Cour d'appel, chambre 2 a, 18 juin 2026 — n° 24/02065
Synthèse de la décision
Question juridique
Le conseiller de la mise en état peut-il statuer sur une fin de non-recevoir qui remet en cause le jugement déféré ?
Principe retenu
Le conseiller de la mise en état n'a pas le pouvoir de statuer sur une fin de non-recevoir dont l'accueil remettrait en cause le jugement entrepris, car cela relève de la compétence de la cour d'appel.
Faits clés
- Jugement du tribunal judiciaire de Mulhouse du 23 avril 2024 condamnant Filia Maif et Macif à payer des sommes aux époux [I]
- Appel interjeté par la société Macif le 29 mai 2024
- Requête de Filia Maif du 25 février 2026 devant le conseiller de la mise en état
- Requête de Macif du 9 avril 2026 devant le conseiller de la mise en état
- Les deux requêtes demandaient de déclarer irrecevables les demandes des époux [I]
Articles cités
article 700 du code de procédure civile
Exposé du litige
Copie exécutoire
aux avocats
le 18/06/2026
Le Greffier,
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
AU NOM DU PEUPLE FRANÇAIS
COUR D'APPEL DE COLMAR
CHAMBRE 2 A
N° RG 24/02065 - N° Portalis DBVW-V-B7I-IJ7P
Minute n° : 328/2026
ORDONNANCE DU 18 Juin 2026
dans l'affaire entre :
REQUERANTE :
FILIA MAIF Société d'assurance mutuelle, prise en la personne de son représentant légal
Ayant son siège social Service Sinistre [Adresse 1]
représentée par Me Valérie SPIESER de la SELARL V² AVOCATS, avocat à la cour
REQUIS :
Monsieur [P] [I]
Madame [T] [K] épouse [I]
Demeurant ensemble [Adresse 2]
représentés par Me Loïc RENAUD la SELARL ARTHUS, avocat à la cour
Compagnie d'assurance MACIF, prise en la personne de son représentant légal
Ayant son siège social [Adresse 3]
représentée par Me Stephanie ROTH, avocat à la cour
Nous, Murielle ROBERT-NICOUD, Conseillère à la cour d'appel de Colmar, magistrat chargé de la mise en état, assistée lors des débats et de la mise à disposition de Mme Emeline THIEBAUX, greffière,
Après avoir entendu les conseils des parties en leurs explications à l'audience du 13 mai 2026, statuons comme suit :
Vu le jugement du tribunal judiciaire de Mulhouse du 23 avril 2024 ;
Vu l'appel interjeté le 29 mai 2024 par la société MACIF ;
Vu la requête de la société Filia Maif transmise le 25 février 2026 ;
Vu les conclusions de la MACIF transmises le 9 avril 2026 ;
Vu les conclusions des époux [I] transmises le 7 avril 2026 ;
Motivations de la décision
MOTIFS
Sur la requête de la société Filia Maif :
La société Filia Maif demande au conseiller de la mise en état de déclarer irrecevables les époux [I] en leurs demandes formées à son encontre.
Or, comme le relèvent les époux [I], comme d'ailleurs la société Filia Maif dans sa requête, la présente demande relève de la cour et n'entre pas dans les pouvoirs du conseiller de la mise en état, puisque si les demandes étaient déclarées irrecevables, le jugement - qui a condamné la société Filia Maif à payer différentes sommes aux époux [I] et rejeté une demande en paiement formée à son encontre - serait remis en cause, ce qui entre dans le seul pouvoir de la cour d'appel et non pas du conseiller de la mise en état.
La fin de non-recevoir présentée la société Filia Maif sera donc déclarée irrecevable en ce qu'elle est présentée au conseiller de la mise en état.
Sur la requête de la société Macif :
La société Macif demande également au conseiller de la mise en état de déclarer irrecevables les époux [I] en leurs demandes formées à son encontre.
