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Cour d'appel, etrangers, 19 juin 2026 — n° 26/00940

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'administration a-t-elle exercé toutes les diligences nécessaires pour justifier la deuxième prolongation de la rétention administrative d'un étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ?

Principe retenu

Selon l'article L. 741-3 du CESEDA, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ, l'administration devant exercer toute diligence à cet effet. En l'espèce, l'administration a justifié de diligences suffisantes pour obtenir un laissez-passer consulaire, permettant la prolongation.

Faits clés

  • M. [M] [U] [P], ressortissant vietnamien né le 2 septembre 2000, a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai le 20 mai 2026.
  • Il a été placé en rétention administrative le même jour.
  • Une première prolongation de la rétention a été ordonnée.
  • Le 18 juin 2026, le magistrat du siège a autorisé une deuxième prolongation de 30 jours.
  • L'appelant conteste cette prolongation en invoquant l'insuffisance des diligences de l'administration.

Articles cités

article L. 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-8 du CESEDA article L. 922-3 al 1 à 4 du CESEDA article R. 743-18 du CESEDA article R. 743-19 du CESEDA article 455 du code de procédure civile

Exposé du litige

EXPOSÉ DU LITIGE M. [M] [U] [P] né le 2 septembre 2000 à [Localité 1] (Vietnam), de nationalité vietnamienne a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an et placement en rétention administrative ordonné par M. le préfet du Pas-de-[Localité 4] le 20 mai 2026 notifié à 18h28. Vu l'article 455 du code de procédure civile, Vu l'ordonnance du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Boulogne-sur-Mer en date du 18 juin 2026 à 10h20 et notifiée à 10h30 autorisant une deuxième prolongation du placement en rétention administrative de M. [M] [U] [P] pour une durée de 30 jours. Vu la déclaration d'appel de M. [M] [U] [P] du 18 juin 2026 à 15h47 sollicitant l'infirmation de l'ordonnance dont appel ainsi que la mainlevée du placement en rétention administrative. Au soutien de sa déclaration d'appel, l'appelant soulève le nouveau moyen unique tiré de l'insuffisance des diligences de l'administration. Suivant conclusions transmises par courriel du 19 juin 2026 à 13h09,le conseil représentant M le Préfet du Pas-de-[Localité 4] demande le rejet du moyen et la confirmation de l' ordonnance.

Motivations de la décision

MOTIFS DE [D] DÉCISION Sur le moyen tiré de l'insuffisance des diligences Selon l'article L. 741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un étranger ne peut être placé ou maintenu en rétention que pour le temps strictement nécessaire à son départ, l'administration devant exercer toute diligence à cet effet. Il en résulte que celle-ci doit effectuer les démarches nécessaires à la mise en 'uvre de la mesure d'éloignement dès le placement en rétention. En application de l'article L 743-11 du code précité , à peine d'irrecevabilité, prononcée d'office, aucune irrégularité antérieure à une audience à l'issue de laquelle le magistrat du siège du tribunal judiciaire a prolongé la mesure ne peut être soulevée lors d'une audience ultérieure. Dans le cas d'espèce, le moyen unique de l'appelant tiré de l'insuffisance de diligences de l' administration dès le placement en rétention administrative est irrecevable au stade de la deuxième prolongation. En outre, il résulte de la procédure que l'administration a accompli promptement les diligences nécessaires et suffisantes à ce stade, se trouvant dans l'attente de la réponse des autorités vietnamiennes à la demande de laissez-passer consulaire présentée par courrier du 20 mai 2026, transmis par courriel à 16h41. L'envoi du dossier a été effectué par courriels du 3 juin 2026 à 14h30 puis à 19h30. Suite à la demande de compléter le questionnaire afin de permettre son identification par ces autorités vietnamienes le 4 juin à 5h25 relayée à 8h29, l'admnistration a procédé au renvoi du questionnaire par courriel du 4 juin 2026 à 14h43 , La demande complémentaire n'est pas imputable à l' administration mais à l'étranger qui n'avait pas renseigné correctement l'ensemble du questionnaire initial établi dans sa langue maternelle. Dès lors, l'étranger n'est pas fondé à se prévaloir d'un manquement de l'autorité administrative à son obligation de diligence. Conformément au droit communautaire, aucun moyen soulevé par les parties ou susceptible d'être relevé d'office ne paraît contraire à la prolongation de la rétention administrative. L'ordonnance dont appel sera confirmée. PAR CES MOTIFS DÉCLARONS l'appel recevable ; CONFIRMONS l'ordonnance entreprise ; DISONS que la présente ordonnance sera communiquée au ministère public par les soins du greffe ; DISONS que la présente ordonnance sera notifiée dans les meilleurs délais à M. [M] [U] [P] par l'intermédiaire du greffe du centre de rétention administrative par truchement d'un interprète en tant que de besoin, à son conseil et à l'autorité administrative ;

