Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 24 juin 2026 — n° 26/03618

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel du ministère public contre une ordonnance refusant la prolongation de la rétention doit-il être déclaré suspensif en raison de l'absence de garanties de représentation de l'étranger ?

Principe retenu

Le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut déclarer suspensif l'appel du ministère public contre une décision du juge judiciaire en matière de rétention administrative lorsque l'étranger ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. En l'espèce, l'absence de domicile avéré et l'ancienneté de la mesure d'éloignement caractérisent l'absence de garanties de représentation, justifiant l'effet suspensif.

Faits clés

  • M. [T] [S] [P] [A], de nationalité sénégalaise, né le 11 juillet 1983
  • Ordonnance du 23 juin 2026 du tribunal judiciaire de Paris rejetant la demande de prolongation de la rétention
  • Appel du procureur de la République le 23 juin 2026 avec demande d'effet suspensif
  • L'intéressé a indiqué une adresse en garde à vue mais est sans domicile avéré
  • Mesure d'éloignement datée du 05 mai 2024

Articles cités

article L. 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS Pôle 1 - Chambre 11 L. 743-22 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 24 juin 2026 RECOURS SUSPENSIF (1 pages) Numéro d'inscription au numéro général et de décision : B N° RG 26/03618 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNN6S Décision déférée : ordonnance rendue le 23 juin 2026, à 12h35, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris Nous, Marie-sygne Bunot-rouillard, conseillère, à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Marie Bounaix, greffière au prononcé de l'ordonnance, APPELANT LE PROCUREUR DE LA RÉPUBLIQUE PRÈS LE TRIBUNAL JUDICIAIRE DE PARIS INTIMÉ : M. [T] [S] [P] [A] né le 11 Juillet 1983 à [Localité 1], de nationalité sénégalaise ayant pour conseil en première instance, Me Franck Fischer Bertaux, avocat au barreau de Paris ORDONNANCE : contradictoire - Vu l'ordonnance du 23 juin 2026, à 12h35, du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Paris déclarant recevable la requête en contestation de la légalité du placement en rétention, ordonnant la jonction des deux procédures, rejetant la requête en contestation de la décision du placement en rétention, rejetant la demande de prolongation, disant n'y avoir lieu à mesure de surveillance et de contrôle, rappelant à l'intéressé qu'il a l'obligation de quitter le territoire national ; - Vu la notification de l'ordonnance au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris, le 23 Juin 2026 , à 13h16 ; - Vu l'appel de ladite ordonnance interjeté le 23 Juin 2026, à 17h57, par ledit procureur avec demande d'effet suspensif ; - Vu les notifications du recours suspensif du 23 juin 2026, faites par le parquet : - à Monsieur [T] [S] [P] [A] à 18h15, - à Me Franck Fischer Bertaux, avocat au barreau de Paris, à 17h57, - et au préfet de police, à 17h57 ; - En l'absence d'observations suite aux notifications ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, Aux termes de l'article L. 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, "le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel est accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. Par dérogation au présent article, l'appel interjeté contre une décision mettant fin à la rétention est suspensif lorsque l'intéressé a été condamné à une peine d'interdiction du territoire pour des actes de terrorisme prévus au titre II du livre IV du code pénal ou s'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement édictée pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond." L'appel du procureur de la République a été notifié aux parties conformément aux dispositions légales et réglementaires du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Au regard de la demande d'effet suspensif de l'appel, la question des garanties de représentation effectives de l'intimé, M. [T] [S] [P] [A], est déterminante. Or, il résulte des pièces de la procédure que nonobstant l'indication d'une adresse en garde à vue, M. [T] [S] [P] [A] est sans domicile avéré et que la mesure d'éloignement est en date du 05 mai 2024. Il en résulte que M. [T] [S] [P] [A] ne présente pas de garanties suffisantes et risque de se soustraire, si elle lui est défavorable, à la décision d'appel, de sorte qu'il y a lieu de suspendre les effets de l'ordonnance du premier juge. PAR CES MOTIFS DÉCLARONS suspensif l'appel du procureur de la République près le tribunal judiciaire de Paris, ORDONNONS le maintien à la disposition de la justice de Monsieur [T] [S] [P] [A], jusqu'à ce qu'il soit statué au fond, à l'audience du 25 juin 2026, à 11h00, DISONS que la présente ordonnance vaut convocation à ladite audience,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 2], le 24 juin 2026 LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, LA PRÉSENTE DÉCISION N'EST PAS SUSCEPTIBLE DE RECOURS.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un recours suspensif en matière de rétention administrative ?
Le recours suspensif permet au ministère public de demander au premier président de la cour d'appel de suspendre les effets d'une ordonnance du juge judiciaire qui a refusé la prolongation de la rétention, afin que l'étranger reste à la disposition de la justice jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond de l'appel.
Quelles sont les conditions pour que l'appel du procureur soit déclaré suspensif ?
L'appel peut être déclaré suspensif si l'étranger ne dispose pas de garanties de représentation effectives (par exemple, absence de domicile stable) ou s'il existe une menace grave pour l'ordre public. Dans cette affaire, l'absence de domicile avéré et l'ancienneté de la mesure d'éloignement ont justifié l'effet suspensif.
Que signifie 'absence de garanties de représentation' ?
Cela signifie que l'étranger ne présente pas de garanties suffisantes qu'il se présentera aux convocations ou qu'il ne se soustraira pas à la mesure d'éloignement. Par exemple, être sans domicile fixe ou avoir déjà tenté de fuir peut caractériser cette absence.
Puis-je être libéré si le juge refuse la prolongation de la rétention ?
En principe, oui, mais le procureur peut interjeter appel avec effet suspensif. Si l'appel est déclaré suspensif, vous restez à la disposition de la justice jusqu'à ce que la cour d'appel statue sur le fond. Dans cette affaire, l'appel du procureur a été déclaré suspensif, donc l'intéressé n'a pas été libéré.
Quels sont les recours contre une ordonnance suspensive ?
L'ordonnance du premier président de la cour d'appel déclarant l'appel suspensif n'est pas susceptible de recours, comme le précise l'article L. 743-22 du CESEDA. Elle est définitive.
Qu'est-ce que l'article L. 743-22 du CESEDA ?
Cet article permet au ministère public de demander au premier président de la cour d'appel de donner un effet suspensif à son appel contre une décision du juge judiciaire en matière de rétention, en cas d'absence de garanties de représentation ou de menace grave pour l'ordre public. Il prévoit également que l'appel est suspensif de plein droit pour certaines infractions terroristes.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.