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Cour d'appel, chambre des rétentions, 24 juin 2026 — n° 26/02093

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Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel du procureur de la République contre la décision de levée de la rétention administrative d'un étranger peut-il bénéficier d'un effet suspensif ?

Principe retenu

Selon les articles L. 743-22 et suivants du CESEDA, le premier président de la cour d'appel ou son délégué peut accorder un effet suspensif à l'appel du procureur de la République contre une décision de levée de rétention administrative, en fonction des garanties de représentation de l'étranger et de la menace grave pour l'ordre public.

Faits clés

  • Monsieur K, étranger tunisien né en 2006, a été placé en rétention administrative.
  • Le tribunal judiciaire d'Orléans a ordonné la levée de sa rétention le 23 juin 2026.
  • Le procureur de la République a interjeté appel avec demande d'effet suspensif le même jour.
  • Monsieur K ne dispose pas de domicile fixe et a indiqué vouloir quitter la France pour l'Espagne.
  • Il a déjà été placé en rétention en 2025 et est resté en situation irrégulière après sa sortie.

Articles cités

article L. 743-21 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article L. 743-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R. 743-20 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Motivations de la décision

RÉPUBLIQUE FRANÇAISE AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS COUR D'APPEL D'ORLÉANS Rétention Administrative des Ressortissants Étrangers ORDONNANCE du 24 JUIN 2026 Minute N° 556/2026 N° RG 26/02093 - N° Portalis DBVN-V-B7K-HOG2 (1 pages) RECOURS SUSPENSIF Décision déférée : ordonnance du tribunal judiciaire d'Orléans en date du 23 juin 2026 à 12h31 Nous, Marine COCHARD, conseiller à la cour d'appel d'Orléans, agissant par délégation de la première présidente de cette cour, APPELANTS : Madame la procureure de la République près le tribunal judiciaire d'Orléans représentée par M. Nathanaël BENET (Substitut du procureur) LE PREFET DE [Localité 1]-ATLANTIQUE INTIMÉ : Monsieur [H] [K] né le 15 novembre 2006 à [Localité 2] (tunisie), de nationalité tunisienne ayant eu pour conseil en première instance Maître Sabine PETIT, avocat au barreau d'ORLEANS ; Statuant par ordonnance contradictoire en application des articles L. 743-21 à L. 743-23 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), et des articles R. 743-10 à R. 743-20 du même code ; Vu l'ordonnance rendue le 23 juin 2026 à 12h31 par le tribunal judiciaire d'Orléans disant n'y avoir lieu à prolongation de la rétention administrative de Monsieur [H] [K] ; Vu la notification de l'ordonnance à Madame la procureure de la République près le tribunal judiciaire d'Orléans le 23 juin 2026 à 12h59 ; Vu l'appel de ladite ordonnance interjeté le 23 juin 2026 à 17h36 par Madame la procureure de la République près le tribunal judiciaire d'Orléans ; Vu les notifications du recours suspensif du 23 juin 2026 : - à Monsieur [H] [K] à 17h51, - à Maître Sabine PETIT, avocat au barreau d'ORLEANS à 17h36, - et à Monsieur [L] à 17h36 ; En l'absence d'observations suite aux notifications ; AVONS RENDU ce jour l'ordonnance suivante : Procédure : Par une ordonnance du 23 juin 2026, rendue en audience publique à 12h31, et notifiée par courriel au parquet d'Orléans à 12h59, le magistrat du siège du tribunal judiciaire d'Orléans a mis fin à la rétention administrative de M. [K]. Par courriel transmis au greffe de la chambre du contentieux des étrangers de la cour le 23 juin 2026 à 17h36, Madame la procureure de la République près le tribunal judiciaire d'Orléans a interjeté appel de cette décision, en sollicitant l'effet suspensif de son recours. M. [K] qui s'est vu notifier la déclaration d'appel du parquet par le greffe du CRA le 23 juin 2026 à 17h51, n'a pas formulé d'observation. Sur le caractère suspensif de l'appel : Aux termes des articles L. 743-22 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lorsque le procureur de la République demande que son recours soit déclaré suspensif, le premier président de la cour d'appel ou son délégué décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation effectives dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public ; En l'espèce, il ressort des pièces du dossier de M. [K] les éléments suivants : Il ne dispose pas de domicile fixe et personnel, indiquant demeurer « chez des potes » ainsi qu'il ressort de son audition de garde à vue, issue de la procédure ayant immédiatement précédé le placement en rétention administrative ; Qu'il a pu indiquer souhaiter se rendre en Espagne et donc quitter la France ; Qu'il a déjà fait l'objet d'un précédent placement en rétention administrative pendant une durée de 90 jours en 2025, à sa levée d'écrou, et que si la mesure d'éloignement n'a pu trouver à s'exécuter, il est pourtant resté en France en situation irrégulière ; Qu'il n'a pas respecté les conditions de pointage de l'assignation à résidence qui lui a été notifiée à sa sortie de rétention administrative. Au regard de ces éléments, il ressort que M. [K] ne présente pas de garanties permettant de considérer qu'il se présentera devant le juge d'appel de sorte qu'il y a lieu de suspendre les effets de l'ordonnance déférée. PAR CES MOTIFS, DÉCLARONS suspensif l'appel de Madame la procureure de la République près le tribunal judiciaire d'Orléans ; ORDONNONS le maintien à la disposition de la justice de M. [K] jusqu'à ce qu'il soit statué au fond à l'audience du 25 juin 2026 à 14 heures devant la chambre du contentieux des étrangers de la cour d'appel d'Orléans ; INFORMONS M. [K] de ce qu'il sera statué au fond à l'audience du 24 juin 2026 à 14 heures devant la chambre du contentieux des étrangers de la cour d'appel d'Orléans ; DISONS que la présente ordonnance vaut convocation à ladite audience ;