Dispositif

LAISSONS les dépens à la charge de l'État. La greffière La présidente de chambre A l'attention du centre de rétention, le vendredi 19 juin 2026 Bien vouloir procéder à la notification de l'ordonnance en sollicitant, en tant que de besoin,un interprète. Le greffier N° RG 26/00940 - N° Portalis DBVT-V-B7K-WZ76 REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE DU 19 Juin 2026 ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS (à retourner signé par l'intéressé au greffe de la cour d'appel de Douai par courriel - [Courriel 1]) : Vu les articles 612 et suivants du Code de procédure civile et R. 743-20 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile Pour information : L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Reçu copie et pris connaissance le à (heure) : - M. [M] [U] [P] - par truchement téléphonique d'un interprète en tant que de besoin - nom de l'interprète (à renseigner) : - décision transmise par courriel au centre de rétention de pour notification à M. [M] [U] [P] le vendredi 19 juin 2026 - décision transmise par courriel pour notification à M. [N] et à Maître [B] [W] le vendredi 19 juin 2026 - décision communiquée au tribunal administratif de Lille - décision communiquée à M. le procureur général - copie au tribunal judiciaire Le greffier, le vendredi 19 juin 2026 N° RG 26/00940 - N° Portalis DBVT-V-B7K-WZ76

Questions fréquentes

Quelles sont les conditions pour prolonger une rétention administrative au-delà de la première période ?
La prolongation est possible si l'administration démontre avoir accompli des diligences suffisantes pour organiser le départ de l'étranger, par exemple en sollicitant un laissez-passer consulaire. En l'espèce, la deuxième prolongation de 30 jours a été accordée car la préfecture avait engagé des démarches auprès des autorités vietnamiennes.
Que signifie 'insuffisance des diligences de l'administration' dans le cadre d'une rétention ?
C'est un moyen de contestation invoqué par l'étranger retenu pour demander la mainlevée de la rétention, en soutenant que l'administration n'a pas agi avec la rapidité nécessaire pour exécuter la mesure d'éloignement. Dans cette affaire, le moyen a été rejeté car l'administration a prouvé ses démarches.
Quel est le rôle du laissez-passer consulaire dans une procédure de rétention ?
Le laissez-passer consulaire est un document délivré par les autorités du pays d'origine de l'étranger, permettant son retour forcé. L'obtention de ce document est une diligence essentielle de l'administration pour justifier le maintien en rétention. En l'espèce, les démarches pour l'obtenir étaient en cours.
Puis-je faire appel d'une ordonnance de prolongation de rétention ?
Oui, l'étranger peut interjeter appel dans les 24 heures suivant la notification de l'ordonnance. Dans cette affaire, M. [U] [P] a fait appel le 18 juin 2026, et la cour d'appel a examiné son moyen tiré de l'insuffisance des diligences.
Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
La durée maximale est de 90 jours, renouvelable par périodes de 30 jours sous conditions. Cette décision concerne une deuxième prolongation de 30 jours, portant la durée totale à 60 jours à ce stade.
Que doit prouver l'administration pour obtenir une prolongation de rétention ?
L'administration doit démontrer qu'elle a accompli des diligences réelles et sérieuses pour exécuter la mesure d'éloignement, comme des démarches consulaires, et que la prolongation est nécessaire pour permettre le départ. En l'espèce, la préfecture a justifié de démarches auprès du Vietnam.

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