Cour d'appel, retentions, 15 juin 2026 — n° 26/04616
Synthèse de la décision
Question juridique
L'absence de réponse des autorités consulaires à une demande de laissez-passer constitue-t-elle une absence de perspective raisonnable d'éloignement justifiant le refus de prolongation de la rétention administrative ?
Principe retenu
La notion de perspective raisonnable d'éloignement doit être appréciée à l'aune de la directive 2008/115/CE et de la durée maximale de rétention possible. L'absence actuelle de réponse des autorités consulaires ne conduit pas nécessairement à une absence de perspective d'éloignement, dès lors que la durée restante de rétention permet encore d'envisager l'exécution de la mesure.
Faits clés
- M. [X] [P] [I] a été condamné à une interdiction du territoire national de dix ans par le tribunal correctionnel de Chambéry le 11 octobre 2024.
- Il a été placé en rétention administrative le 15 avril 2026 pour exécuter la mesure d'éloignement.
- La rétention a été prolongée à deux reprises, pour 26 jours puis 30 jours.
- Le 12 juin 2026, la préfecture a demandé une troisième prolongation de 30 jours.
- Le juge de première instance a refusé la prolongation le 13 juin 2026, estimant qu'il n'existait pas de perspectives raisonnables d'éloignement en raison de l'absence de réponse des autorités consulaires algériennes.
Articles cités
Sommaire de la décision
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'une perspective raisonnable d'éloignement ?
Puis-je être maintenu en rétention si mon pays d'origine ne répond pas aux demandes de laissez-passer ?
Combien de temps peut-on prolonger une rétention administrative ?
Qu'est-ce que l'appel suspensif dans le cadre de la rétention ?
La menace pour l'ordre public est-elle un motif de prolongation de la rétention ?
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