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate d'une expédition de la présente ordonnance à M. [K] et son conseil, à Monsieur le Préfet de la Loire-Atlantique et à Monsieur le procureur général près la cour d'appel d'Orléans ; Fait à [Localité 3] le VINGT QUATRE JUIN DEUX MILLE VINGT SIX, à heures LE PRÉSIDENT, Marine COCHARD LA PRÉSENTE DÉCISION N'EST PAS SUSCEPTIBLE DE RECOURS. NOTIFICATIONS, le 24 juin 2026 : Monsieur [H] [K], par transmission au greffe du CRA d'[Localité 4] Maître Sabine PETIT, avocat au barreau d'ORLEANS, par PLEX Monsieur [L], par courriel Monsieur le procureur général près la cour d'appel d'Orléans, par courriel le greffier Julie LACÔTE

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'effet suspensif de l'appel en matière de rétention administrative ?
L'effet suspensif empêche l'exécution immédiate de la décision de levée de rétention administrative, maintenant ainsi l'étranger en rétention jusqu'à ce que la cour statue au fond.
Quels critères justifient l'octroi d'un effet suspensif à l'appel du procureur ?
L'effet suspensif est accordé en fonction des garanties de représentation de l'étranger (domicile fixe, respect des obligations) et de la menace grave pour l'ordre public.
Que se passe-t-il si l'étranger ne respecte pas les conditions de son assignation à résidence ?
Le non-respect des conditions de pointage peut justifier le maintien en rétention administrative, notamment dans le cadre d'un appel suspensif.
Qui décide de l'effet suspensif de l'appel en matière de rétention administrative ?
Le premier président de la cour d'appel ou son délégué statue sans délai sur la demande d'effet suspensif formulée par le procureur.
Quelle est la durée du maintien en rétention en cas d'appel suspensif ?
Le maintien en rétention est ordonné jusqu'à ce que la cour d'appel statue au fond, ici fixé à l'audience du 25 juin 2026.
Un étranger sans domicile fixe peut-il obtenir la levée de sa rétention ?
L'absence de domicile fixe est un élément défavorable à la levée de la rétention, car elle réduit les garanties de représentation.

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