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Cour d'appel, 4e chambre civile, 2 juillet 2026 — n° 25/02182

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'assureur qui a indemnisé son assurée pour des dégradations volontaires de son véhicule peut-il obtenir remboursement de l'indemnité versée auprès du tiers présumé responsable, en l'absence de preuve suffisante de sa culpabilité ?

Principe retenu

L'assureur subrogé dans les droits de son assuré doit prouver la responsabilité du tiers poursuivi. En l'espèce, les éléments de preuve (attestations, relevés téléphoniques) sont insuffisants pour établir que M. [M] est l'auteur des dégradations. L'action subrogatoire est donc rejetée.

Faits clés

  • Véhicule Peugeot 3008 vandalisé dans la nuit du 17 au 18 juillet 2020 sur un parking ouvert
  • Vitres brisées et substance huileuse versée à l'intérieur, rendant le véhicule irréparable
  • Plainte déposée par la propriétaire Mme [V] le 18 juillet 2020, soupçonnant son ancien compagnon M. [M]
  • Assureur Abeille Iard & Santé a indemnisé Mme [V] à hauteur de 12 398 €
  • M. [M] a fait l'objet d'un rappel à la loi pour détérioration volontaire mais aucun élément matériel ne le lie aux faits

Articles cités

article 700 du code de procédure civile

Sommaire de la décision

4e chambre civile - 02/07/2026 - n° 25/02182

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une action subrogatoire de l'assureur ?
C'est le droit pour l'assureur, après avoir indemnisé son assuré, de se retourner contre le tiers responsable du sinistre pour récupérer les sommes versées. Dans cette affaire, l'assureur a indemnisé Mme [V] pour le vandalisme de son véhicule et a poursuivi M. [M] comme auteur présumé.
Quelles preuves l'assureur doit-il apporter pour obtenir le remboursement ?
L'assureur doit prouver que le tiers poursuivi est bien l'auteur des dégradations. En l'espèce, les attestations et relevés téléphoniques ont été jugés insuffisants car aucun élément matériel (empreintes, témoins oculaires) ne liait M. [M] aux faits, et la géolocalisation était contestée.
Que se passe-t-il si la preuve de la culpabilité n'est pas rapportée ?
L'action subrogatoire est rejetée. Dans cette décision, la cour a confirmé le jugement déboutant l'assureur, faute de preuve suffisante que M. [M] était l'auteur des dégradations.
Un simple soupçon ou une plainte suffisent-ils pour condamner le tiers ?
Non. La plainte et le rappel à la loi ne constituent pas une preuve de culpabilité. La cour a souligné l'absence d'éléments matériels et le caractère contestable des relevés téléphoniques, insuffisants pour établir la responsabilité.
Quels sont les recours possibles pour l'assureur débouté ?
L'assureur peut éventuellement se pourvoir en cassation, mais dans cette affaire, il a été condamné aux dépens d'appel et à payer 2 500 € au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
Cette décision signifie-t-elle que l'assureur ne peut jamais récupérer l'indemnité ?
Non, elle signifie que dans ce cas précis, les preuves étaient insuffisantes. Si l'assureur dispose de preuves solides (témoignages directs, empreintes, vidéos), l'action subrogatoire peut aboutir.
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