Justiweb – Assistant juridique IA Passez à Justiweb+ Justiweb+ Justiweb
Se connecter Inscription gratuite

Cour d'appel, rétention administrative, 18 juin 2026 — n° 26/00643

Other

Synthèse de la décision

Question juridique

L'appel du ministère public contre une ordonnance de remise en liberté d'un étranger en rétention administrative doit-il être déclaré suspensif en raison de l'absence de garanties de représentation ?

Principe retenu

L'appel du ministère public contre une décision mettant fin à la rétention administrative peut être déclaré suspensif si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. En l'espèce, l'absence de passeport, l'utilisation de plusieurs identités, la soustraction à des mesures antérieures et le retour après reconduite constituent des éléments justifiant la suspension de l'exécution de l'ordonnance de remise en liberté.

Faits clés

  • M. X se disant [N] [X] [H] est démuni de passeport
  • Il utilise plusieurs identités
  • Il s'est déjà soustrait à de précédentes mesures d'assignation à résidence
  • Il est revenu en France après avoir été reconduit en Allemagne
  • Le juge du tribunal judiciaire a ordonné sa remise en liberté

Articles cités

article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

Exposé du litige

REPUBLIQUE FRANCAISE AU NOM DU PEUPLE FRANCAIS COUR D'APPEL DE METZ ORDONNANCE DU 18 JUIN 2026 Nous, Pierre CASTELLI, Président de chambre, agissant sur délégation de Monsieur le premier président de la cour d'appel de Metz, Dans l'affaire N° RG 26/00643 - N° Portalis DBVS-V-B7K-GSPX ETRANGER entre : Le procureur de la République Et M. X se disant [N] [X] [H] né le 25 Novembre 2000 à [Localité 1] EN ALGERIE de nationalité Algérienne Actuellement en rétention administrative. Vu l'ordonnance rendue le 18 juin 2026 à 11 heures 30 par le juge du tribunal judiciaire ordonnant la remise en liberté immédiate de M. X se disant [N] [X] [H] à l'issue des formalités administratives au centre de rétention administrative de [Etablissement 1] et notifiée le même jour à 11 heures 45 à M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire de Metz ; Vu l'appel de cette décision de M. Le procureur de la République près le tribunal judiciaire le 18 juin 2026 à 15 heures 30, réceptionné au greffe de la chambre des libertés le même jour à 15 heures 51; Vu la demande d'effet suspensif de l'appel de l'ordonnance de refus de prolongation de la mesure de rétention administrative formulée dans l'acte d'appel ; Vu la notification de la déclaration d'appel avec demande d'appel suspensif faite à M. X se disant [N] [X] [H] le 18 juin 2026 à 16 heures 15 avec indication des modalités et du délai des observations en réponse à la demande de déclaration d'effet suspensif à éventuellement formuler auprès du magistrat devant statuer sur cette demande, Vu les notifications du recours suspensif du 18 juin 2026 effectuées par le parquet: - à Me Aurore DAMILOT, avocat au barreau de Metz, conseil de M. X se disant [N] [X] [H], par courriel à 15 heures 51 - au préfet de la Marne, par courriel à 15 heures 51 ; Constatant l'absence d'observations faite par l'étranger ou son conseil dans le délai prévu à l'article R 743-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

