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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 27 juin 2026 — n° 26/03662

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Synthèse de la décision

Question juridique

Le juge peut-il refuser la prolongation de la rétention administrative d'un étranger évadé en l'absence de perspectives d'éloignement immédiates ?

Principe retenu

La rétention administrative ne peut être prolongée que si elle est strictement nécessaire au départ de l'étranger. En cas d'évasion et d'absence de perspectives d'interpellation à brève échéance, la prolongation n'est pas justifiée.

Faits clés

  • M. [P] [J], ressortissant marocain, a été placé en rétention administrative le 26 avril 2026.
  • Il s'est évadé du centre de rétention le 27 avril 2026.
  • Deux prolongations de rétention ont été ordonnées les 30 avril et 26 mai 2026.
  • Un laissez-passer a été délivré par les autorités marocaines le 4 juin 2026.
  • Au moment de la demande de troisième prolongation, l'intéressé était toujours en fuite depuis deux mois.

Articles cités

article L.742-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L741-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Sommaire de la décision

Pôle 1 - Chambre 11 - 27/06/2026 - n° 26/03662

Questions fréquentes

Peut-on prolonger la rétention d'un étranger qui s'est évadé ?
Non, si l'évasion dure depuis deux mois et qu'aucune perspective d'interpellation n'est démontrée, la prolongation est refusée car la rétention n'est plus strictement nécessaire au départ.
Quelles sont les conditions pour une troisième prolongation de rétention ?
La troisième prolongation (au-delà de 60 jours) nécessite que l'administration démontre des perspectives raisonnables d'éloignement et que la rétention reste strictement nécessaire. En cas d'évasion prolongée, ces conditions ne sont pas remplies.
Que faire si un étranger placé en rétention s'évade ?
L'administration doit signaler l'évasion et peut demander une prolongation de rétention, mais le juge peut la refuser si l'étranger reste introuvable et qu'aucune interpellation imminente n'est envisagée.
Qu'est-ce que le 'temps strictement nécessaire' en matière de rétention ?
C'est le principe selon lequel la rétention ne doit durer que le temps indispensable à l'organisation du départ de l'étranger. Si l'éloignement n'est pas réalisable à court terme, la rétention doit cesser.
Le préfet peut-il faire appel d'une décision de mise en liberté ?
Oui, le préfet peut interjeter appel de l'ordonnance du juge des libertés qui refuse la prolongation ou ordonne la mise en liberté. Dans cette affaire, l'appel a été rejeté.
Quelle est la durée maximale de la rétention administrative ?
La durée maximale est de 90 jours (30 jours initiaux + deux prolongations de 30 jours chacune). Au-delà, l'étranger doit être remis en liberté.
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