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Cour d'appel, pôle 1 - chambre 11, 20 juin 2026 — n° 26/03507

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'illisibilité de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français, fondement légal de l'arrêté de placement en rétention, justifie-t-elle l'annulation de la procédure de rétention et la mise en liberté de l'étranger ?

Principe retenu

L'illisibilité de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français, que ce soit en version numérique ou imprimée, constitue une irrégularité majeure qui entache la procédure de placement en rétention administrative, justifiant l'annulation de la procédure et la mise en liberté de l'étranger.

Faits clés

  • M. [U] [S], ressortissant algérien, a fait l'objet d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français.
  • Cet arrêté était illisible, tant en version numérique que sur support papier.
  • Le préfet de la Seine-Saint-Denis a placé M. [S] en rétention administrative sur le fondement de cet arrêté illisible.
  • Le tribunal judiciaire de Meaux a annulé la procédure et ordonné la mise en liberté de M. [S].
  • Le préfet a interjeté appel de cette ordonnance.

Articles cités

article 955 du Code de procédure civile L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL DE PARIS L. 742-1 et suivants du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ORDONNANCE DU 20 juin 2026 (1 pages) Numéro d'inscription au répertoire général et de décision : B N° RG 26/03507 - N° Portalis 35L7-V-B7K-CNNPF Décision déférée : ordonnance rendue le 18 juin 2026, à 15h42, par le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux Nous, Marie-Sygne Bunot-Rouillard, conseillère à la cour d'appel de Paris, agissant par délégation du premier président de cette cour, assistée de Apinajaa Thevaranjan, greffière aux débats et au prononcé de l'ordonnance, APPELANT LE PREFET DE LA SEINE [Localité 1] représenté par Me Aimilia Ioannidou, du cabinet Centaure, avocat au barreau de Paris INTIMÉ M. [U] [S] né le 06 septembre 1988 à [Localité 2], de nationalité algérienne demeurant : chez Mme [C] [S], [Adresse 1] Ayant pour conseil choisi, Me Ruben Garcia, avocat au barreau de Paris LIBRE, non comparant, représenté, convoqué par le commissariat territorialement à l'adresse ci-dessus indiquée ; MINISTÈRE PUBLIC, avisé de la date et de l'heure de l'audience, ORDONNANCE : - contradictoire, - prononcée en audience publique, - Vu l'ordonnance du 18 juin 2026 du magistrat du siège du tribunal judiciaire de Meaux, ordonnant la jonction de la procédure introduite par la requête du préfet de la Seine-Saint-Denis enregistrée sous le n° RG 26/03192 et celle introduite par le recours de M. [U] [S] enregistrée sous le n° RG 26/03194, déclarant le recours de M. [U] [S] recevable, constatant le désistement du recours introduit par M. [U] [S], disant faire droit au moyen de nullité et au moyen d'irrecevabilité, déclarant la procédure irrégulière, déclarant irrecevable la requête du préfet de la Seine-Saint-Denis, rejetant la requête du préfet de la Seine-Saint-Denis, ordonnant en conséquence la mise en liberté de M. [U] [S] ; sous réserve de l'appel suspensif du procureur de la République et rappelant à M. [U] [S] qu'il devra se conformer à la mesure d'éloignement ; - Vu l'appel motivé interjeté le 19 juin 2026, à 11h30, par le conseil du préfet de la Seine-[Localité 3] ; - Vu l'avis d'audience, adressée par courriel le 19 juin 2026 à 13h45 à Me Ruben Garcia, avocat au barreau de Paris ; - Vu les conclusions reçues le 19 juin 2026 à 13h50, par le conseil de M. [U] [S] ; - Après avoir entendu les observations du conseil du préfet tendant à l'infirmation de l'ordonnance ; - Vu les observations de M. [U] [S] représenté par son avocat, qui demande la confirmation de l'ordonnance ;

Motivations de la décision

SUR QUOI, L'article 955 du Code de procédure civile dispose que « En cas de confirmation d'un jugement, la cour peut statuer par adoption de ses motifs ou par motifs propres. Dans ce cas, elle est réputée avoir adopté les motifs du jugement qui ne sont pas contraires aux siens. » C'est par une analyse détaillée, circonstanciée et des motifs pertinents qu'il convient d'adopter que le premier juge a retenu l'illisibilité de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français, fondement légal de l'arrêté de placement en rétention et pièce justificative utile, la version numérique l'étant tout autant que son impression sur papier. Aucune considération tenant au respect ou non de la mesure d'éloignement en cas de remise en liberté n'est de nature à permettre d'écarter cette irrégularité majeure. PAR CES MOTIFS CONFIRMONS l'ordonnance,

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Fait à [Localité 4] le 20 juin 2026 à LE GREFFIER, LE PRÉSIDENT, REÇU NOTIFICATION DE L'ORDONNANCE ET DE L'EXERCICE DES VOIES DE RECOURS: Pour information: L'ordonnance n'est pas susceptible d'opposition. Le pourvoi en cassation est ouvert à l'étranger, à l'autorité administrative qui a prononcé le maintien en zone d'attente ou la rétention et au ministère public. Le délai de pourvoi en cassation est de deux mois à compter de la notification. Le pourvoi est formé par déclaration écrite remise au secrétariat greffe de la Cour de cassation par l'avocat au Conseil d'Etat et à la Cour de cassation constitué par le demandeur. Le préfet ou son représentant

Questions fréquentes

L'illisibilité d'un arrêté portant obligation de quitter le territoire français peut-elle justifier l'annulation d'une rétention administrative ?
Oui, selon la cour d'appel de Paris, l'illisibilité de l'arrêté, que ce soit en version numérique ou imprimée, constitue une irrégularité majeure qui justifie l'annulation de la procédure de rétention et la mise en liberté de l'étranger.
Que dois-je faire si l'arrêté d'OQTF qui me concerne est illisible ?
Vous pouvez contester la rétention en invoquant l'illisibilité de l'arrêté devant le juge des libertés et de la détention. Dans cette affaire, le juge a annulé la procédure et ordonné la mise en liberté.
Le préfet peut-il faire appel d'une décision de mise en liberté pour illisibilité ?
Oui, le préfet a interjeté appel dans cette affaire, mais la cour d'appel a confirmé l'ordonnance de mise en liberté, adoptant les motifs du premier juge.
Quels sont les recours possibles contre une OQTF illisible ?
Vous pouvez saisir le juge administratif pour contester l'OQTF elle-même, et le juge judiciaire (JLD) pour contester la rétention. L'illisibilité peut être invoquée comme moyen de nullité de la procédure de rétention.
La version numérique d'un arrêté doit-elle être lisible ?
Oui, la cour d'appel a précisé que la version numérique doit être tout aussi lisible que la version papier. L'illisibilité de l'une ou l'autre constitue une irrégularité.
Qu'est-ce qu'une irrégularité majeure dans une procédure de rétention ?
Une irrégularité majeure est un vice qui affecte un élément essentiel de la procédure, comme l'illisibilité de l'arrêté fondant la rétention, rendant la procédure invalide et justifiant la mise en liberté.

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