donc rejeté. La prolongation du placement en rétention administrative de l'intéressé est justifiée au regard de l'article L. 742-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Conformément au droit de l'Union, aucun moyen soulevé par les parties ou susceptible d'être relevé d'office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. L'ordonnance sera donc confirmée. PAR CES MOTIFS : DÉCLARONS l'appel recevable ; CONFIRMONS l'ordonnance entreprise ; DISONS que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ; DISONS que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à M. [D] [P] par l'intermédiaire du greffe du centre de rétention administrative par truchement d'un interprète en tant que de besoin, à son conseil et à l'autorité administrative ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'État. Le greffier Le magistrat délégataire A l'attention du centre de rétention, le dimanche 21 juin 2026 Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin, l'interprète intervenu devant le premier président ou le conseiller délégué : M. [Y] [C] Le greffier N° RG 26/00949 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W2DC REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE [Immatriculation 1] Juin 2026 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 1]) : Vu les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Reçu copie et pris connaissance le à (heure) : - M. [D] [P] - par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin - nom de l'interprète (à renseigner) : - décision transmise par courriel au centre de rétention de [Localité 2] pour notification à M. [D] [P] le dimanche 21 juin 2026 - décision transmise par courriel pour notification à M. [Q] et à Maître [H] [J] le dimanche 21 juin 2026 - décision communiquée au tribunal administratif de Lille - décision communiquée à M. le procureur général - copie au tribunal judiciaire de de BOULOGNE-SUR-MER Le greffier, le dimanche 21 juin 2026 N° RG 26/00949 - N° Portalis DBVT-V-B7K-W2DC

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger une rétention administrative ?
La prolongation est possible si l'administration justifie avoir accompli des diligences suffisantes en vue de l'éloignement, comme des démarches auprès des autorités consulaires ou l'obtention de documents de voyage.
Que faire si l'administration n'a pas fait les démarches nécessaires pour mon éloignement ?
Vous pouvez contester la prolongation en faisant valoir l'absence de diligences. Dans cette affaire, l'appelant a soulevé ce moyen pour demander la main-levée de la rétention.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
L'appel doit être interjeté dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance du juge des libertés et de la détention. En l'espèce, l'appel a été formé le 20 juin 2026 à 13h20.
Qu'est-ce que les 'diligences nécessaires' dans le cadre d'une rétention ?
Il s'agit des démarches que l'administration doit entreprendre sans délai pour organiser l'éloignement, comme contacter le consulat, réserver un vol, ou obtenir un laissez-passer.
Puis-je obtenir la main-levée de ma rétention si l'administration tarde ?
Oui, si vous démontrez que l'administration n'a pas accompli les diligences nécessaires dès le placement, le juge peut ordonner la main-levée. C'est le moyen soulevé par l'appelant dans cette affaire.
Qu'est-ce qu'une première prolongation de rétention ?
C'est la prolongation initiale au-delà des 96 heures de rétention, autorisée par le juge des libertés et de la détention pour une durée maximale de 26 jours, sous réserve de diligences suffisantes.

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