Motivations de la décision

SUR CE, Vu le dossier de la procédure, Vu l'article L 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui dispose que l'appel n'est pas suspensif, mais que toutefois, le ministère public peut demander au premier président de la cour d'appel ou à son délégué de déclarer son recours suspensif lorsqu'il lui apparaît que l'intéressé ne dispose pas de garanties de représentation effectives ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Dans ce cas, l'appel, accompagné de la demande qui se réfère à l'absence de garanties de représentation effectives ou à la menace grave pour l'ordre public, est formé dans un délai de 6 heures (décision n°2025-11158 du Conseil Constitutionnel du 12/09/2025 publié au JO le 13/09/2025) à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République et transmis au premier président de la cour d'appel ou à son délégué. Celui-ci décide, sans délai, s'il y a lieu de donner à cet appel un effet suspensif, en fonction des garanties de représentation dont dispose l'étranger ou de la menace grave pour l'ordre public, par une ordonnance motivée rendue contradictoirement et qui n'est pas susceptible de recours. Par dérogation au présent article, l'appel interjeté contre une décision mettant fin à la rétention est suspensif lorsque l'intéressé a été condamné à une peine d'interdiction du territoire pour des actes de terrorisme prévus au titre II du livre IV du code pénal ou s'il fait l'objet d'une mesure d'éloignement édictée pour un comportement lié à des activités à caractère terroriste. L'intéressé est maintenu à la disposition de la justice jusqu'à ce que cette ordonnance soit rendue et, si elle donne un effet suspensif à l'appel du ministère public, jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond. En l'espèce, il résulte de la procédure que M. X se disant [N] [X] [H] est démuni de passeport, qu'il utilise plusieurs identités, qu'il s'est déjà soustrait à de précédentes mesures d'assignation à résidence et qu'il est revenu en [Etablissement 2] après avoir été reconduit en Allemagne. Il se déduit de ces circonstances que l'intimé ne présente pas de garanties suffisantes de représentation et risque de se soustraire, si elle lui est défavorable à la décision d'appel, de sorte qu'il y a lieu de suspendre les effets de l'ordonnance déférée. PAR CES MOTIFS Statuant sans délai par décision insusceptible de recours, PRONONÇONS LA SUSPENSION DE L'EXÉCUTION de l'ordonnance rendue par le juge du tribunal judiciaire de Metz en date du 18 juin 2026 ayant déclaré sans objet la requête aux fins de prolongation de la rétention dans des locaux ne dépendant pas de l'administration pénitentiaire de M. X se disant [N] [X] [H] et ordonné sa mise en liberté, ORDONNONS LE MAINTIEN A LA DISPOSITION DE LA JUSTICE de M. X se disant [N] [X] [H] jusqu'au prononcé de la décision à intervenir statuant sur l'appel, les conditions du maintien étant déterminées comme le prévoit l'article R 743-22 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; DISONS que la présente décision conférant un caractère suspensif à l'appel du ministère public sera portée à la connaissance de l'étranger et de son conseil par le greffe de la cour d'appel et communiquée au procureur de la république, qui veillera à son exécution et en informera l'autorité administrative qui a prononcé la rétention, AVISONS les parties que l'audience d'appel aura lieu le vendredi 19 juin 2026 à 15 heures salle B229 ;

Dispositif

ORDONNONS la remise immédiate au procureur général d'une expédition de la présente ordonnance. Le président,

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'appel suspensif du procureur en matière de rétention administrative ?
L'appel suspensif permet au ministère public de demander au premier président de la cour d'appel de suspendre l'exécution d'une ordonnance de remise en liberté d'un étranger, afin de le maintenir en rétention jusqu'à ce que l'appel soit jugé. Cette demande doit être fondée sur l'absence de garanties de représentation ou une menace grave pour l'ordre public.
Quelles sont les conditions pour que l'appel du parquet soit suspensif ?
L'appel suspensif est accordé si l'étranger ne présente pas de garanties de représentation effectives (par exemple, absence de passeport, utilisation de plusieurs identités, soustraction à des mesures antérieures) ou en cas de menace grave pour l'ordre public. Le premier président statue sans délai par une ordonnance motivée insusceptible de recours.
Que signifie 'absence de garanties de représentation effectives' ?
Cela signifie que l'étranger ne présente pas de garanties suffisantes pour assurer sa présence lors des procédures ou pour exécuter une mesure d'éloignement. Par exemple, s'il est démuni de passeport, utilise plusieurs identités, s'est déjà soustrait à des mesures d'assignation à résidence ou est revenu après avoir été reconduit.
Puis-je être libéré si je n'ai pas de passeport ?
L'absence de passeport est un élément qui peut justifier le maintien en rétention, car cela constitue un défaut de garanties de représentation. Dans cette affaire, l'étranger a été maintenu en rétention précisément parce qu'il était sans passeport et présentait d'autres risques de fuite.
Quel est le délai pour faire appel d'une ordonnance de remise en liberté ?
Le ministère public doit former son appel dans un délai de 6 heures à compter de la notification de l'ordonnance au procureur de la République, conformément à l'article L 743-22 du CESEDA et à la décision du Conseil Constitutionnel du 12 septembre 2025.
Mon avocat peut-il s'opposer à la demande d'effet suspensif ?
Oui, l'étranger ou son conseil peut présenter des observations en réponse à la demande d'effet suspensif dans le délai prévu à l'article R 743-12 du CESEDA. En l'espèce, aucune observation n'a été formulée.

Une question similaire ? Posez-la à Justiweb

Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.

Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique, consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.