Or, comme le relèvent les époux [I], la présente demande relève également de la cour et n'entre pas dans les pouvoirs du conseiller de la mise en état, puisque si les demandes étaient déclarées irrecevables, le jugement - qui a condamné la société Macif à payer différentes sommes aux époux [I] et rejeté une demande en paiement formée à son encontre - serait remis en cause, ce qui entre dans le seul pouvoir de la cour d'appel et non pas du conseiller de la mise en état.
La fin de non-recevoir présentée par la société Macif sera donc déclarée irrecevable en ce qu'elle est présentée au conseiller de la mise en état.
Sur les frais et dépens :
La société Filia Maif et la société Macif conserveront la charge de leurs propres dépens relatifs à cet incident et supporteront in solidum ceux des époux [I].
L'équité commande de les condamner in solidum à payer aux époux [I] la somme de 800 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile, et leur demande présentée à ce titre sera rejetée.
PAR CES MOTIFS
Statuant publiquement par décision contradictoire, mise à disposition au greffe, et non déférable à la cour,
Déclarons irrecevable la fin de non-recevoir, en tant que soulevée devant le conseiller de la mise en état par la société Filia Maif ;
Dispositif
Déclarons irrecevable la fin de non-recevoir, en tant que soulevée devant le conseiller de la mise en état par la société MACIF ;
Condamnons la société Filia Maif et la société MACIF à conserver chacune la charge de leurs propres dépens relatifs à cet incident et à supporter in solidum ceux des époux [I] ;
Condamnons in solidum la société Filia Maif et la société MACIF à payer aux époux [I] la somme de 800 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;
Rejetons la demande formée, d'une part, par la société Filia Maif et, d'autre part, par la société MACIF, formée au titre de l'article 700 du code de procédure civile ;
Renvoyons les parties à l'audience de mise en état du 1 septembre 2026 à 8 heures 30 pour prononcé de l'ordonnance de clôture, étant rappelé que l'audience de plaidoirie est prévue le 18 septembre 2026 ;
La greffière, Le magistrat de la mise en état,
Questions fréquentes
Le conseiller de la mise en état peut-il déclarer irrecevables des demandes qui remettent en cause le jugement ?
Non, le conseiller de la mise en état n'a pas le pouvoir de statuer sur une fin de non-recevoir dont l'accueil remettrait en cause le jugement entrepris. Cela relève de la compétence de la cour d'appel.
Quels sont les pouvoirs du conseiller de la mise en état ?
Le conseiller de la mise en état a des pouvoirs limités, notamment pour gérer l'instruction de l'affaire, mais il ne peut pas statuer sur des fins de non-recevoir qui remettent en cause le jugement déféré.
Que faire si une partie soulève une fin de non-recevoir devant le conseiller de la mise en état ?
Si la fin de non-recevoir remet en cause le jugement, le conseiller de la mise en état doit la déclarer irrecevable et renvoyer l'affaire à la cour d'appel pour qu'elle statue.
Quelle est la différence entre les pouvoirs du conseiller de la mise en état et ceux de la cour d'appel ?
Le conseiller de la mise en état gère les incidents de procédure et l'instruction, mais ne peut pas trancher le fond du litige ni remettre en cause le jugement. La cour d'appel statue sur le fond et peut réformer le jugement.
Quels sont les recours contre une décision du conseiller de la mise en état ?
Les décisions du conseiller de la mise en état ne sont pas déférables à la cour, sauf dans les cas prévus par la loi. En l'espèce, l'ordonnance précise qu'elle n'est pas déférable à la cour.
Une question similaire ? Posez-la à Justiweb
Notre IA juridique vous répond avec sources officielles et jurisprudence à jour.
Poser ma question
Important : Cette page présente une décision de justice à titre informatif.
Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Pour votre situation spécifique,
consultez un avocat ou utilisez l'assistant Justiweb pour explorer vos questions juridiques.