Cour d'appel, pôle 6 - chambre 1- a, 24 juin 2026 — n° 26/00585
Synthèse de la décision
Question juridique
La requête en rectification d'erreur matérielle d'une ordonnance de caducité d'appel est-elle devenue sans objet après le règlement de l'aide juridictionnelle ?
Principe retenu
Le désistement de la requête en rectification d'erreur matérielle est constaté lorsque l'erreur a été réparée ou est devenue sans objet, entraînant l'extinction de l'instance et le dessaisissement de la cour.
Faits clés
- Mme [V] a interjeté appel d'un jugement prud'homal
- Le conseiller de la mise en état a prononcé la caducité de l'appel
- L'ordonnance de caducité contenait une erreur matérielle sur le nom de la partie condamnée aux dépens
- Le conseil de Mme [V] a formé une requête en rectification d'erreur matérielle
- L'aide juridictionnelle a été réglée, rendant la requête sans objet
Articles cités
article 462 du code de procédure civile
article 463 du code de procédure civile
article 902 du code de procédure civile
article 911 du code de procédure civile
article 700 du code de procédure civile
Exposé du litige
EXPOSÉ DU LITIGE
Le 23 décembre 2021, Mme [G] [V] a saisi le conseil de prud'hommes de Paris, afin de voir juger son licenciement pour faute grave dénué de cause réelle et sérieuse et condamner la SASU [Y] [T] [5], son employeur, au paiement de diverses sommes.
Par jugement du tribunal de commerce de Paris rendu le 21 avril 2022, la société [Y] [T] France a été déclarée en liquidation judiciaire et la SELARL [B] [E] [P] a été désignée en qualité de mandataire liquidateur.
Par jugement du 4 octobre 2024, le conseil de prud'hommes a dit que le licenciement de Mme [G] [V] reposait sur une faute grave, fixé le montant de la créance de Mme [G] [V] au passif de la société [Y] [T] représentée par la SELARL [B] [E] [P] ès qualités de mandataire liquidateur aux sommes suivantes : 1 050,52 euros brut au titre de rappel de prime, 1 000, 00 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, ordonné la remise par la société [Y] [T] représentée par la SELARL [B] [E] [P] ès qualités de mandataire liquidateur, d'un bulletin de paie et d'une attestation France travail conforme à la présente décision, rappelé que le cours des intérêts s'arrêtait à la date de la liquidation judiciaire, déclaré le jugement opposable à l'AGS, dit que l'AGS ne devrait faire l'avance de la somme représentant les créances garanties que sur la présentation d'un relevé par le mandataire judiciaire et justification par celui-ci de l'absence de fonds disponibles entre ses mains pour procéder à son paiement et dit que les dépens seraient inscrits au passif de la liquidation judiciaire au titre des frais privilégiés.
Par déclaration du 20 janvier 2025, Mme [V] a interjeté appel de ce jugement.
Par message RVPA en date du 18 avril 2025, le greffe de la mise en état a invité Mme [V] à faire signifier sa déclaration d'appel aux intimées non constituées.
Par avis en date du 2 juin 2025, le greffe de la mise en état a invité Mme [V] à faire valoir ses observations sur une éventuelle caducité au visa des articles 902 et 911 du code de procédure civile.
Par ordonnance du 13 janvier 2026, le conseiller de la mise en état a :
- dit que la déclaration d'appel était caduque
- constaté le dessaisissement de la cour ;
- « condamné Mme [W] [R] aux dépens. »
Par message RPVA du 13 janvier 2026, le conseil de la SELARL [6] a fait signaler l'erreur matérielle affectant le nom patronymique de la partie condamnée aux dépens dans le dispositif. En effet, l'ordonnance a visé Mme [W] [R] qui n'était pas partie à l'instance et qui était visée comme condamnée aux dépens alors que la partie succombante était Mme [G] [V].
A cette même date, Me [X], conseil de Mme [V] a formé une requête en rectification d'erreur matérielle et/ou omission au visa des articles 462 et 463 du code de procédure civile, en précisant que la mention « au titre de l'aide juridictionnelle cpc6/12/2024 N°75056-2024-026170 » était également manquante en première page de l'ordonnance.
Par message RPVA en date du 25 mars 2026, Me [X] a informé la cour qu'elle avait été réglée par l'Aide Juridictionnelle malgré l'absence de mention sur la décision de ce chef, et que la requête en rectification d'erreur matérielle était donc devenue sans objet. Elle s'est désistée cette requête.
Motivations de la décision
SUR CE
Il y a lieu de donner acte à Me [X], conseil de Mme [G] [V], de son désistement de la requête en rectification d'erreur matérielle.
Dispositif
PAR CES MOTIFS
La cour,
DONNE ACTE à Me [X], conseil de Mme [G] [V] de son désistement de la requête en rectification d'erreur matérielle.
CONSTATE l'extinction de l'instance et le dessaisissement de la cour.
Le Greffier La Présidente
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une erreur matérielle dans une décision de justice ?
Une erreur matérielle est une inexactitude purement matérielle (comme une faute de frappe ou un nom erroné) qui n'affecte pas le raisonnement juridique. Elle peut être rectifiée par la juridiction qui a rendu la décision, à la demande d'une partie ou d'office.
Comment rectifier une erreur matérielle dans une ordonnance de caducité d'appel ?
Il faut déposer une requête en rectification d'erreur matérielle auprès de la juridiction qui a rendu l'ordonnance, en précisant l'erreur et en demandant sa correction. La requête doit être motivée et respecter les formes prévues par les articles 462 et 463 du code de procédure civile.
Que se passe-t-il si l'aide juridictionnelle est réglée après la requête en rectification ?
Si l'aide juridictionnelle est réglée et que l'erreur matérielle est devenue sans objet (par exemple, le paiement a été effectué malgré l'absence de mention), la requête peut être désistée. La cour constate alors le désistement et l'extinction de l'instance.
Quelles sont les conséquences du désistement d'une requête en rectification d'erreur matérielle ?
Le désistement entraîne l'extinction de l'instance relative à cette requête et le dessaisissement de la cour. La décision initiale (l'ordonnance de caducité) reste inchangée, sauf si l'erreur a été corrigée par ailleurs.
Puis-je contester une ordonnance de caducité d'appel après le désistement de la requête en rectification ?
Le désistement de la requête en rectification ne remet pas en cause l'ordonnance de caducité elle-même. Pour contester la caducité, il faut former un déféré contre l'ordonnance du conseiller de la mise en état, dans les délais légaux.
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